Aubois très célèbres


HASTING


  Qui connaît l’histoire de ce Troyen, très célèbre à son époque, mais tristement célèbre pour nous Troyens ???

Au IX° siècle, les pirates Normands inondent la France, renversent et réduisent en cendres, presque tous les monastères, dont ceux de notre diocèse.


Il faut savoir que Troyes a donné à ces pirates, un de leurs chefs les plus célèbres.  

Hasting, homme de tête, homme de main, déploie contre sa patrie, des talents qu’il lui eut sans doute consacrés, si la bassesse de sa naissance lui eut permis d’atteindre la fortune. Ses déplorables exploits lui assurent " une place parmi les Alaric (roi des Wisigoths), les Genseric (roi des Vandales), les Attila et autres fléaux du genre humain. Après avoir été la terreur de leur siècle, ils intéressent la curiosité, et, à certains égards, l’admiration des siècles suivants ".


Hasting naît au début du neuvième siècle, à la lisière de Troyes (Trancault).

Doué d’une force prodigieuse, avec des inclinations perverses, méprisant la condition de ses parents, " rempli de vues ambitieuses, n’apercevant rien autour de soi qui les pût assouvir, il s’évada de la maison paternelle, et entra au service de ces Danois qui écumaient les Mers de France, en troupes qu’il appelait Flottes, dans le langage de leur pays "..


Hasting se distingue bientôt parmi les plus hardis, les plus déterminés, les plus impitoyables de ses nouveaux camarades, qui " dès que l’âge eut mis les forces de son corps au niveau des dispositions de son âme, lui déférèrent unanimement le commandement de terre et de mer dans leurs expéditions ".


A la tête d’une nombreuse flotte de Normands, Hasting commande en 845, une expédition : "A la tête d’un essaim innombrable de Danois, il entre en France, assiège des Villes, bat les remparts, renverse les tours, met à feu et à sang les bourgs et les campagnes. Après avoir exercé ses ravages dans les Provinces maritimes, il remonte la Loire, désole tout le pays situé entre cette rivière et le Cher, livre aux flammes Amboise, et vient mettre le siège devant Tours. Les assiégés, après avoir tout épuisé pour leur défense, font une sortie générale à la tête de laquelle ils portent la châsse de Saint Martin, comme le Peuple Hébreu portait l’Arche à la tête des batailles. Le Mort combattant alors pour les vivants, les Normands sont mis en fuite; une partie se rend, et le reste est poursuivi jusqu’à huit milles hors de la Ville, la châsse précédant toujours les Tourangeaux victorieux qui, en mémoire de ce bienfait, érigèrent dans le lieu où ils s’arrêtèrent, la Chapelle de St Martin-le-Beau ".


En 851, le roi du Danemark confie à Hasting l‘éducation de l‘un de ses fils, le jeune prince Bier, surnommé Coste-de-fer. Notre compatriote " marche sur Rouen et sur Beauvais, en dévastant tout, le Diocèse de Therouane, la Ville et l‘Église de S. Quentin, tous les dehors de Noyon, et en partie le Monastère de S. Médard, l‘Eglise de Sainte Geneviève de Paris, et tous les édifices autour de Paris. Il assassine Emmo, Evêque de Soissons ".


En 859, Hasting signe un traité avec Charles le Chauve, et en 860-861, passe " dans la Méditerranée, et remontant le Rhône, se fixe dans l‘Isle de Camargue, d‘où il infeste les côtes de la Toscane qui faisait alors partie des États de Louis, Empereur et Roi d‘Italie ".


Hasting assemble ses Normands, et se pose de faire le sac de Rome. Il met à la voile, à la tête de 100 bateaux, pillant, en passant les côtes d'Espagne et de Mauritanie, passe le détroit, et arrive à la hauteur de l'ancienne et florissante ville de Luna, qui a pour port le Golfe de Spécie.


" Prenant cette ville pour Rome,frappés de sa beauté et de sa situation, les Normands veulent s’en emparer; quoiqu’à leur approche, les habitants ferment leurs portes, résolus de se défendre et de résister. Pour obtenir par la ruse ce qu’il ne pouvait emporter de force, Hasting envoie à la Ville un député qui, au milieu des habitants assemblés et présidés par l’Évêque, parle ainsi: " La flotte que vous voyez vient du Danemark, aux ordres de Hasting qui vous offre ses services. Chassés de notre pays, après avoir été le jouet des vents, le hasard nous avait jetés sur les côtes de France. Peut-être avez-vous oui parlé de nos faits d’armes dont ce Royaume a été le théâtre, des victoires que la faveur des Dieux nous a accordées, et de l’établissement que nous y avons formé. La fortune ayant changé, nous nous sommes remis en mer pour retourner chez nous; mais les vents contraires et des tempêtes nous ont jetés dans ces mers. 

 Nous n’avons aucun dessein ni sur vous, ni sur votre Ville. D’ailleurs, les fatigues ne nous laissent pas la force pour de pareils desseins. Nous ne vous demandons que la paix et la liberté. Notre Commandant, réduit à l’extrémité, vous demande le baptême et la permission d’être inhumé chez vous, si son état le conduit à la mort."


 L’Évêque et l’Assemblée répondent au Député:" Nous vous accordons la paix et la liberté que vous demandez. Nous donnerons le Baptême à votre Commandant "... Hasting se fait porter à la Ville. L’Évêque et le Comte le recueillent au sortir du Baptistère, il reçoit les saintes Onctions; on le revêt de la Robe blanche, et on le reporte à son bord." Que dès ce soir, en pleurant, on aille, leur dit-il, annoncer ma mort à l’Évêque. Qu’on lui fasse valoir en ma faveur le droit qu’ont les néophytes à la sépulture ecclésiastique, qu’on lui promette mes armes, mes bijoux, et tout ce qui m’appartient de plus précieux."...

La convoitise ouvre les oreilles et les cœurs à ces propositions : elles sont acceptées avec actions de grâce. Hasting dit à ses gens: "Préparez-moi une bière découverte où je me placerai. Qu’on la pare de mes plus belles armes, marchez ensuite autour de moi avec tous les signes de la plus vive douleur... et faites porter devant la bière, mes colliers, mes bracelets, et tout ce que j’ai de plus riche "... L’Évêque chante la Messe pour l’âme de son cher Fils... Cependant les Normands de la flotte arrivent en foule à l’Église...

Au milieu des aspersions, Hasting se lève de la bière, tire du fourreau son épée, égorge l’Évêque et le Comte, et fait main basse sur le Clergé. Ses Normands s’emparent des portes, et après avoir égorgé tous les hommes en état de porter les armes... ils lient les jeunes gens et les enfants, puis se répandent dans la Ville, y continuent le massacre, et traînent de force ceux que le fer a épargnés.

Rien ne manque au triomphe de Hasting qui, par ce stratagème, croit entre ses mains le sort et toutes les richesses de la Capitale de l’Univers.

La découverte de son erreur redouble sa rage " Brûlons la Ville, s’écrit-il, ravageons son territoire, chargeons la flotte de captifs et de dépouilles, et que ce pays se souvienne que Hasting l’a visité."

Les Normands se répandent à la campagne; on y renouvelle le carnage, les jeunes gens sont traînés en esclavage, tout est ravagé par le feu. Enfin la flotte remet à voile et repasse en France... En 867, il reparaît en ennemi sur les côtes de Bretagne, à la tête d’un essaim de Normands, et, remontant la Loire, il infeste la Bretagne, l’Anjou, le Poitou, la Touraine.

Il s’établit ensuite à Angers... Charles le Chauve, associé à Salomon, Roi de la petite Bretagne, fait alors le siège de cette ville. Hasting offre au Roi de l’argent, que celui-ci a la faiblesse d’accepter, de lever le siège, et de protéger la retraite de Hasting qui rentre dans la Loire, et loin de quitter la France, ainsi qu’il l’avait offert et promis, y continue ses ravages avec plus de fureur et autant d’impunité qu’auparavant.

Salomon achète la paix moyennant cinq cents vaches qu’il livre à Hasting... En 877, il s’empare d’Amboise... En 879, Louis et Carloman qui venaient de s’avancer vers les Alpes où ils avaient réglé leurs prétentions avec Charles le Gros qui allait prendre possession de la Lombardie, surprennent Hasting et le combattent avec avantage.  

 

Vers 882-885, le pirate remet au Comte de Champagne Thibaut, son Comté de Chartres, et après avoir fait argent de tout, quitte la France et n’y reparut plus". Il était alors âgé d'environ 70 ans.    

 

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