Aubois très célèbres


Geoffroy de Villehardouin


Jusqu’au XIV° siècle, existe à Troyes, la rue de la Grande Masquerie (boucherie). Au siècle suivant, en raison d’une auberge qui s’y tient, elle prend le nom de rue de la Pie.

Le Conseil municipal du 23 août 1890, lui attribue le nom de Geoffroy de Villehardouin.

Geoffroy seigneur de Villehardouin, célèbre chroniqueur, naît à 30 km de Troyes, vers 1150.

Vassaux du comte de Champagne, les Villehardoin ont suffisamment d’influence pour qu’en 1185, Geoffroy devienne maréchal, fonction enviée.

Il devient le conseiller de la comtesse Marie, fille de Louis VII et d’Aliénor d’Aquitaine, veuve d’Henri 1er le Libéral.

La charge de maréchal impose à son titulaire qu’il accompagne son suzerain dans ses déplacements, à plus forte raison lorsqu’il s’agit d’une expédition lointaine en Terre sainte.

Thibault III, jeune homme de 18 ans, est le puissant comte de Champagne au moment où le pape Innocent III, organise une 4ème croisade, pour reprendre Jérusalem aux musulmans.

Villehardouin, dans La conquête de Constantinople, nous dit que le 28 novembre 1199, au tournoi d’Ecry-sur-Aisne, le prêtre Foulques de Neuilly, mandaté par le pape, appelle les chevaliers à se croiser.

Thibault III, Villehardouin, l’évêque de Troyes Garnier de Traînel, prennent la croix.

Le pape est partisan d’un transport maritime de l’armée jusqu’en Égypte d’où elle marchera vers la Palestine. Le rôle du maréchal de Champagne commence à se préciser. Ayant l’entière confiance de son suzerain, il est chargé de négocier à Venise le passage des croisés. Il y part en février 1201, et se montre bon ambassadeur. Les Vénitiens acceptent son marché, ils construiront des navires capables d’embarquer 4.500 chevaux, autant de chevaliers, 9.000 écuyers et 20.000 hommes d’armes. Les vivres seront assurés pour 9 mois. 50 galères vénitiennes escorteront le convoi.

Le coût total de l’opération est fixé à 85.000 marcs d’argent dont 25.000 payables immédiatement à titre d’arrhes.

De retour à Troyes, au début du mois de mai 1201, Villehardouin trouve le comte Thibault malade. Il meurt le 24 mai. Notre chroniqueur choisit son ami Boniface de Montferrat comme chef de la croisade.

En mai 1202, les croisés partent pour Venise. N’ayant pas suffisamment d’argent pour régler le solde du transport, ils acceptent d’aider les Vénitiens à prendre la ville de Zara, en novembre, après 5 jours de siège

Fin juin 1203, la flotte, impressionnante armada de nefs, de galères, arrive en vue de Constantinople, la plus riche cité de la chrétienté.

40.000 hommes assiègent la ville qui tombe le 17 juillet. Mais l’empereur de Constantinople ne tient pas ses engagements et les croisés font un nouveau siège de la ville du 9 au 13 avril 1204. La vieille cité est saccagée. Massacres (n’épargnant ni les femmes ni les enfants), incendies, pillages font de Constantinople un enfer. Les statues sont fondues pour récupérer le bronze, les pièces d’orfèvrerie écrasées à coup de masse pour en récupérer les pierres précieuses, l’or et l’argent sont transformés en monnaie. Villehardoin avoue lui-même: " Le gain fait fut si grand que nul ne vous en saurait dire le compte, d’or et d’argent, de vaisselle et de pierres précieuses, de satin et de drap de soie et de robes de vair et de gris et d’hermine et de tous les biens précieux qui jamais furent trouvés sur terre ".

On n’épargne ni les sanctuaires, ni les églises et les religieux font main basse sur les précieux reliquaires renfermant les fragments du bois de la vraie Croix ou le fer de la sainte Lance pour les expédier en Occident (une partie peut être admirée dans le trésor de notre cathédrale).

Le 16 mai 1204, Baudoin de Flandre est couronné empereur, et les barons se taillent des fiefs en s’emparant des possessions byzantines de Grèce.

Boniface de Montferrat devient roi de Thessalie et confie le fief de Messinople, en Thrace occidentale, à son ami et protégé Geoffroy de Villehardouin qui a été nommé maréchal de Romanie et prince d’Achaïe, dès l’automne 1204.

C’est là qu’il compose sa Chronique de la conquête de Constantinople, la 1ère écrite en prose. Cet ouvrage important offre un mélange de naïveté et de grandeur qui procède de l’émotion d’une âme forte à la vue des grands faits dont elle est le témoin.

Geoffroy se fixe à Kalamai où il édifie un château franc en 1208. Le 1er août il participe à la bataille de Philippopoli contre les troupes du roi bulgare Boril. Il harangue les croisés avant le combat alors que des flottements se font sentir dans leurs rangs et évite la catastrophe.

Geoffroy de Villehardouin décède à Messinople en 1218.

 

Quoique éloigné Troyes, il ne l’oublia jamais. Il dota l’abbaye de Foicy et celle de Notre-Dame-aux-Nonnains, où ses sœurs et ses filles étaient religieuses.

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