Aubois très célèbres


Général Mocquery


L’Aube perd en 1853, l’un de ses plus nobles enfants dans la personne du général Mocquery " brave soldat, habile administrateur, homme de bien… ". 

         Le général Alexandre Mocquery naît le 24 février 1789 à Eaux-Puiseaux, près d’Auxon. Ses parents sont pauvres " et de la plus humble condition ". Deux de ses frères, au plus fort de la Révolution, courent à la frontière, où la patrie en danger appelle tous ses défenseurs. L’aîné, d’un grade élevé, fait entrer en 1805 à l’école spéciale militaire de Fontainebleau, son jeune frère Alexandre, qui n’a pas encore 16 ans. Dès le 9 mai 1807, après 5 mois d’études, Alexandre Mocquery est incorporé, comme sous-lieutenant, dans le 1er régiment d’infanterie légère. Le 13 novembre 1808, il doit à son intelligence et à son intrépidité d’être nommé lieutenant.

         Dans la campagne de 1811 au Portugal, on le voit se distinguer d’une manière particulière. Son nom est cité le 2 juin, à l’ordre du jour de l’armée, pour avoir effectué une retraite d’une lieue avec un détachement de 45 hommes, poursuivi et harcelé par un corps de 400 chevaux ennemis. " Cette action lui vaut les applaudissements de l’armée entière ". Il est capitaine le 22 juin. Il continue dans des luttes incessantes, dans des combats glorieux mais funestes, qui amènent l’évacuation de l’Espagne et du Portugal. Le 16 décembre 1813, il est promu au grade de chef de bataillon.

        En 1815, lors du débarquement de l’Empereur à Cannes, le commandant Mocquery reçoit l’ordre d’aller prendre le commandement de l’arrondissement de Morlaix, qu’il conserve jusqu’à la Restauration. Pendant ces mois de crises et de troubles, le jeune officier déploie cette fermeté calme, cette loyauté inaltérable, " cet inflexible attachement à ses devoirs qui ne le quittent jamais, et grâce à ces qualités, il accomplit avec bonheur la mission difficile qui lui est confiée. Il maintient constamment l’ordre et la tranquillité, malgré l’exaspération des partis opposés et les membres des chouans, qui n’osent rien tenter ! ".

        A la rentrée des Bourbons, Alexandre Mocquery est mis en disponibilité. Il revient à Eaux-Puiseaux, et se marie " à l’une des familles les plus honorables ""d’Ervy. Huit années s’écoulent ainsi. Enfin, l’expédition d’Espagne vient faire sentir au gouvernement de la Restauration la nécessité de recourir à l’expérience des officiers de l’Empire, et Alexandre Mocquery est rappelé à l’activité en 1823. En 1830, il est nommé lieutenant-colonel, et colonel en 1832, avec le commandement du 58°. C’est à la tête de ce corps, dont il fait un régiment modèle, qu’il prend part à la campagne d’Anvers, et s’attire l’attention et l’estime particulière du duc d’Orléans.

Envoyé en Afrique, il est chargé de garder le Fondouk, poste renommé pour son insalubrité et ses dangers. Là, le colonel, miné par la fièvre, voit périr un à un, sous ses yeux, 1.200 hommes du régiment dont il était si fier. Ayant déclaré au maréchal Valée qu’il va se faire sauter avec les malades qui lui restent, pour éviter l’ignominie d’être forcé et pris par les Arabes, il est enfin relevé de ce poste. Il s’occupe sans relâche à réformer son régiment, et continue de rendre pendant 4 ans, en Afrique, les plus précieux services.

          Rentré en France, il est promu au grade de général de brigade en 1841, et envoyé dans l’Ain. La 1ère année de la République, on lui confie le commandement de Toulon. Dans ce poste important, il prépare et effectue l’embarquement de l’armée d’Italie pour la campagne de Rome. Il faut au général, pour organiser le départ de cette armée dans un si court délai, des miracles d’activité et de volonté. Le jour, il ne quitte pas le port et les arsenaux, ses nuits sont consacrées à la correspondance et à l’administration. Ces fatigues excessives épuisent ses forces, et lorsqu’il reçoit l’ordre de prendre la direction militaire à Marseille, il est trop tard. Il revient dans un état déplorable à Toulon. C’est là que se termine sa carrière militaire active.

          Le général Mocquery revient habiter à Ervy, aimé et respecté par tous ses concitoyens.

          Il meurt presque subitement, le 5 janvier 1853.

         Ses obsèques ont lieu au milieu d’un immense concours des habitants de toutes les communes voisines : " nous n’avons jamais vu une manifestation aussi touchante de douleurs et de regrets de la part d’une population tout entière. Les sanglots éclatèrent de toute part, lorsque avec des larmes dans la voix, fut retracée la glorieuse carrière que la mort venait de fermer d’une façon si cruelle…Sa famille, ses proches, ses compatriotes ont perdu en lui le meilleur des amis, l’armée, le type du vrai courage, la France le modèle des honnêtes et des bons citoyens… ". 

 

  

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