Aubois très célèbres



Charles-Joseph Natoire


Pendant 10 années, Natoire se rattache à l’histoire de notre région.     Fils d’un architecte et sculpteur nîmois, son père l’envoie étudier la peinture à Paris.

 

         Dès 1721, il obtient le premier prix de Rome, ce qui lui permet de séjourner en Italie de 1723 à 1728, où il jouit d’une grande réputation.         Rentré de Rome, il collabore au décor du plafond du salon d’Hercule, à Versailles, et à la coupole de la chapelle de la Vierge, à l’église Saint Sulpice de Paris. 

 

         Le 30 septembre 1730, il est agréé à l’Académie Royale.

 

         En 1731, Philibert Orry fait appel à lui, ce qui représente sa première grande commande officielle.

 

         Natoire est dès lors un artiste en vogue qui a une importante production. Aussi est-il reçu académicien en 1734, professeur en 1737.         Peu après, il travaille à la décoration de l’hôtel Soubise (1737-1739) avec l’« Histoire de Psyché », et il exécute les cartons de l’« Histoire de Don Quichotte » pour la manufacture de Beauvais.

 

         L’année suivante, il orne la chapelle de l’Hôpital des Enfants Trouvés, l’un des ensembles décoratifs les plus étonnants de l’époque.

 

         Il est nommé, en 1751, directeur de l’Académie de France à Rome, et le demeure jusqu’en 1774. C’est là qu’il exécute le plus important de ses travaux : la décoration de la voûte de la nef centrale de Saint-Louis-des-Français. Il exerce une grande influence à ce poste, où il jouit d'une grande autorité dans le monde artistique.

 

         Natoire doit être considéré avant tout comme l’un des plus grands décorateurs de son temps, mais également un paysagiste délicat et un habile dessinateur qui nous a laissé, en particulier des vues de Rome du plus haut intérêt.

 

         Obtenir des commandes d’une importance extrême, travailler pendant environ 10 années pour un amateur qui par 4 fois demande toute une série de tableaux, mérite d’être signalé : comment, pourquoi, à la suite de quelles circonstances, Philibert Orry, pour son château de la Chapelle-Godefroy (voir ce chapitre), s’adresse-t-il à Charles-Joseph Natoire ? : « Natoire fut présenté au contrôleur général par Orry de Fulvy, son frère, conseiller d’Etat et intendant des finances, d’accès facile. Il a accordé à l’artiste une protection qui fut visible après la mort de Philibert Orry, lorsqu’en 1749 furent publiées les estampes d’un « Triomphe d’Amphitrite » et d’un « Triomphe de Bacchus » de Natoire dédiées à Orry de Fulvy ».

 

         Pour ce château, toute la décoration était à faire. Natoire exécute d’abord la « Suite de l’Histoire des Dieux ». Cette commande comprenait 9 tableaux. Deux sont datés 1731, et la série est terminée en 1734.         

         En 1735 Natoire commence une troisième série consacrée à l’« Histoire de Clovis ». Cette suite de l’« Histoire des Dieux » se compose des œuvres suivantes : « Jupiter servi par Hébé », « Jupiter enlevant Ganymède », « Jupiter enlevant Io », « Danaé recevant Jupiter métamorphosé en pluie d’or », « Mercure et l’Amour », « L’Amour répandant des fleurs sur la terre », tous les 6 au musée des Beaux Arts de Troyes, « Jupiter enlevant Europe », au musée de l’Hermitage de Leningrad, « L’Education de l’Amour » au musée Pouchkine de Moscou, « Léda et le Cygne » dans une collection particulière.

 

         Il est certain que Philibert Orry dut être fort satisfait du travail exécuté par Natoire, puisqu’il lui commanda bientôt une seconde suite pour le décor de son château. Il s’agissait de 4 dessus-de-porte pour la salle à manger, consacrés au thème des saisons, symbolisées par des jeux d’enfants, qui furent envoyées en 1813 au château de Pont-sur-Seine, résidence de Madame Laeticia, mère de l’Empereur.

 

         En 1735, Natoire commence une nouvelle suite composée de 6 tableaux, tous conservés au musée des Beaux Arts de Troyes : « La bataille de Tolbiac », « Saint Remy apporte à Clovis la soumission du peuple de Reims », « Clovis couronné par la Victoire, fait fleurir la Religion », « Le repos de la France » en 1736, « Le siège de Bordeaux » en 1737, « La bataille de Vouillé » en 1738. L’idée de cette suite était due à Orry : il y avait là motif à une allégorie toute flatteuse où Clovis et saint Remy annonceraient Louis XV et le cardinal Fleury au moment où la paix de Vienne de 1735 terminait à l’avantage du Royaume la guerre de succession de Pologne. « L’histoire de Clovis » est terminée pour 1738.         

           Natoire est dès lors devenu un peintre célèbre. C’est alors qu’il se voit passer une nouvelle commande, « L’Histoire de Télémaque », en 6 tableaux, destinée à faire pendant à la précédente, dans la grande galerie du château. Ce travail est terminé en 1740. Seulement 2 tableaux sont parvenus au musée de Troyes : « Télémaque écoutant les conseils de Mentor », « Calypso écoutant les conseils de l’Amour ». Les autres sont : « Télémaque chez Calypso », « Le vaisseau de Télémaque brûlé par les Nymphes », tous 2 au musée de l’Ermitage de Leningrad, « Vénus qui donne l’Amour à Calypso », au musée Pouchkine de Moscou.

 

         Des 25 œuvres exécutées pour la Chapelle-Godefroy, 15 seulement sont donc parvenues au musée des Beaux Arts de Troyes.

 

         Cependant, après la mort de Philibert Orry, cet ensemble ne fut pas démembré et demeura jusqu’en 1793 à la chapelle Godefroy. Il appartint successivement au frère de Philibert, Jean-Henri-Louis Orry de Fulvy, à Philibert-Louis Orry de Fulvy, fils du précédent, qui vendit le château avec ses collections à Bouret de Valroche, à Jean de Boullongne, fils du peintre Louis II qui acheta le château en 1761, à Jean-Nicolas de Boulongne, fils du précédent.

 

         En 1793, les œuvres firent partie des 47 tableaux confisqués et mis en dépôt à l’ancienne abbaye Notre-Dame-aux-Nonnains.

 

         Le 29 août 1777, Charles-Joseph Natoire s’éteint à Castel-Gondolfo, dans les Etats Pontificaux.

 

         De son vivant, Natoire était mis à l'égal de François Boucher, le plus célèbre peintre et artiste décoratif du XVIII° siècle, dont on a pu dire qu’il était l’un des génies les plus purs.

 


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