Aubois très célèbres


Charles-Appolinaire BALTET

La transparente de Croncels, pomme créée par Charles Baltet

      J’aurais pu demander à Jean Lefèvre, le dynamique Président des " Croqueurs de Pommes ", d’écrire ce chapitre, car il est l’auteur d’un très beau livre sur ce sujet.

En 1871, à l’angle du boulevard du 14 Juillet et de l’avenue Pierre-Brossolette, est construite une école de quartier, qui sera baptisée en 1908 Charles Baltet. Depuis 1986, les bâtiments abritent des services municipaux et para municipaux. Le conseil municipal du 14 juin 1985, donne son nom à un square (le lieu d’espace vert Viardin). Le 9 novembre 2000, il attribue son nom au boulevard nouvellement créé, qui part du boulevard Victor Hugo à la place Robert Galley.

Le 14 janvier 1830 naît à Troyes Charles-Appolinaire Baltet, fils de Lyé-Savinien qui, avec son frère Claude est horticulteur-pépiniériste dans la fameuse pépinière de Croncels.

Charles après des études sérieuses, enlève tous les prix de sa classe à l’école communale, puis fait de brillantes études au collège Pithou. Sous la direction de son père, il fait son apprentissage d’horticulteur pépiniériste.

A 20 ans il écrit un rapport au ministre de l’Agriculture sur " L’utilité des sociétés d’horticulture ". Il crée la Société d’horticulture de l’Aube, en 1850, puis en 1856, la Société pomologique de France, dont il est président pendant 50 ans.

Se rendant compte de la valeur de son fils, Lyé-Savinien confie à Charles (25 ans), secondé par son frère Ernest, la direction des pépinières de Croncels. Les Ets Baltet frères prennent alors une extension très importante, et leur renommée se propage. Sachant aménager les collections d’espèces fruitières, forestières, florales et ornementales, cet établissement constitue une véritable école d’agriculture. Sa puissance de travail est inimaginable : de jour, dans ses pépinières, de nuit, il écrit et étudie les rapports des ses confrères qui, sous son impulsion se groupent en société d’horticulture. Il entre en 1859 à la Société Académique d’Agriculture, des sciences et arts et belles-lettres de l’Aube, dont il assume plusieurs fois la présidence. Il publie d’innombrables articles et ouvrages de vulgarisation, dont Les bonnes poires.

En 1865, le ministère de l’Agriculture le charge d’une mission d’étude sur l’enseignement de l’horticulture et l’arboriculture en Belgique, et il publie L’Horticulture en Belgique. Il fonde en 1866 la Société horticole, vigneronne et forestière de l’Aube, qu‘il préside six fois. Il publie un Traité de culture fruitière commerciale et bourgeoise, et Culture du poirier comprenant la plantation, la taille, la mise à fruit et la description abrégée des 100 meilleures poires, L’Art de greffer les arbres, arbrisseaux et arbustes fruitiers, forestiers ou d’ornement, Les meilleures pommes à cultiver, L‘Horticulture dans les cinq parties du monde (surnommé le Larousse Agricole de l’Horticulture), Chrysanthème et dahlia : leur entrée en Europe, en France...

       En 1866, le vignoble français est touché par le phylloxera à plus de 50% et sa production réduite des 2/3. Charles Baltet s'est totalement investi totalement dans la lutte collective contre le phylloxéra en devenant même le président de la commission publique de lutte. Il a été le vigoureux défenseur de la méthode du greffage. C’était devenu un problème de société et même techniquement il a fallu trouver un PG adapté pour chaque sol, pour chaque variété. Un ennemi surprenant de la vigne fut alors les vignerons eux-mêmes. Il a fallu vaincre leurs réticences puisqu’on leur demandait d’arracher leurs vignes pour les regreffer, de changer leurs habitudes, leurs méthodes de culture, de passer du provignage au greffage.

         Il publie « La coulure du raisin, ses causes et ses effets, moyens de l’empêcher » et « L’Incision circulaire et l’incision annulaire de la vigne ».

      Pendant trente ans, Charles est conseiller municipal, le maire Argence lui étant reconnaissant de l’aménagement et du fleurissement des jardins de la Vallée Suisse. Il est également conseiller général.

En 1871, un ordre de réquisition des Allemands valable pour une semaine, choisit Charles Baltet, conseiller municipal, comme otage pour accompagner à compter du lundi 27 février, le train de Bar-sur-Seine.

En 1872, son mémoire sur la nécessité de l’enseignement pratique dans les établissements scolaires a pour conséquence la création à Versailles, au potager du Roy de la Quintinye, de l’École supérieure d’horticulture, puis de l’Institut agronomique de Paris.

Président de la commission municipale des jardins, il crée Le Fleuriste municipal, premier service public chargé de l’entretien du patrimoine vert.

En 1891, il est élu membre correspondant de l’Académie nationale d’Agriculture.

Il est nommé également membre permanent des valeurs en douane par le ministre du Commerce.

Ses pépinières sont très productives avec l’obtention de plus de 100 variétés de nouveaux fruits : pêches, poires, brugnons, pommes...

En 1877, le Japon s’ouvre à l’occident, ce qui permet à 2 jeunes gens représentants du ministère japonais de l’Agriculture, de partir pour la France où se prépare l‘exposition universelle de 1878 à Paris. Takano et Tschiya y rencontrent Charles Baltet qui les invite à venir chez lui. Ils resteront 2 ans à Troyes, apprenant la culture et la taille de la vigne. En repartant, ils emportent des plants de vigne qu’ils feront fructifier chez eux à Katsunuma (80 km à l‘est de Tokyo). Au Japon, ce travail est considéré comme une tâche noble, c’est pourquoi ils sont en pardessus et chapeau melon, portant des gants blancs lorsqu’ils taillent leur vigne. Leur affaire se développe rapidement. Takano sentant venir la fin de sa vie, décide d’en écrire les principaux épisodes et de confier à la terre nourricière cette histoire, afin qu’un jour peut-être...

Charles Baltet fut membre de 125 associations d’horticulture, dont 34 étrangères. Il reçoit la Médaille d’or de la Société Nationale d’Horticulture de France, pour son Étude comparative de l’horticulture française et de l’horticulture étrangère, et le prix de 10.000 francs Joubert de l’Hyberderie, pour L’horticulture dans les cinq parties du monde.

Charles Baltet décède le 24 novembre 1908. Le 28, la ville de Troyes et les représentants de l’Horticulture française lui font des funérailles solennelles. Toutes les Sociétés dont le défunt faisait partie envoient des délégations.

Mort d’une congestion pulmonaire contractée au Congrès d’Arboriculture fruitière de Vernon dans l’Eure, au cours de sa courte maladie, ses derniers jours furent protégés du bruit que la Troupe pouvait faire en passant devant sa demeure. Le commandant du 1er B.C.P. fit répandre de la paille sur les pavés devant chez lui, faubourg Croncels.

Marié en 1855, son épouse lui donna 4 enfants, mais Charles fut brutalement touché par sa mort tragique, alors qu’elle portait du linge aux lavandières au bord de la Vienne, elle glissa dans le ruisseau et trouva une mort atroce.

Le Gouvernement le récompense en le nommant successivement chevalier, puis officier de la Légion d’Honneur. Il est également commandeur du Mérite Agricole, et titulaire d’un très grand nombre d’Ordres étrangers.

En 1975, un jardinier japonais, en passant le motoculteur dans le jardin de M Takano, trouve un coffre en pierre, soigneusement enterré et fermé. A l’intérieur un paquet de vieux papiers jaunis par le temps sont rédigés en japonais ancien. Ce sont les documents sur lesquels le grand père de Takano a retracé avec précision l’histoire de leur vignoble.

Le 12 août 1977, des manifestations de commémoration sont organisées à Troyes, avec une délégation venue du Japon, dont M. Takano. Un arbre de l’amitié est planté derrière l’église Sain-Bruno. En septembre 1983, une nouvelle délégation japonaise rencontre à Troyes les 3 petits-fils de Charles Baltet.

La vigne de M. Takano est devenue une affaire très prospère. Sur une superficie de près de 4.000 hectares, une importante quantité de vin est produite. Dans la région, la vigne est appelée Balta, en hommage à Charles Baltet. Le vin produit là-bas se nomme cru de Troyes.

En septembre 2015, des collégiens de Koshu au Japon, sont venus sur les traces de Charles Baltet, visiter sa maison, rue Pierre Brossolette et voir d'anciens documents, réaffirmant que " l'histoire du développement viticole de la ville de Koshu, est bien due à Charles Baltet ".

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