Le secret des Templiers



Commanderie templière d’Avalleur


 

Le procès des Templiers eut dans nos contrées, un retentissement plus grand que dans beaucoup d’autres provinces de France. Troyes était le siège d’une commanderie. L’ordre en comptait 11 dans les environs, dont Avalleur. L’ordre des Templiers réunissant les 2 forces vives de la société, la noblesse et l’église, l’épée et la croix, avait dans nos contrées un développement considérable. Dans les maisons de l’Ordre furent reçus un grand nombre de chevaliers et de servants, notamment à Avalleur, où eut lieu la réception de Raoul de Gisy, qui fut commandeur de plusieurs maisons de l’Ordre et devint receveur du roi, en Champagne, à Troyes, à Payns, à Sancey, à Bonlieu, au Mesnil-Saint-Loup…

 

D’après les manuscrits, la commanderie d’Avalleur est une des plus riches commanderies de l’Ordre. Elle est fondée au profit de l'Ordre du Temple vers 1167, par les dons effectués par le comte Manassès. Manassès était un comte de Bar-sur-Seine, devenu évêque de Langres et qui participa à la troisième croisade. Il est inhumé dans l’église de l’abbaye de Clairvaux.

 

La commanderie d’Avalleur s’étend alors sur un domaine forestier de 200 arpents, qui domine la plaine de la seigneurie de Bar-sur-Seine. Il est fait référence à la commanderie d'Avalleur à la date de 1172, d'après les cartulaires. La charte de sa fondation a disparu au XVIIe siècle, mais dès sa création, des manuscrits citent des donations qui deviennent de plus en plus nombreuses, sources d’enrichissement du domaine templier, au cours des XII°  et XIII°  siècles : en 1173 dons de Milon d'Avalleur, en 1174 don de l'usage du moulin de Besaces par Étienne de Besaces, en 1204 dons des seigneurs locaux concernant des terres à Essoyes. D'autres dons sont faits en 1205, 1207, 1203 par Haymon aux frères de la commanderie, et 1219 par le seigneur de Rochefort et par Milon d'Autricourt.

 

C’est surtout après 1187 que la milice du Temple prend en Champagne un développement considérable et qu’elle y devient le plus riche et le plus étendu de tous les ordres religieux. Les templiers doivent être considérés comme les plus grands propriétaires terriens de cette époque, dont Avalleur. Au XIIIe siècle, son expansion concerne une dizaine de villages et ses possessions s’étendent jusqu’aux portes de Troyes.

 

La commanderie « est un nid d’aigle », puisque depuis la tourelle, le regard des chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem portait jusqu’à Troyes.

 

La commanderie d’Avalleur est composée de bâtiments conventuels, qui ont conservé leurs assises templières. Ses bois de charpente datent de 1476-1478, la porte charretière et sa rampe qui ouvrent sur les caves templières, un mur pignon d’origine, décoré de faux joints et de fleurs à cinq pétales. Ce corps de logis porte les armes de Jean de Choiseul, commandeur d'Avalleur de 1510 à 1526. Dans le corps de logis, deux tours et la bergerie sont détruites. Les bâtiments de la ferme sont remaniés au cours du XIXe siècle. La chapelle templière d'Avalleur, du début du XIII° siècle, conserve en partie son aspect primitif. Elle a fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 1921. Elle est de forme rectangulaire mesurant 25 mètres sur 6 mètres. A l'intérieur, trois travées de croisées d'ogive avec une inspiration cistercienne. Le chevet plat est percé de trois longues ouvertures très lumineuses. Toutes les croisées d'ogives sont travaillées et ornées de décors floraux. On peut encore apercevoir des traces de fresques de l’époque templière sur certains murs. L'intérieur est de style gothique, l'extérieur est roman avec un portail à colonnes et chapiteaux. La chapelle possède une tourelle fortifiée carrée, indiquant qu'elle était intégrée au système de défense de la commanderie. Un escalier en colimaçon conduit à la remarquable charpente d’origine à chevrons. Sur la façade nord de la chapelle, il y a le blason de Jacques de Souvré, Commandeur de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem en 1616. 

 

Il y a une citerne, qui était indispensable à la vie quotidienne.

 

Le dernier templier de cette commanderie fut Chrestien de Bissey.

 

Aux premiers jours de la persécution, en 1307, Guillaume de Paris, confesseur du roi Philippe IV le Bel, son confident le plus intime et inquisiteur de la foi, arrive à Troyes le 9 octobre, pour l’instruction du procès, et y interroge, en présence de 2 personnes nobles et 3 membres de la milice. 2 Templiers reconnaissent que, lors de leur réception, « ils avaient 3 fois renoncé Jésus-Christ, qu’autant de fois ils avaient craché sur son image et qu’ils avaient donné à celui qui les recevait 3 baisers, l’un à la bouche, le second au nombril et le troisième au bas de l’épine dorsale. Celui qui les reçut leur enjoignit de céder aux désirs que pourraient leur témoigner leurs frères ». Le 3° chevalier interrogé est Raoul de Gisy, receveur du Roi en Champagne. Ce dignitaire de l’Ordre reconnaît pour vrais les faits avoués par les 2 premiers interrogés. Il ajoute qu’il ignorait « si les cordes que portent les frères avaient touché les idoles ». Parmi les 140 membres arrêtés à Paris, il y avait Jean d’Anisy, Humbert d’Avalleur et Ymbert de Venisy, précepteurs d’Avalleur.

 

Quand, le 22 mars 1312, le Pape Clément V prononce la dissolution de l'Ordre du Temple, il ordonne que ses biens reviennent à l’ordre des Hospitaliers (voir ce chapitre). Ces derniers prennent alors possession des terres d’Avalleur, mais le domaine reste géré de la même façon. Le 8 février 1520, pendant la gestion des Hospitaliers, Avalleur s’agrandit, par association avec les commanderies d’Arrentières, Lévigny et Thors, au nord-est. Devenue bien national à la Révolution, la commanderie passe aux mains d’exploitants agricoles. Dans le corps de logis, deux tours et la bergerie sont détruites. Les bâtiments de la ferme sont remaniés au cours du XIXe siècle.

En 2008, le Conseil Général rachète la Commanderie templière d'Avalleur, partie logis, à des propriétaires privés.

La chapelle appartient à la ville de Bar-sur-Seine.

Dans le cadre de sa politique patrimoniale, le Conseil Général, en 2015, fait la réhabilitation du corps de logis de ce site exceptionnel.

La Commanderie d'Avalleur est l'un des rares ensembles Français conservés de l'époque templière.

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