Blason de Soulaines
Blason de Soulaines

Le Département



Soulaines



A l’arrivée de Jules César dans le Pays des Celtes (58 avant J.C.), la région qui forme aujourd’hui le Département de l’Aube, se divisait en 2 peuplades : l’une à l’Ouest les Tricasses, l’autre au Sud-Est les Lingons.

 

         Il n’y avait pas de barrière bien nette entre les 2 peuplades et la Forêt du Der qui s’avançait jusqu’à la Seine, et formait une vague frontière entre les 2 peuples. Le canton de Soulaines (ou du moins, la région qui le forme actuellement) se trouvait sur une partie frontière de ces 2 nations.

 

         A l’époque franque notre pays fut divisé en circonscriptions dont chacune, sous le nom de « Pagus », avait à sa tête un fonctionnaire royal, Comte ou Duc. La région de Soulaines se trouvait divisée en 2 « Pagi » : au Nord le « Pagus Brenensis » dépendant des Comtes de Brienne et au sud, le Pagus Lingon, dépendant du Comte de Bar-sur-Aube, « Pagus Barrensis ».    Les circonscriptions féodales nées sous la Période Féodale, ont subsisté jusqu’à la Révolution, ainsi que la plupart des droits seigneuriaux. Soulaines, seigneurie supérieure s’appelait « Chatellenie ».

 

         En 1263, notre comte de Champagne Thibault V (1253-1270) constitue, en faveur de son frère Henri III (1271-1274), à sa majorité en 1263 une rente sur la châtellenie de Soulaines qu’il possédait.

 

         Le Roi de France Charles VI (1380-1422) fait rendre au roi de Navarre la ville de Soulaines.

 

         A la mort de Philippe le Hardi, les terres de Soulaines furent saisies sur la succession du duc son fils Jean (1371-1420), comte de Nevers, et Charles VI en prit possession.

 

         Les villages de l’élection de Bar-sur-Aube comprenant l’actuel canton de Soulaines ( à l’exception de Ville-sur-Terre faisant partie de l’élection de Troyes) se répartissaient en plusieurs arrondissements à savoir : 1) de l’arrondissement ayant Soulaines pour chef-lieu : Juzanvigny, Crespy, Epothémont, La Chaise, Fuligny, Eclance, Vernonvilliers, Lévigny, Thors, Fresnay, Maisons, Saulcy, Thil et Ville-au-Bois. 2) de l’arrondissement de Brienne : Morvilliers, Chaumesnil, Petit-Mesnil et la Rothière. 3) de l’arrondissement de Bar-sur-Aube : Colombé-la-Fosse.

 

         Dès l’année 1789, les départements étaient définitivement constitués. La subdivision des districts en canton fut prévue par la Loi du 22 décembre 1789. Le village de Soulaines relève alors de l'intendance et de la généralité de Châlons, de l'élection de Bar-sur-Aube et du bailliage de Chaumont.

 

         Le 29 janvier 1790, le tableau du district de Bar-sur-Aube et ses divisions en cantons était présenté à l’Assemblée. Le canton de Soulaines comprenait dans ses limites, 12 communes : Colombé-la-Fosse, Colombé-le-Sec, La Chaise, Ville-sur-Terre, Thil, Thors, Saulcy, Fresnay, Maisons, Fuligny, Ville-au-Bois et enfin Soulaines, chef-lieu de ce nouvel édifice administratif.   

 

         Aujourd’hui, Soulaines-Dhuys chef-lieu de canton, a une situation privilégiée aux portes des grands lacs champenois (réservoirs Seine, Marne et surtout Aube), et est intégré dans le grand Parc Naturel Régional de la forêt d’Orient.

 

         Avec un taux de boisement de 34 %, le canton constitue un « poumon vert » entre les 2 « coeurs bleus » des lacs de la Forêt d’Orient et du Der. Les vastes espaces forestiers, parsemés d’une dizaine d’étangs, représentent une potentialité très intéressante, tant sur le plan écologique que sur le plan récréatif.

 

         L’eau est un élément naturel qui, à lui seul, peut servir de fondement au développement d’activités de tourisme et de loisirs, avec un environnement de qualité, comme l’étang de Ramerupt, géré en partenariat entre la Communauté de communes de Soulaines et le Conservatoire régional des sites. La forêt peut également devenir un support privilégié du temps libre. Plusieurs arbres remarquables renforcent le caractère attractif et touristique du canton.

 

         D’autre part, Soulaines recèle un patrimoine architectural riche et d’une grande diversité, comme l’omniprésence de l’eau qui lui vaut le surnom de « Venise Verte ». Le village est remarquable par la Dhuys, mot d’origine celte signifiant résurgence, d’où jaillissent à la surface les eaux d’infiltration provenant de deux rivières souterraines. La Rivière La Laines, le Ruisseau de Saint-Victor et le Ruisseau des Assurées, sont les 3 cours d'eau traversant le territoire de la commune de Soulaines-Dhuys. Quelques dictons qui m’ont été envoyés par M. Michel Gueritte : « Une légende annonce que Soulaines périra par l'eau », « Vous jetez un canard dans la Fosse Cormont à Ville-sur-Terre, il ressort dans la résurgence à Soulaines »…

 

         C’est aussi 11 ponts dont le plus âgé est le pont Henri IV construit en 1607, sans oublier les constructions à pans de bois, lavoirs, églises…

 

         Il y avait au village deux moulins banaux (soumis au droit féodal), une fosse à chauffour (four à calcination dans lequel on transforme le calcaire en chaux par calcination), un battoir à écorces et une tannerie.

 

         Il y avait aussi un château au village, le « viez chastel » en 1276, dont il ne reste plus qu'une tour en 1380 et semble disparu en 1404.

 

         Le village possédait un prieuré ainsi qu'un Hôtel-Dieu, fondé avant 1407, qui était à la collation de l'évêque et qui fut réuni à l'hôpital de Brienne au XVIIe siècle.

 

          L’église, bâtie sur un plan rectangulaire, est du XVI° siècle. Son porche fut bâti jusqu'au XVIII° s. Elle a une flèche qui s'élève au centre de l'édifice. Ses verrières et un ensemble de statues sont du XVIe s. Elle était sous le double vocable de Jean-le-Baptiste et Laurent. Elle fut reconstruite durant la seconde moitié du XVI°. Le portail date de 1568, et la tour, des XVI° et XVIII°. La flèche du XIX° a été foudroyée le 17 août 1975, et a été refaite depuis. L'édifice est classé au titre des monuments historiques en 1914.

 

         La Chapelle St Jean, en bois, bâtie de 1484 à 1504, subsistance de l'hôpital fondé avant 1407, était anciennement appelée chapelle de la Maladière. Elle possède un auvent et un clocher en écailles de bois à huit pans. On remarque la signature des charpentiers sur chacune des poutres. La cloche date de 1543. C'est le plus petit monument à pans de bois de l'Aube. Elle fut restaurée par les Beaux-Arts, en 1928 et 1931. L'édifice est classé au titre des monuments historiques en 1921.

 

         Il ne faut pas oublier la tuilerie Jean-Louis Royer qui depuis 5 générations travaille, suivant des fabrications ancestrales, avec la réalisation de pièces artisanales : briques, tuiles plates, tuiles écailles, oreilles de cochon, tuiles rondes... A visiter, ainsi que l’atelier du potier. Fromage Brie de Meaux.

 

         Dans un tout autre domaine, je me dois de parler de l’implantation du Centre de stockage de déchets radioactifs dans la forêt de Soulaines. Robert Galley ancien maire de Troyes, 13 fois ministre, Ingénieur de l'Ecole Centrale des Arts et Manufactures et de l'Ecole nationale supérieure du pétrole et des moteurs, avait été chargé par le Général de Gaulle des études de la construction de l'usine de plutonium de Marcoule et de la construction de l'usine de Pierrelatte. C’est pourquoi ayant été un de ses adjoints pendant ses 23 ans de mandat, j’ai pu suivre l’installation en 1984, de l’Agence nationale pour la gestion des déchets nucléaires (ANDRA), qui décida d’y installer un de ses tous derniers centres de stockage de déchets radioactifs, de faible et moyenne activité, à vie courte. En effet, l’argile dont regorgent les sols permet de « contenir la radio activité », comme l’explique l’ANDRA, qui se veut exploitant industriel exemplaire.

           Bien entendu, malgré cela, l'implantation de ce Centre de stockage dans la forêt de Soulaines, provoque toujours des inquiétudes. Michel Gueritte, président le l'association "La Qualité de Vie", et les écologistes disant: " Pour faire passer la pilule, l'industrie du nucléaire arrose habitants et élus ", " L'ANDRA a cru que la géologie protégerait les riverains. Il n'en est rien... La légende est devenue réalité... Les cancers ne se cachent plus... ".

            Cependant, des explications très claires sont fournies, et le site est visité chaque année par environ 4.000 visiteurs, dont de nombreux étudiants et lycéens. Le mieux est en effet de se déplacer pour s'informer objectivement sur la gestion des déchets radioactifs, ne serait-ce que pour se rassurer.


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