Le département



Le costume traditionnel Champenois


Les vêtements des anciens méritent le même intérêt que celui que l’on accorde aux monuments historiques.

 

         Il y a lieu de considérer ces vêtements comme des moyens pour transmettre un certain nombre de messages, pour signaler, en particulier, des apparences et des différences.

 

         Les costumes folkloriques, tels qu’ils sont portés par les groupes, sont le fruit d’un véritable travail de reconstitution. C’est toujours fait dans une perspective de la transmission des valeurs des anciens.

 

         Le département de l’Aube possédait une certaine diversité de costumes dont l’âge d’or fut le XIX° siècle. Ces costumes portés  aujourd’hui par les groupes folkloriques, nous sont connus par les dessins, gravures et tableaux, notamment ceux de Valton et Fichot.

 

         Le costume de l’Aube : le costume masculin est sobre, pantalon de velours, ceinture de flanelle, bretelles, foulard. S’y ajoute une blouse (biaude ou blaude) pour le travail, un gilet pour la sortie. Sur la tête, on porte une casquette comme à La Rivière-de-Corps, ou bien un chapeau comme à Saint-André.

 

         Le costume bourgeois troyen est plus élaboré : le gilet est brodé et ce n’est pas le pantalon mais la « culotte » à la française  de l’Ancien Régime qui est portée.

 

         Le costume féminin comporte une jupe ample descendant à la cheville, froncée à la taille, généralement en pilou l’été, en lainage l’hiver. Le tablier est en cotonnade, le corsage de même tissu que la robe, est lacé ou boutonné par devant. Le châle carré est souvent plié en pointe. Les sous-vêtements comportent jupons et camisoles, les culottes étant le plus souvent fendues, les femmes pouvant ainsi s’accroupir naturellement.

 

         L’élément le plus caractéristique et le plus beau du costume féminin est la coiffe, portée par toutes jusqu’à la fin du XIX° siècle. Une femme « en cheveux » aurait été considérée comme une femme de mauvaise vie. La plus belle coiffe est le toquat (voir ce chapitre).

 

         Le Groupe « Jeune Champagne » porte les costumes de fête et de travail de la région troyenne des années 1840-1850.

 

         Pour des raisons pratiques le costume des jours de fête était très différent de la mise des jours de travail. Pour aller au travail, on utilisait  ce qu’on avait de moins beau, de moins fragile et de plus commode. Les métiers agricoles et les métiers de l’artisanat demandent une aisance corporelle, ils sont de tissus sombres aux coupes peu variées et simples. Les grandes fêtes seront l’occasion de montrer que l’on suit la dernière mode et on s’habillera comme un citadin, tout en gardant les signes d’appartenance à sa région.

 

         Le costume de fête : féminin se composait toujours des mêmes éléments, seuls les couleurs et les tissus variaient en fonction de la position sociale de la personne qui le portait ou des circonstances de la vie. Le caraco décolleté en V, boutonné devant, se portait sur ou dans la jupe ample, froncée à la taille et nouée devant, le jupon et la culotte fendue, richement brodés ou garnis de dentelles, des bas en coton ou fil blanc, des chaussures fines en cuir noir. La fraîcheur de la tenue venait du tablier toujours clair, et surtout le châle, de forme carrée, en linon blanc, plié en pointe et brodé sur 2 coins.

 

         Masculin : est composé d’une veste à la française, fermée par des boutons en métal, une culotte à pont, fermée au genou par une boucle de métal, un gilet blanc ou crème bordé de fleurs de couleurs vives, une chemise de lin à panais, un nœud de velours ou une cravate noire, des bas blancs, des chaussures noires à boucles et toujours le chapeau de feutre noir.

 

         Le costume de travail : féminin : le caraco est en tissu bleu ou gris, la jupe se noue devant, le jupon ample et la culotte fendue en coton rayé, le châle en toile blanche est surpiqué de fils de couleur, les manchettes boutonnées au poignet et serrées par un lien au-dessus du coude. La coiffe de travail est appelée « cul de canne ».

 

         Masculin : la blaude portée par différents corps de métiers, qui varie par sa couleur, son tissu et surtout ses broderies. Pour la rendre imperméable, elle est plongée dans un bain d’huile de lin. Le foulard à carreaux, le pantalon en velours côtelé, la chemise en lin à pans, des chaussures en cuir, le même chapeau de feutre noir identique à celui porté les jours de fête.

 

         Les costumes d’enfants : celui de la petite fille se rapproche du costume de travail des femmes. Une jupe et un corsage bleu boutonné, un châle blanc, un tablier de couleur claire, ses cheveux caché par un « cul de canne ». Le petit garçon ressemble à son père, il porte aussi une blaude, mais une casquette à visière remplace le chapeau de feutre.

 

         Les chenevotots : ce nom a été emprunté à ceux qui cultivaient le chanvre à Saint-André-les-Vergers. Costume de travail : femme : chemise de métis, cotillon de grosse toile rayée, tablier uni assorti, avec une grande poche, un foulard à carreaux sur la tête et un grand chapeau de paille. Homme : pantalon de velours, chemise de métis, ceinture de flanelle grise, bretelles, un foulard de cou et un chapeau de paille.

 

         Costume du dimanche et des fêtes : la femme : un caraco au décolleté carré et aux manches pigeon, très ajusté, une jupe ample et longue en toile de coton, un tablier de satin blanc, écru ou noir, agrémenté de dentelle assortie. Ses dessous : une chemise percale blanche, une culotte fendue bordée de broderie anglaise et un jupon. L’homme : pantalon à pont en drap de laine, chemise à plastron plissé en toile légère, ceinture de flanelle rouge, ruban de velours en guise de cravate, gilet de velours gaufré, chapeau de feutre noir.

 

         Costumes de mariage : la mariée : caraco et jupe en taffetas, dessous comme le tablier de satin, trac aillés, jupon à plusieurs volants bordés de dentelles, culotte fendue avec un volant de broderie anglaise allant du genou aux pieds, châle en voile de coton brodé de dentelles. De la poche du tablier dépasse en pointe, un fin mouchoir blanc bordé de dentelle, signe de virginité de la promise, large et longue ceinture de satin bleu ciel terminée par des franges, qui forment un gros nœud à l’arrière de la jupe.

 

         Le marié : pantalon identique à celui du dimanche, chemise en percale au plastron plissé et brodé, manches très larges et poignets très longs. Cravate de soie grenat, gilet de satin blanc brodé de motifs traditionnels de sa promise. Chapeau de feutre noir avec de longs rubans de satin bleu, blanc et rose agrémenté d’une cocarde, accrochés à l’épaule du marié.

 

         Les Ribocortins : de la Rivière-de-Corps : femme : mouchoir de cou à carreaux bleus, chemise petites manches en coton blanc, jupe longue coton épais de couleur sombre, tablier bleu, châle de laine blanc ou noir, culotte fendue, bottine noires lacées à talon. Homme : casquette à large bord bleue, mouchoir de cou à carreaux bleus, chemise blanche pantalon de velours marron avec bretelles, chaussettes blanches souliers lassés noirs. Costume du dimanche : femme : coiffe de piqué de coton blanche, pas de mouchoir de cou, joli tablier blanc avec plis. Homme : il enlève sa ceinture de flanelle et son mouchoir de cou, gilet de velours marron, ruban de velours marron en cravate. Costume de cérémonie : femme : coiffe brodée, vaste à basques, jupe longue, tablier de satin écru, mouchoir brodé blanc, gants blancs, cape courte en lainage noir. Homme : chapeau de feutre noir à larges bords, chemise de coton fin blanche, cravate de soir avec épingle en or, gilet brodé fleuri, pantalon de coton sombre, cape longue de lainage noir.

 

         Depuis sa création en 1986, l’ensemble folklorique des Ribocortins s’est donné pour but de faire revivre les traditions champenoises. En septembre 2019, il s’est produit dans la ville italienne de Bagnacavallo, à l’occasion de la fête de la Saint-Michel, fête patronale de la cité italienne. Cette cité est jumelée avec Aix-en-Othe

 

         Les Piantous, les Noés : femmes : jupe froncée en cotonnade noire à tous petits pois blancs. A 10 cm du bas de sa jupe, se trouve un galon de satin fleuri, noir et blanc. L’ourlet de la jupe est doublé d’un tissu rayé gris et blanc visible, chemise blanche à manches courtes, bordée de dentelle, corselet noir attaché par un lacet de velours noir. Sur les longues jupes, tablier gris clair, avec 2 poches et de la poche gauche dépasse le coin d’un petit mouchoir à carreaux rouges et blancs. Coiffe simple en piqué de coton blanc. Jupon de coton blanc à volant brodé, culotte fendue qui descend jusqu’aux chevilles. Hommes : la chemise blanche possède un col à pointe carrée, ils nouent dessous un ruban de velours noir, pantalon en coutil rayé noir et blanc, larges bretelles noires. De ce pantalon dépasse une large ceinture de flanelle rouge, gilet noir sans manches en velours côtelé devant, chapeau de feutre noir à fond rond et large bord plat, chaussettes blanches et chaussures noires.

 

         Le costume de Mesnil-Saint-Loup : femmes : petit bonnet blanc, dit « bonnet à cul », 2 pattes le nouent sous le menton, qu’elles gardent jusque dans les années 1980. Même la nuit, la tête doit être couverte d’un genre de bonnet « la cale ». Presque toutes les femmes portent sur leur poitrine une large croix de métal. Les petites filles coiffent jusqu’à 13 ans un petit bonnet blanc de crochet. Pas question pour elles de rentrer en classe sans le bonnet sur la tête.


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