Le département



Cadoles du Barséquanais


Vous avez peut-être aperçu une ou deux « cadoles », rapidement en passant sur la route.

 

         C’est ainsi que l’on appelle dans la région du Barséquanais, ces constructions agrestes et primitives, érigées entièrement en pierres sèches.

 

         Aujourd’hui, on les découvre principalement dans les bois, envahies par la végétation et couvertes de mousse. Elles sont debout et défient le temps, mais il y a bien longtemps qu’elles n’ont plus été occupées.

 

         Les ancêtres les ont construites avec des pierres trouvées sur place, patiemment triées et collectées.

 

         Ils ont fréquenté ces cabanes pour s’y abriter, s’y réchauffer en hiver, en chercher la fraîcheur en été, grâce à l’épaisseur de ses murs et à l’absence de trop grandes ouvertures vers l’extérieur, et y prendre leurs repas, puis ils les ont abandonnées.

 

         On y faisait du feu et, si la fumée s’échappait par le trou central de la voûte, les pierres de la paroi absorbaient la chaleur, la conservaient et la restituaient, c’était comme dans un four. Quand il pleuvait trop, on s’y abritait. Des pierres servaient de banc.

 

         Il existe encore une quantité impressionnante de ces cabanes, la plupart intactes, quelques unes ruinées, et il y en a certainement beaucoup de détruites.

 

         Les « loges » ou « cadoles » du Barséquanais sont des cabanes construites avec des matériaux trouvés sur place et non transformés.

 

         Les vignerons les avaient autrefois érigées dans leurs vignes pour s’y abriter lorsqu’ils y allaient travailler. Ces constructions en pierres sèches se trouvent principalement dans les communes de Courteron, Gyé-sur-Seine et Les Riceys.

 

         Lors de la guerre 1939-1945, les Allemands n’ont pas hésité à en détruire à la grenade, les soupçonnant, à juste titre, d’abriter des résistants. Les maquisards avaient su choisir les plus inaccessibles, qui ne furent pas décelées par l’armée d’occupation, parce qu’elles étaient loin de tout passage.

 

         Certaines cabanes, construites en pierres sensibles au gel, n’ont pas résisté au temps. Toutes les loges situées à l’ouest des Riceys ont pratiquement disparu, cela étant dû à la nature du terrain qui n’offre que des pierres gélives. Les cabanes qui ont été édifiées à l’est du territoire sont toujours debout, le matériau étant plus résistant.

 

         En pleine région de production viticole, les « cadoles » ont disparu, car les vignerons ne voulaient pas perdre quelques centiares d’un précieux terrain.

 

         Elles se ressemblent toutes, mais aucune ne peut être confondue avec sa voisine.

 

         La technique de construction est simple : des pierres relativement plates, sont empilées les unes sur les autres, elles se rejoignent à l’extrême limite du toit, ménageant à cet endroit un trou de fumée. Quand le linteau de la porte basse qui en permet l’accès n’est pas fait d’une large pierre plate, on a recours à une pièce de bois.

 

         Une « loge » est une construction isolée, de pleine nature. Il semble qu’elles aient été édifiées il y a bien longtemps, par le propriétaire du terrain sur lequel elle est implantée.

 

         Quand la « loge » est plus importante et qu’elle peut abriter plus de 5 à 6 personnes, on la trouve alors sur le terrain communal, et elle devait rassembler les vignerons qui ne possédaient pas de cabane individuelle.  

 

         Les matériaux utilisés pour la construction de ces abris ont été prélevés sur place. Chaque année, le vigneron devait débarrasser sa vigne des pierres qui l’encombraient. Les plus belles, celles qui étaient larges et plates, étaient triées soigneusement et conservées pour l’érection de la « cadole ». Elle était donc montée sur place. Elles émerveillent par leur bonne tenue, leur solidité, et pourtant ces constructions ne sont pas l’oeuvre d’un architecte, elles ont été construites par n’importe qui avait besoin d’elles, le vigneron, le berger.

 

         On peut leur attribuer 200 à 250 ans, alors que la légende orale leur donne facilement de 300 à plus de 500 ans. La plupart souffrent d’une végétation envahissante.

 

         C’est au total, rien que pour une « loge », plus de 2 tonnes de pierres que celui qui a construit son abri a dû transporter, à bras, à dos peut-être avec une hotte. Combien de temps le vigneron et sa femme ont-ils passé pour débarrasser leur vigne des pierres et construire leur cabane ?

 

         Attention : les « cadoles » sont de plus en plus fragiles, menacées par le temps, mais aussi, hélas par certains touristes. 

 


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