La vie à Troyes


Nouvelle façon de vivre


 

Le récit ci-dessous pourrait avoir sa place parmi les réalisations sociales !

Après la guerre 39/45, Troyes est toujours la capitale de la bonneterie, 55 % de femmes travaillent dans les usines !

Rares sont les femmes qui restent au foyer, elles sont aussi dans les administrations, les commerces...

On ne peut leur imposer la confection du déjeuner, en rentrant de leur travail !

Il n’y a pas de temps à perdre : il faut savoir qu’elles doivent rejoindre leur poste à 13 h 30 ou 14 h.

C’est alors qu’apparaissent les premiers plats cuisinés.

La sirène de midi (elle est quotidienne à cette époque) répand sa clameur sur toute la ville.

Alors, il y a une grande agitation de la population laborieuse, et beaucoup de bicyclettes envahissent Troyes : les employés lâchent leurs bureaux, les vendeurs quittent leurs magasins, les ouvriers abandonnent leurs chantiers et les bonnetiers désertent leurs usines. 

La plupart converge vers… les charcuteries, s’y engouffre et bientôt la queue formée déborde jusque sur le trottoir. Mais ils sont attendus et rapidement servis.

Pour la plupart, ils repartent avec "  le plat du jour "  qu’ils ont lu inscrit à la craie sur une grande ardoise : on pare ce plat de résistance de noms avantageux. On y voit apparaître des côtelettes de veau aux fines herbes ou de la langue de bœuf à la limousine… Les rognons de porc au vin blanc succèdent au sauté de veau Maringo. Les volailles, les poissons sont soumis aux sauces les plus littéraires, et il y en a toute une énumération.

Mon amie Madame Soupeaux, qui tenait la charcuterie rue de la Monnaie, et qui vient de s’éteindre, a été la première à lancer ce mode de nourriture.

Le plat du jour constitue un progrès pour la profession qui le conditionne. Par lui, le simple charcutier devient cuisinier. Cette adjonction se fait sentir sur la valeur accrue du fonds de commerce.

Cette véritable institution apporte aux femmes une facilité appréciable et remplit aussi un rôle démocratique, en contribuant à populariser une nourriture agréable.

Vous comprenez pour quoi Troyes était la ville où il y avait le plus de charcuteries.

 

 

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