Les Portes de Troyes

La vie à Troyes


La Porte Saint-Antoine, Porte d’Estoupée, d’Etoupée, Porte Neuve, ou de Saint-Martin



Vis-à-vis du faubourg de Saint-Martin et à l’extrémité de la rue des Filles (aujourd’hui la rue Jaillant-Deschainets), était la Porte Saint-Antoine. Elle devait son nom au couvent des Antonins situé dans le faubourg, à l’endroit même où est le Petit-Séminaire en 1844.

         Cette Porte était flanquée de deux tours, qui ont disparu au XVIII° siècle. Il n’en est pas resté la moindre trace. Percée et encadrée dans le mur du rempart, elle semblait n’avoir été qu’une poterne (une poterne était une petite  porte qui était intégrée aux murailles d'une fortification, de façon discrète et qui permettait aux habitants de sortir ou rentrer à l’insu de l’assiégeant).

         En 1418, la reine Isabelle ou Isabeau de Bavière, que le duc de Bourgogne venait de délivrer de la prison de Tours, fit son entrée à Troyes par la Porte Saint-Antoine.

         En 1486, la porte était encore livrée à la circulation : un titre de cette époque la nomme « la porte par où l’on va à Pouilly », parce qu’en effet c’est le plus court chemin pour aller à ce châtelet, distant de Troyes de ¾ de lieue. 

Vers 1518 la porte Saint-Antoine fut interdite et murée du côté du fossé. De là le nom de porte d’« Etoupée », c’est-à-dire close et condamnée.

Depuis le commencement du XVI° siècle, cette porte figure dans les comptes de la ville comme local affermé à des particuliers, qui y emmagasinaient des vins et des huiles.

La porte Saint-Antoine était dominée par une butte très élevée, sur laquelle était assise, à l’angle du rempart, la Tour Saint-Antoine et la plate-forme du même nom en avant de cette tour. Cette plate-forme, où il y avait des casemates, contenait 21 toises 8 pieds de long, sur 14 toises de largeur.

En 1544, lorsque, d’après les ordres de François 1er, on travailla aux fortifications de Troyes, on dépensa, suivant un mémoire de cette année, pour la plate-forme de « Sainct-Anthoine », 2.850 livres tournois.

En 1578, la plate-forme fut revêtue de maçonnerie, afin de soutenir les terres du côté de la ville. On acheta la même année 2 maisons contigües, pour établir un dépôt de munitions et un arsenal à remiser le canon.

En 1590, le comte de Saint-Phal qui commandait la garnison de Troyes, voulant parer à toute surprise de la part des troupes royales, se fit autoriser par Charles de Lorraine, duc de Chevreuse, gouverneur de Troyes pour les ligueurs, « à aviser par tous moyens à mettre la ville en bonne défense ». En conséquence, le comte ordonna d’abattre 3 églises : celle de Saint-Martin, dont la chapelle de Sainte-Jule était un reste, celle de Saint-Antoine près des fossés, et celle de la Trinité, à l’entrée de Preize. Des pierres de ces temples, il fit construire, à l’angle de la muraille et devant la plate-forme, un bastion qu’il appela le « Fort Chevreuse », pour faire sa cour au prince, qui était alors à Troyes. Le Fort-Chevreuse, bâti trop précipitamment et de matériaux peu consistants, s’est écroulé de lui-même. Au pied de la butte, dans le fossé, il y avait une écluse pour régler les eaux.

En 1681, il y avait 2 guérites qui abritaient les sentinelles à chaque extrémité.

En 1735, lorsque les courtines du rempart disparurent, on abaissa les murailles à hauteur d’appui, et le terrain nivelé devint une terrasse.

En 1780, on planta sur cette éminence des tilleuls en quinconces, « où les vieillards du quartier allaient respirer l’air pur et prendre l’insolation ». On montait à ce point culminant par une pente assez raide à l’extrémité de la rue des Filles-Repenties (rue Jaillant-Deschainets), ou par le rempart de la porte du Beffroi, ou par celui de la porte de la Madeleine. La butte et la porte Saint-Antoine ne faisaient qu’un.

En 1814, l’empereur Alexandre de Russie, pendant la première occupation, fit de ce rempart sa promenade favorite. Le 25 février, veille de l’entrée des Français à Troyes, les alliés placèrent de l’artillerie sur la terrasse du Fort Chevreuse pour battre la campagne environnante. Mais les arbres du mail et les bâtiments des faubourgs de Sainte-Savine, de Saint-Martin et des Faux-Fossés les empêchèrent d’en faire usage.

En 1831, une instance fut présentée à l’autorité municipale par les habitants du haut de la ville à l’effet d’ouvrir une communication de la rue des Filles avec le faubourg Saint-Martin. On construisit sur le fossé une voûte que l’on couvrit des terres de la butte, et la porte Saint-Antoine démolie livra un nouvel accès dans notre ville. Sur l’emplacement de la porte on éleva 2 pilastres de pierre auxquels on relia les parapets du rempart suivant la déclivité du terrain. Cette entrée fut fermée d’une grille. La pose de la première pierre eu lieu de 20 juin 1831. Cette nouvelle entrée prit le nom de Porte-Neuve ou de Porte-Saint-Martin.

En 1849, lors de la démolition des remparts, la porte fut définitivement supprimée. 

 


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Isabeau de Bavière
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