les portes de Troyes

La vie à Troyes


Porte d’Artaud, de la Girouarde, du Comte, ou de la Juiverie  


L’aspect occidental de la ville était limité par un mur, de l’angle sud-ouest de la vieille tour construite par les Romains aux nord-ouest.

Une porte s’ouvrait de ce côté, au lieu même où commence la rue de la Cité.

En 451, Attila, roi des Huns, après la bataille de Méry, se présenta sous les murs de Troyes.

Furieux de sa défaite, il menaçait et du fer et du feu, toutes les bourgades qui ne se rendaient pas à discrétion.

C’est du haut de la porte de la Girouarde que Loup évêque et gouverneur de Troyes fit au farouche guerrier Attila cette question : « Qui es-tu toi qui ravages les campagnes, qui détruits les cités et qui en égorges les habitants ? ». Et le roi barbare de répondre : « Je suis Attila, le fléau de Dieu ». Alors l’évêque répliqua : « Moi, je suis Loup, gardien du troupeau que Dieu m’a confié. Viens, ô ministre et fléau de mon Dieu !... Va où bon te semble, tout t’est soumis puisque Dieu le veut ainsi ».

Le prélat fit ouvrir la porte, en descendant, il alla au devant d’Attila, le salua, et, prenant la bride de son cheval, il le conduisit à son palais.

La légende rapporte qu’adouci par les paroles de l’évêque, le roi des Huns traversa la ville avec sa troupe, et, comme frappé d’aveuglement, il en sortit sans offenser qui que ce fut.

Arrivé à la porte des Ursaires, Attila prit congé de Loup, en se recommandant à ses prières.

Le souvenir de cet événement fut consacré par une procession faite annuellement le 29 juillet, par les religieux de l’abbaye de Saint-Loup. On y portait solennellement les reliques du saint évêque protecteur de la cité, et à l’emplacement de la porte où saint Loup avait reçu Attila, on, déposait la châsse, et l’on chantait l’hymne « Adeste cives… », en l’honneur du sauveur de Troyes, ce qu’ont fait ensuite les chanoines, lorsque l’abbaye n’existait plus.

         En 1120, la porte s’appelait Porte d’Artaud, sans doute à cause du voisinage du logis d’Artaud grand chambellan du Comte Henri 1er.

En 1270, elle était nommée Porte du Comte, puis porte de la Juiverie et enfin depuis le milieu du XIV° siècle, elle eut le nom de Porte de la Girouarde, qu’elle partageait avec le pont qui la précédait extérieurement et sous laquelle passe le Ru-Cordé.

Elle fut démolie en 1688.

 

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