La vie à Troyes


Intempéries


Nous pensons avoir eu l’hiver le plus rigoureux, l’été le plus chaud, la tempête du siècle, un orage exceptionnel, l’inondation la plus importante, le plus grand incendie de tous les temps, le virus unique au monde……..

Voici seulement quelques exemples qui vous prouveront que tout cela est cyclique, et a été pire dans le passé !

De la fin de janvier au mois de mai 1204, la sécheresse fut continuelle, et les chaleurs de mars furent aussi grandes que les plus vives ardeurs de l'été.

9 novembre 1228, une terrible tornade s’abat sur Troyes, renversant dans les forêts une grande quantité de chênes et de hêtres. le vent fut si violent qu'il provoqua la chute des parties hautes du choeur de la cathédrale..

« En 1297 le peuple fut effrayé par une éclipse de lune et par une comète dont les rayons étaient lancés tantôt vers l'orient et tantôt vers l'occident. Ces phénomènes que l'on considère aujourd'hui d'un autre oeil, furent regardés comme les avant-coureurs de la famine qui désola la France en 1304».

 30 novembre 1309, un orage d’une violence excessive renverse plusieurs maisons, déracine et brise les arbres, et endommage un grand nombre d’églises.

 6 août 1363, le tonnerre tombe sur la tour de l’église Saint-Loup. La foudre tombe sur la cathédrale en occasionnant de très gros dégâts en 1382 (endommage la charpente), 1385, 1511 (endommage les panneaux d’une verrière), 1556 (grands dégâts au clocher), 1579, 1618, 1640, 1677 (l’évêque Malier voit d’une fenêtre de l’évêché, le tonnerre tomber sur l’édifice), 1697 (endommage considérablement la toiture), 1700 : « le fluide électrique embrase le sommet du clocher. Malgré les efforts tentés, la flamme gagne l’aiguille qui plane au-dessus de la ville, et qui ressemble à une torche ardente dont les lueurs grandissantes jetaient au loin de sinistres clartés… ».

« En l’année 1417 se leva un foudre ou tonnerre et merveilleuse tempête qui ne dura pas moins de quatorze heures. Toutes les récoltes de la terre furent détruites, foudroyées et battues mieux et plus que fléaux, et plusieurs personnes furent tuées à Lhuître. Certaines trouvées mortes avec les os tous comminuez et des rompuz sans que la peau et la chair fussent aucunement entamez ».

Un jour de février 1472, vers 6 h du soir, alors qu’il faisait très chaud, « il descendit du ciel 2 grandes clartés comme 2 chandelles, passant devant les yeux des regardants, qui semblait être fort épouvantable et en issait mailt grande clarté, mais ce ne dura guère ».

 L’hiver 1564-65 «fut long et difficile, qui causa de grandes pertes dans Toyes et y répandit la désolation. Pendant les gelées qui durèrent près de 3 mois, il tomba une si grande abondance de neige que la terre en fut couverte de la hauteur de deux à trois pieds. Plusieurs personnes furent perdues dans ces neiges et moururent de froid». A la fin du printemps 1577, «celui-ci s’adonna à la chaleur, grande pour la saison à cause de laquelle s’engendrèrent des nuées en l’air, qui causèrent des grêles et des orages si terribles que les biens des champs en furent gâtés et perdus, et y fut la foudre si cruelle que le pays pensait être en quasi-abîme. La grêle y fut si grosse que l’on trouva des loups morts dans les champs, que les lièvres et agneaux furent également trouvés morts… ».

 11 janvier 1584, le clocher de Saint-Remi est frappé de la foudre, l’ouragan cause de grands dommages dans Troyes.

4 juin 1605, à Vendeuvre, une fille s’étant mis à l’abri sous un poirier est tuée d’un coup de foudre.

«L’année 1608 fut longtemps appelée l’année du grand hiver. Le froid très-âpre dura plus de deux mois sans discontinuer. Le cours des rivières fut entièrement interrompu par l’épaisseur de la glace. Les plantes furent gelées jusqu’à la racine, plusieurs personnes furent trouvées mortes de froid sur les chemins, et une partie des bestiaux périt faute de fourrage. Le dégel ne causa pas moins de dégâts, les glaces rompirent les ponts et les chaussées ».

 16 juillet 1613, Nicole Carrée est tuée d’un coup de foudre près du château de La Villeneuve-au-Chêne.

1617, la foudre tombe sur le clocher de Saint-Pierre à Bar-sur-Aube, et fait fondre les sept cloches ! 

17 janvier 1653, à Rigny-le-Ferron, à 6 h du soir, arrivent « un grand tonnerre et des éclairs et énormément de grêle qui brise beaucoup de vitres, tant dans l’église que dans tout le pays.

 L’hiver 1658, la gelée dure 2 mois avec beaucoup de neige.

15 juin 1660, jour de la Fête-Dieu, un orage s’abat sur Eclance. « Un bourgeois y est tué par la foudre ».

Août 1667, un homme est tué d’un coup de tonnerre à Villehardouin.

 

 

         Les mois de juillet et août 1691 furent d’une sécheresse extrême, ce qui engendra quantité de maladies : « le 17 août de la même année, ajoute la note du registre paroissial, une grêle exorbitante a fait un dégât notable depuis la Brie jusqu’en Lorraine, particulièrement de l’avoine et du chanvre, ce qui a rendu ces denrées extrêmement chères ». Les vicaires généraux de Troyes donnèrent, en mars 1692, la permission de manger des oeufs pendant le carême, tant à cause de la guerre que pour la rareté et la cherté des poissons et légumes. Tout le mois de mai fut extraordinairement froid, chagrin, malsain, ce qui a rendu l’année maussade, les terres impraticables la moisson et la vendange fort tardives, les fruits sans goût, le vin sans qualité, le pain sans prix.

 

18 mai 1701, à Lusigny est inhumée Antoinette Noël, 21 ans, qui «  a été tuée d’un coup de tonnerre ».

24 mai 1706, à 7 h ½ du soir, le tonnerre tombe sur la flèche du clocher de Saint-Pierre à Bar-sur-Aube et le feu se communique « rapidement aux 3 dômes ». Ce même jour, à 8 h, le clocher de l’abbaye de Clairvaux est détruit par la foudre.

 25 mai 1706, à Chavanges, la grêle cause de grands dommages, le tonnerre tombe sur le clocher et aussi sur le clocher de l’église Saint-Pierre de Bar-sur-Aube.

21 juillet 1707, à Lusigny, on enterre 3 femmes décédées, ayant reçu la foudre sur leurs faucilles.

Janvier 1709 les orages et les pluies recouvrirent la terre d’eau. Mais le jour des rois la gelée prit avec tant de violence que les blés, les vignes et tous les arbres fruitiers périrent. Les fleuves s’arrêtèrent dans leur cours, les pierres se fendirent, les liqueurs se figèrent... La gelée dura tout le mois de janvier, et 400 personnes moururent de froid ainsi qu’une grande quantité de bestiaux ».

 27 juin 1713, la foudre tombe sur le clocher d’Hampigny et y met le feu.

23 juin 1720, à Montfey, à 4 h du matin, il tombe pendant près d’1/2 heures, une grêle « grosse comme des œufs, cornue, de la hauteur du genou, poussée par un grand vent et sans pluie, qui a perdu tout ce qui était semé, sans récolte pour les terres, les vignes, les prés, les chenevières, les arbres, les fruits, les jardins, tout a été foudroyé. L’orage est aussi tombé sur toutes les paroisses voisines… ».

19 octobre 1726, des phénomènes météorologiques jettent l’effroi dans la population. Le bruit de la fin du monde se répand et la foule épouvantée remplit les églises. Le ciel est en feu, des lueurs électriques le sillonnent, accompagnées de détonations.

Un évènement des plus terribles mit la ville de Troyes à deux doigts de sa perte, le 16 mai 1728. Sur les huit heures et demie du soir, après quelques coups de tonnerre, il tomba une grêle si forte avec tant de rapidité qu’on n’en avait jamais vu de pareille. Elle était de la grosseur des oeufs de pigeon, elle tomba ensuite comme des oeufs de poule, et enfin il sembla que c’étaient des quartiers de grosses pierres cornues de six à sept livres qui brisaient et fracassaient tout. Les vitres et les tuiles tombaient des maisons, les églises ne paraissaient pas assez sûres pour ceux qui s’y étaient réfugiés, et il était impossible de sortir sans courir le risque d’être écrasé. Le lendemain, on voyait encore de la grêle de la hauteur d’un homme.

15 août 1733, 2 personnes sont inhumées à Bragelogne « tuées dans les champs par le feu du ciel ou par le tonnerre ». La nuit du 17 au 18 janvier 1739, il s’élève « un vent impétueuxqui dure la journée. Plusieurs clochers, maisons et moulins à vent sont renversés, les arbres sont déracinés, les églises sont considérablement endommagées ».

30 juin 1742, dans l’après-midi, un violent orage s’abat sur la région de Soulaines, de Morvilliers et d’Epothémont. 2 jeunes gens de 21 et 24 ans qui gardent des bestiaux, sont foudroyés sous un arbre qui les abrite : « leurs visages et leurs estomacs sont tout noirs et brûlés.

 15 août 1746, la foudre incendie une ferme d’Epagne et ses dépendances.

27 juillet 1751, une jeune fille de 18 ans « frappée par le tonnerre dans l’église de Fontenay de Bossenay, décède ».

30 août 1761, le clocher de St-Urbain est frappé par la foudre. C’est depuis ce jour que l’on voit l’informe tabatière servant d’abri à la sonnerie.

27 juin 1764, la foudre détruit l’église de Pont-sur-Seine.

27 juin 1772, un orage détruit 8 granges à Gumery.

24 mai 1773, 3 hommes « réduits en cendres par le feu du ciel ».

27 juin 1783, la foudre tombe en 20 endroits, dont l’église St Nizier.

Janvier 1784,  la Seine est entièrement prise, on peut la traverser « sans péril ». Les routiers meurent sur les grandes routes, on ne rencontre de tous côtés « que des gens asphyxiés par le froid », on ne peut parvenir à chauffer les maisons, les habitants couchent tout habillés. Les lièvres, les perdreaux, pressés par la famine, arrivent dans les villages, aux portes des étables, on en prend une quantité innombrable. Les loups envahissent aussi les habitations des populations rurales, il faut leur faire une guerre acharnée pour les mettre en fuite.

8 septembre 1788, 2 hommes foudroyés à Précy-St-Martin.

Du 27 novembre 1788 au 10 janvier 1789, une gelée des plus intenses sévit. Elle atteignait l’eau des puits à une grande profondeur et le vin dans les caves. «De nombreux hommes saisis par le froid périssaient sur les routes, on se couchait tout habillé, on trouva deux enfants morts dans leur lit, les moulins furent arrêtés par suite de la congélation des cours d’eau, la municipalité fit monter un appareil pour moudre le blé à bras.  6.000 ouvriers troyens chôment et sont sans pain, sans chauffage ».

20 janvier 1795, le thermomètre tombe à - 21 °. Sur les rivières, il y a 15 pouces de glace, et « on peut y marcher comme sur la route ».

7 juin 1864, 1 habitant de Jessains foudroyé.

12 juin 1900 à Trancault, un attelage et le charretier, frappés par la foudre, tombent en cendres.

En 1907, un vendangeur est foudroyé à Venteuil.

1913, à Val Perdu, 2 chevaux foudroyés.  

7 juillet 1919, la foudre tombe sur le clocher de l’église des Riceys « qui flambe comme une torche ».

7 juin 1921, la foudre détruit le clocher de l’église de Pel-et-Der, du XVI° siècle.

10 août 1921, la foudre détruit la toiture de l’église St-Pierre de Bar-sur-Aube.

1925, à Courtisols, un homme, abrité sous un arbre, est foudroyé et tombe en cendres. A Rumilly, une femme et son fils qui chargeaient une charrette de foin sont foudroyés, ils n’ont jamais été retrouvés.

16 juillet 1928, un homme foudroyé à Lavau.

13 juin 1930, un cultivateur de Magny Fouchard tué par la foudre.

22 juillet 1933, un cultivateur tué par la foudre à Poivres.

28 mars 1966, à Bagneux-la-Fosse, un cultivateur est foudroyé.

3 août 1974, 2 cultivateurs et leur fils, de Marigny-le-Châtel sont foudroyés.

8 août 1975, le clocher de l’église de Soulaines touché par la foudre, s’écroule.

19 juillet 1976, 10 moutons sont carbonisés à Magny-Fouchard par la foudre.

18 juin 1977, violent orage, spectacle d’Apocalypse, la foudre détruit « la vénérable statue de Notre-Dame des Vignes », qui dominait Neuville-sur-Seine.

         La foudre eut quelquefois des effets bénéfiques. Par exemple, en août 1843, à Plancy, elle tombe sur un atelier où se trouvent 30 ouvriers. L’un d’eux, atteint de douleurs rhumatismales très aiguës, sent le fluide frapper son métier, passer sur son visage et tous deux sont « lancés «  à quelques pas. Depuis la secousse qu’il a reçue, il n’a plus jamais ressenti de douleurs rhumatismales !

De même, en 1898, M. Ferrot, aubergiste à Ramerupt, atteint de rhumatismes aigus aux jambes, ne se déplaçant difficilement qu’avec 2 cannes, et que tout effort fatigue, est frappé chez lui par la foudre. Ranimé difficilement au bout d’une dizaine d’heures, il s’aperçoit avec une surprise émerveillée, que ses rhumatismes ont complètement disparu ! Un guérisseur, très coté, n’a connu son talent qu’à la suite d’un coup de foudre. C’est depuis son accident qu’il a le don. En revanche, il ne peut plus conduire de voiture automobile : le moteur s’arrête dès qu’il prend le volant !

 

Le 29 juin 2015, nous apprenons que Météo France installe un radar dernier cri à Avant-lès-Ramerupt, qui permet une analyse plus fine, en temps réel des précipitations tombées dans l'Aube et bien au-delà. Les radars les plus proches sont implantés à Nancy et Dijon. 

 

Voir dans le chapitre " Histoires d'eau ", le sous-chapitre : " Inondations ".

 

 


Rivière gelée
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