La vie à Troyes


 

 

 

Les Vespasiennes


Water, toilettes, cabinet, WC, petit coin, pissotières, feuillées, commodités, latrines, chiottes, urinoirs, gogues, goguenots, pissoirs, ardoise, tasse en argot homosexuel… Des lieux essentiels, souvent méprisés.

Pourtant, on en trouve partout et ce sont souvent eux que nous allons visiter en premier !

 

Les vespasiennes furent inventées par l'empereur romain Vespasien en vue de collecter l'urine, utilisée par les teinturiers et blanchisseurs, ainsi qu'un impôt, payable par tous les chefs de famille, au prorata des personnes vivant sous leur toit, et même des animaux, qui pourtant ne les utilisaient pas. Moqué pour ces économies de bouts de chandelles, l’Empereur aurait répondu que " l'argent n'a pas d'odeur ", phrase devenue dicton.

 

Les fouilles archéologiques entreprises avant la construction du parking de la préfecture, ont mis à jour des latrines datant du 1er siècle après J-C. 

  

           A Troyes, comme partout, les hommes se soulageaient en pleine rue. Voici un extrait de ce que lisait en 1743, Grosley, à l’Académie des sciences de Troyes : « Dissertation sur un ancien usage… qui a pour objet l’usage antique de faire dans la rue du Bois (rue Gal de Gaulle), l’acte naturel et nécessaire anciennement appelé en Italie comme chez les Romains : cacare, et qu’en France nous exprimons communément par le mot chier… c’est un des besoins les plus essentiels à l’homme… j’ai découvert dans cet usage, une preuve incontestable de l’ancienneté de notre Ville… Je veux établir : 1) la manière dont cet usage se pratique dans la rue du Bois 2) qu’il a été pratiqué de la même manière par les Peuples les plus fameux et les plus sages de l’antiquité, les Juifs, les Egyptiens, les Grecs et les Romains, et que même ces Peuples l’ont traité comme un point de Religion 3) que cet usage est passé de l’Egypte dans les Gaules, où les Druides l’ont apporté avec leur religion, longtemps avant l’arrivée des Phocéens à Marseille, 4) je finirai par quelques réflexions sur une circonstance de cet usage…La rue du Bois est sans contredit une des plus belles de cette Capitale de la Champagne… au milieu coule un ruisseau qui la divise en 2 parts égales. C’est sur les bords de ce ruisseau, que tout âge et tout sexe vient payer le tribut journalier auquel la digestion le soumet… L’évacuation faite, on se r’habille, sans se servir de linge ni de papier, on regarde ce qu’on a fait, et l’on s’en va… Il y a environ 100 ans, la Ville eut à sa tête des Magistrats qui s’avisèrent de jeter un regard de dédain sur cet usage... A cette nouvelle, tous les intéressés envoyèrent des Députés à l’Hôtel de Ville, accompagnés d’une foule innombrable. Arrivés devant le Conseil, nos Députés adressèrent aux Magistrats cette harangue : Messieurs, nos pères y ont chié, j’y chions, et nos Enfants y chieront… Le Corps de Ville, reconnaissant l’injustice de ses prétentions, accorda aux Députés tout ce qu’ils pouvaient désirer… ».

 

            A partir de 1493, il y a des latrines publiques dans différents quartiers, et il en existe encore en 1781.

 

En 1523, le maire ordonne aux habitants de faire construire des retraits (lieux d’aisances) dans les maisons, où il n’en existe pas.

 

        En 1537, la municipalité, fait établir des retraits publics dans plusieurs endroits.

 

Les propriétaires riverains ont installé au-dessus des cours d’eau des cabinets à chute directe. Deux poutres dans le mur supportent une petite guérite et c’est tout. C’est le tout-à-l’égout dans sa plus grande simplicité

 

            Cependant, cet usage de se soulager continuant principalement près des portes cochères, à partir de 1885, la mairie installe des urinoirs : place du marché, sur les boulevards Danton, Victor Hugo, du 14 Juillet, près du théâtre, de la chapelle Saint-Gilles, de l’église Saint-Nizier, du Cirque, du Marché...

 

En 1891, le maire reçoit une pétition d’habitants du boulevard du 14 Juillet, car il leur est fort désagréable et peu décent de voir de leurs fenêtres tout ce qui se passe à l’intérieur des urinoirs. Ils demandent de les couvrir de telle sorte que les personnes habitant à côté ne soient pas exposés à cette vue, car placés sur un boulevard servant de champ de manœuvre.

 

En 1908, diverses pétitions demandent qu’il soit posé un écran devant l’urinoir adossé au mur du Petit-Saint-Nicolas, l’installation d’un urinoir double, dans le jardin de l’école du Ravelin, mais il faut qu’il soit muni d’un écran le masquant aux regards des passants, et en raison de la proximité de deux écoles, dont une de jeunes filles.

 

En 1956, c’est l’édification d’un dernier urinoir à 6 cases, place du Marché-au-Pain.

 

Les vespasiennes étant utilisées par les homosexuels comme lieux de rencontre, le maire y fait apposer des affiches rappelant à la décence.

 

Les vespasiennes les plus proches des casernes disparaissent les premières : " il y allait du salut de la France ", dirent nos politiques, puis ce furent celles aux abords des usines où dirent ces mêmes élus : " de jeunes apprentis prodiguent des joies coupables aux ouvriers syndiqués ".

En 1982, un marché (le 1er de France) est passé avec la Société Decaux (présente dans cinquante cinq pays et sur quatre continents), pour l’installation de 8 Sanisettes, dont l’accès est payant et le nettoyage automatisé.

 

La ville signe un contrat de 15 ans, pour ces installations.

En 2007, place du Marché est installée la 1ère sanisette pour handicapés.

 

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