la vie à Troyes


Carnaval


Le Carnaval existe depuis plus de 2.000 ans.

A Troyes, il s‘appelle au V° siècle la fête des fous, bacchanale des temps catholiques, dont Saint-Augustin se plaint déjà dans ses sermons des excès qu’elle occasionne sous ses yeux.

Cette fête devenant un divertissement ridicule, on commence à en restreindre les cérémonies en 1420, et en 1445, le roi Charles VII ordonne au Bailli de Troyes d’empêcher dorénavant la fête des fous.

A la Renaissance, les catholiques jeûnent durant le Carême. Avant que cette longue période de privations ne commence, la veille du Mercredi des Cendres, le mardi, on tue le « Bœuf gras », c’est notre Mardi Gras. Comme on ne consomme pas non plus de gras pendant le Carême, la veille également, les gens utilisent ce qui leur reste de graisse et en profitent pour confectionner des beignets et autres fritures. Comme il est aussi de coutume d'arrêter de manger des œufs durant le Carême, on prend l'habitude de faire des crêpes en cette veille de période de jeûne.

Sous la Révolution française, le Carnaval est interdit, et en 1796, on le remplace par une fête révolutionnaire.

Au XIX° siècle, le cortège se compose de beaux chars à bancs en pyramide, aménagés spécialement pour le carnaval, décorés, ainsi que les chevaux les tirant, d’une multitude de roses de toutes les couleurs en papier, confectionnées par les dames et les jeunes filles. Sur le 1er véhicule, sont installés les musiciens et les jeunes, costumés avec des habits de location. Le second est bondé de jeunes qui chantent, costumés, personnages très bruyants. Une victoria, voiture à 4 roues suit, conduite par un cocher haut juché. A l’arrière, la tête appuyée à la capote repliée, le nègre et la colombine sont exposés à tous les regards, bien grimés et habillés.

Ils vont dans les villages voisins, chantent à chaque halte, la musique les accompagne. Des quêteurs suivent à pied, tendant leur escarcelle aux nombreux curieux amusés. Les enfants vont loin au devant de la cavalcade et l’accompagnent bien après la sortie des villages.

Les chars font souvent une vingtaine de kilomètres au pas lent des chevaux, les uns et les autres se reposant  chacun leur tour sur les chars.

Quand le cortège revient au point de départ, on se réunit à l’auberge chantant en chœur, et l’on mange et boit une partie de la recette de la journée.

Le lendemain, c’est un aussi long trajet, dans les autres villages environnants.

Enfin, c’est la conclusion : un simulacre de jugement et le nègre et la colombine sont condamnés à être brûlés (ils sont remplacés par 2 mannequins).

De nouveau un cortège de deuil se forme, qui s’ébranle au son d’une marche funèbre, conduit par le garde-champêtre.

Le bûcher allumé, on assiste à un véritable feu d’artifice, avec les pétards qui éclatent de partout.

Un dernier repas réunit les participants, puis un dernier bal.

Carnaval est bien mort !

Jusqu’en 1939, les carnavals existent dans de nombreuses communes de l’Aube, principalement à Clérey, Dampierre, Villemoyenne, Vougrey, Saint-Lyé, Lantages, Bar-sur-Seine, Vendeuvre-sur-Barse, Rumilly-les-Vaudes, Villenauxe, Villeneuve-au-Chemin, Gyé-sur-Seine…

A cette époque, on appelait aussi Carnaval le Charivari, et il était très répandu dans l’Aube : « Quand un homme se voyait avec une femme qui n’était pas la sienne, on profitait de l’occasion pour les corner ». Les jeunes gens s’en allaient à proximité de la maison du cornard ou du cocu et, chaque soir, pendant le mois précédent carnaval, ils donnaient la sérénade, à l’aide d’instruments divers et particulièrement, en soufflant dans des verres de lampes à pétrole. Quand ils avaient bien corné, quand était arrivé le jour de carnaval, après ce mois pendant lequel, l’opinion publique avait été sensibilisée, la fête pouvait commencer. En cortège, l’après-midi, on promenait les 2 malheureux, non pas en personne, mais représentés par des mannequins à leur effigie. C’était un long défilé de travestis qui les conduisait sur la place, où ils devaient être jugés. A l’issue de ce jugement ! parodie d’une séance au tribunal, avec juges, avocat, gendarmes…, accompagné de chants composés pour la circonstance, les « fautifs » étaient généralement condamnés à être pendus ou brûlés. C’était là l’occasion de réjouissances, d’une vraie fête, et on n'oubliait jamais de « charrier » à boire ! Cette sorte de carnaval-charivari, qui était assez répandu dans l’Aube, disparut progressivement.

Les Carnavals de Troyes étaient très renommés, et les personnes qui n’y participaient pas, descendaient dans les rues pour admirer et applaudir les nombreux chars décorés et les gens déguisés.

Le Carnaval, fêté le Mardi Gras, n'a pas lieu tous les ans à la même date, car il est fixé par rapport à la date de Pâques, qui varie en fonction du cycle de la Lune.

Aujourd’hui, à Troyes, il ne reste pratiquement que les écoles pour perpétuer le souvenir du traditionnel carnaval !


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