La vie à Troyes



Armoiries de Troyes


Le voyageur qui arrive à Troyes par le rail, aperçoit en sortant de la gare le Monument des Enfants de l’Aube, sur lequel figurent les armes de la ville.

 

           Ces dernières sont bien connues. Leur définition en termes héraldiques est la suivante : « d’azur à la bande d’argent côtoyée de 2 cotices potencées et contre potencées de 13 pièces d’or, au chef cousu d’argent chargé de 3 fleurs de lys d’or rangées en face ».

 

           Cependant, le Monument des Enfants de l’Aube, élevé en 1890, ne présente pas 3 fleurs de lys, mais 3 étoiles.

 

          Pour quelle raison ? Pour répondre à cette question, il est nécessaire de rappeler l’histoire de notre blason.

 

           Les armes de Troyes rappellent le rattachement de la Champagne à la France en 1284, par le mariage de Jeanne de Navarre, héritière du comté, avec le roi de France Philippe le Bel. Au blason de Champagne s’ajoute le chef de France aux 6 fleurs de lys.

 

Mais les armes de la ville telles que nous les connaissons aujourd’hui ne furent fixées que beaucoup plus tard. Sous la Révolution toutes les armoiries furent dès 1790, déclarées abolies et souvent martelées en tant que symbole de l’Ancien régime et du despotisme.

 

Napoléon remplaça les fleurs de lys par 3 abeilles. En 1825, Troyes reprit son blason fleurdelisé. Mais la Monarchie de Juillet, issue de la Révolution de 1830, adopta à la place des fleurs de lys, 3 étoiles d’or.

 

Cet usage n’a été qu’éphémère, comme le prouve une reprise déjà ancienne des fleurs de lys. En même temps que le drapeau blanc disparaissait, la France retrouvait le drapeau tricolore.

 

Napoléon III rétablit les abeilles de son oncle.

 

         L’ancien Lycée de garçons, boulevard Gambetta, construit en 1861, porte naturellement les 3 abeilles de Napoléon III. Le Théâtre 1875, la Caserne Beurnonville, blason au fronton de l’aile sud, côté cour 1877, le Monument des Enfants de l’Aube 1890, le Cirque municipal 1903, l’hôtel du Petit Troyen puis de Libération Champagne, rue Général de Gaulle 1904, sont ornés du blason avec 3 étoiles en chef. La Caisse  d’Epargne 1893, le pont Danton 1893 (démoli en 1953), le réservoir des Hauts-Clos, avenue Edouard Herriot 1896, les anciennes bornes fontaines 1908, l’ancien Lycée de filles, rue Pasteur 1914, retrouvèrent les 3 fleurs de lys.

 

Celles-ci ont donc fait une courte apparition de 1893 à 1896, cédant la place aux étoiles au début du XX° siècle, avant de revenir définitivement.

 

Cette apparente incohérence s’explique par les tendances politiques des municipalités successives. Les 3 étoiles furent adoptées par les premiers républicains, adversaires des bonapartistes, puis les radicaux. Les maires étaient alors : en 1877 Arthur-Camille Pierret, en 1890 Eugène Boullier radical, en 1903 Charles Lemblin Armant, en 1904 Louis-Joseph Mony, radical-socialiste, franc-maçon.

 

Les 3 fleurs de lys furent reprises par les modérés. En 1893, le maire Edmond Delaunay était le candidat du « Petit Républicain ». Ses adversaires : Charles Lemblin Armant, Louis Mony et Gaston Arboin, avec « le Petit Troyen », le qualifiaient de « réactionnaire ». Cependant, le système des bornes fontaines adopté lors de l’extension du réseau par l’arrêté du 2 mai 1908, porte le blason de la ville de Troyes avec 3 fleurs de lys.

 

La querelle semble dépassée. En 1914, Armand-Célestin Michel est soutenu au premier tour par la « Tribune de l’Aube », mais ensuite condamné par ce journal à la suite de son élection réalisée avec l’aide de certains de ses anciens adversaires radicaux.

 

           L’« Annuaire de l’Aube », qui paraissait depuis 1828, orna en 1857 son chapitre sur l’arrondissement de Troyes des armes de la ville avec 3 étoiles en chef. A cette époque, sous le règne de Napoléon III, on aurait attendu les abeilles. Cet annuaire eut son dernier numéro en 1933 et resta fidèle aux étoiles. Le « Bulletin municipal » garda les abeilles impériales jusqu’en 1924 et adopta les fleurs de lys le 1er janvier 1925. La municipalité du socialiste Emile Clévy, secrétaire de la fédération socialiste de l’Aube, en place de 1919 à 1929, ne se soucia plus de ces querelles vieilles de plus de 50 ans et ne revint pas aux étoiles.

 

          Le livre du « Budget » orna sa couverture du blason impérial aux 3 abeilles jusqu’en 1941 sous la municipalité de René Douet.

 

          Le blason de la ville ne fut plus que celui de la Champagne, jusqu’en 1970, année où les fleurs de lys réapparurent sous la municipalité d’Henri Terré, en place depuis 1947.

 

 

Une nouvelle présentation du budget fut alors adoptée, avec des armes dans un ovale, forme de blason datant du XVIII° siècle. Le blason est sculpté dans la pierre au fronton de l’hôpital des Hauts-Clos, 101 avenue Anatole France, inauguré en 1961.

 

 

Les couleurs bleu et or sont venues ajouter une note gaie qui contribue à rendre l’environnement agréable. La municipalité a fait peindre partout ce symbole de notre ville, sur des panneaux indicateurs…

 

 

           Un grand blason décore le réservoir d’eau en 1970, la piscine des Chartreux en 1974

 

 

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