La vie à Troyes


Annexion de Saint-Martin-ès-Vignes

Par un des plus anciens actes, le 3 mars 1100, le comte de Champagne Hugues, dans une assemblée publique tenue en la salle de son palais, fait don au monastère de Montiéramey de la justice du bourg de Saint-Martin-ès-Vignes, et de tout ce qu’il y possède.

         En 1260, l’évêque de Troyes, Nicolas de Brie, autorise les Trinitaires à laisser enterrer dans leur église, les corps des habitants de la paroisse de Saint-Martin, moyennant 100 sous de rente envers l’abbaye de Montiéramey.

         Dès le XIV° siècle, le voyeur du roi doit être appelé lorsqu’il s’élève de nouvelles constructions, et il perçoit un droit sur les nouveaux bâtiments. Si l’on élève la charpente hors de sa présence, une amende est encourue.

         En 1373, la ville de Troyes obtient du roi un mandement afin de « contraindre les manants et habitants de Saint-Martin, à venir faire et parfaire les fossés ». 

En 1431, le légat du pape est reçu à Troyes. « Le conseil, Mgr l’Evêque et les bourgeois, ayant chevaux, vont au-devant de lui au faubourg Saint-Martin ».

En raison de la servitude qu’entraîne le voisinage des fortifications, le bailliage de Troyes défend en 1497, de construire au faubourg Saint-Martin, aucun édifice pouvant servir d’habitation, à peine pour les contrevenants d’une amende de 100 marcs d’argent fin, de démolition des édifices construits « et de telle punition qu’il appartiendra ». Cette ordonnance est exécutée, car peu après, les voyeurs font démolir 2 maisons nouvellement construites.

C’est encore au faubourg Saint-Martin que le 23 mars 1564, les corps constitués de Troyes et les habitants vont au-devant du roi Charles IX et de sa nombreuse suite.

 En 1618, un arrêt du parlement supprime une procession que les chanoines de Saint-Pierre font à l’église de Saint-Martin-ès-Vignes, la veille de la fête du patron de cette église. Le curé leur donnait habituellement 3 coups de vin à boire : le premier et le troisième de vin rouge, et le deuxième de vin blanc et à chacun 6 chandelles de cire. Les jours gras, il devait aux enfants de chœur de la viande cuite avec des oignons, et les jours maigres, des harengs avec de la moutarde.

En 1661-1677, la chaussée allant de la porte de Preize aux Moulins-brûlés, est à la charge des habitants de Saint-Martin qui auraient voulu s’en débarrasser au profit de ceux de Preize et des Tauxelles.

En 1764 est décidée la construction de la chaussée de Saint-Martin à la porte de Preize.

La commune de Saint-Martin-ès-Vignes, enclavée dans le territoire troyen, favorise la fraude sur une échelle démesurée. Les agents de l’octroi, trop peu nombreux, restent impuissants.

En 1851, Troyes, devenue « cité tentaculaire », jette son dévolu sur la petite commune qui l’avoisine : Saint-Martin-ès-Vignes. Troyes en appelle au Conseil d’Etat et produit mémoires et observations que Saint-Martin refuse. D’abord le tribunal donne tort aux réclamants. La lutte dure pendant 46 ans. Saint-Martin se débat, mais n’en n’est pas moins absorbée, « comme une grenouille par un serpent ».

Sous Napoléon III, la ville connaît un dénouement favorable : Saint-Martin est tout simplement annexée à Troyes en sa totalité. Ce n’est pas de gaieté de cœur que la petite commune se jette dans les bras de la grande. On parle alors d’annexion, mot redoutable et réprouvé. Aujourd’hui, le terme serait : fusion.

Saint-Martin apporte « en dotte » une mairie-école flambant neuf, avec un local pour la pompe à eau et celle à incendie (construites de 1841 à 1844), le tout groupé autour de la place de l’église, avec le presbytère à proximité.. 

 

 

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