Religion


Le Petit Séminaire


Concile de Trente
Concile de Trente

 

Les Petits Séminaires, sont les fruits du Concile de Trente : 1545-1563.

 

Dans nos contrées, à peine les invasions germaniques ont-elles cessé leurs courses dévastatrices, que nos évêques s’empressent de réunir, autour de leurs cathédrales, dans des écoles appelées « épiscopales », l’élite de la jeunesse intelligente et pieuse. Les résultats sont merveilleux. Pour ne citer que quelques noms, dans notre diocèse, c’est de l’école épiscopale de saint-Loup que sortent des prélats tels que saint Sévère de Trèves, saint Alpin de Châlons-sur-Marne, saint Polychrome de Verdun. Plus tard, au VII° siècle, Régnégisile entretient de « bonnes écoles », et c’est lui qui forme saint Frobert, dont le monastère sera l’asile des belles-lettres, autant que de la piété. L’évêque Hervée prépare, pour l’évêché du Mans, Maurice, qui sera bientôt promis à l’évêché de Rouen, tandis que Jacques Pantaléon apprend, à l’ombre de la cathédrale de Troyes, la science et les vertus qui le feront asseoir sur le trône pontifical, sous le nom d’Urbain IV. C’est que, modestes d’abord, et ne comptant qu’un petit nombre d’écoliers, ces réunions de jeunes clercs s’étaient accrues avec le temps. Le cercle des connaissances à acquérir s’était également élargi, et, au moyen-âge, les « Petites Ecoles », dirigées par l’écolâtre de Saint-Etienne, enseignaient, avec les rites et les cérémonies religieuses, la lecture, l’écriture et le chant. La grammaire latine, s’apprenait dans les « Grandes Ecoles », avec le « Donat », qui précédait le «  Doctrinant » et les « Actores », sous la haute surveillance du chantre ou du sous-chantre de la Cathédrale, en attendant que, pour compléter les 7 arts libéraux, on pût y ajouter la dialectique, la rhétorique, la géométrie, l’astrologie, l’arithmétique et la musique. Cette instruction n’avait cependant pas pour objet exclusif la préparation au sacerdoce. Les Petites et les Grandes Ecoles admettaient toutes les catégories d’individus : l’enfant du peuple y coudoyait le futur magistrat. Mais le souffle qui dominait dans la direction des études était l’esprit religieux, et les vocations sacerdotales ne souffraient pas de ce contact journalier de condisciples visant à une carrière différente. Il faut lire le « Règlement » en 56 articles pour les classes troyennes, publié par l’évêque Jean Léguisé, en 1430. La partie disciplinaire n’est assurément plus de notre temps, mais nul ne désavouerait, même aujourd’hui, les détails relatifs aux maîtres et aux élèves, qui accusent dans leur auteur une grande expérience des hommes et des choses, et un talent supérieur pour provoquer et développer l’amour de la science et la pratique de la piété. Parallèlement à ces écoles épiscopales, mais obéissant au même courant religieux, existaient à Troyes et dans les environs, d’autres établissements scolaires. C’est ainsi qu’en 1449, le presbytère de Saint-André abrite plusieurs étudiants. Des écoles étaient ouvertes par les Cordeliers auprès de leur couvent, avant 1538, et, plus anciennement, en juin 1378, le pape Grégoire XI avait fondé, au n° 5 rue Charbonnet, une école qui, en 1536, appartenait encore à Saint-Pierre et recevait des élèves sous la direction d’un régent.  Néanmoins, il manquait à Troyes, comme partout, une maison spéciale, destinée exclusivement au recrutement du clergé. Le Concile de Trente rendit un décret prescrivant à chaque évêque de fonder dans son diocèse, pour les enfants d’environ 12 ans, offrant des marques de vocation, une école où pût se perpétuer le sacerdoce. Aucun ordre ne pouvait être plus agréable à l’évêque de Troyes, Claude de Bauffremont, prélat singulièrement dévoué au bien de son diocèse, d’ailleurs soutenu dans cette tâche par l’autorité royale elle-même. L’édit de Blois, rendu par Henri II en mai 1579, et celui de Melun, en février 1580, se prononçaient ouvertement pour l’établissement des séminaires. Les magistrats de la cité troyenne se prêtèrent de bonne grâce aux projets de l’évêque. Le maire de Troyes, Nicolas Dehaut, proposa, en 1590, l’érection d’un Collège-Séminaire. Le règlement de mai 1592, plaçait l’instruction entre les mains du clergé. Il devait y avoir une chapelle, un principal, un prêtre abécédaire, 4 régents de grammaire « portant bonnets et robes pendant leurs classes ». Ce projet, ainsi que 3 autres, n’aboutirent pas. Il faut arriver en 1681, pour rencontrer le véritable berceau du Petit Séminaire. L’abbé Chapelot, vénérable prêtre, qui a formé un établissement bénéficiant encore de l’ordonnance de Louis XIII de 1629, s’en ouvre à l’évêque de Troyes, Denis-François Bouthillier de Chavigny (1671-1697), qui l’encourage. En 1682, l’abbé Chapelot loue une maison rue du Bois (rue Thiers), et, dès la rentrée des classes, en octobre, il y rassemble plusieurs élèves qu’il envoie, moitié à Saint-Remy, moitié à Sainte-Madeleine, pour assister et servir à l’office. A partir de ce moment, tout en suivant certains cours au Collège des Oratoriens, les jeunes clercs demeurent en communauté sous la direction d’ecclésiastiques pieux et dévoués, qui cultivent avec zèle, les vocations sacerdotales. Cette maison a alors l’esprit et les allures d’un « Petit Séminaire ». Le 22 septembre 1695, par une ordonnance, François Bouthillier de Chavigny, à l’instigation du curé de Saint-Nizier, François Le Bey établit une communauté de jeunes clercs (au nombre de 24), qu’il appelle « Le Petit Séminaire ». En 1698, Louis XIV publie une déclaration pour l’établissement des Séminaires. L’évêque de Troyes, Bossuet, neveu de l’Aigle de Meaux, déploie un grand zèle pour la prospérité du Petit Séminaire. En 1742, Mgr Poncet de la Rivière, au moment du Jansénisme, prononce la fermeture du Petit Séminaire, qu’il rouvre en 1744, revenant aux saines doctrines de l’Eglise. Le fait saillant de l’épiscopat de Mgr Mathias Joseph de Barral (1761-1790), c’est la translation du Petit Séminaire, rue du Flacon (aujourd’hui rue Boucherat). Cette rue s’est alors appelée « rue du Petit Séminaire », à l’occasion d’un vaste hôtel dépendant de l’abbaye de Montier-la-Celle, converti ensuite en caserne en 1848, après le départ du Petit Séminaire (et qui maintenant est converti en école primaire), en avril 1774, où les séminaristes restent jusqu’à la Révolution. En octobre 1791, les scellés sont posés sur les portes du Petit Séminaire, et les biens sont attribués aux Hospices de Troyes. En 1792, 400 volontaires du département s’étant réunis à Troyes, sont casernés au Petit Séminaire, et les conscrits de 1793, venus à Troyes en nombre considérable, sont aussi placés au Petit Séminaire et à l’Arquebuse. Au même moment, 3.900 cavaliers arrivant à Troyes, on les loge également au Petit Séminaire. Ce bâtiment sert également de prison aux prêtres réfractaires, dont certains restent jusqu’en 1800 (en janvier 1910, le maire de Troyes y loge des personnes inondées). Mgr de la Tour du Pin n’ayant pu réussir à négocier la restitution du Séminaire, il décide d’accueillir dans son évêché les aspirants au sacerdoce. Les élèves de cet évêché-séminaire vont au collège municipal recevoir l’enseignement littéraire et scientifique, seule la formation spirituelle leur est donnée par quelques prêtres sous les yeux de l’évêque. L’évêché-séminaire dure jusqu’au 16 mars 1816. Ce jour-là, Mgr de Boulogne a la joie de voir aboutir les négociations laborieuses de Mgr de la Tour du Pin, et de rentrer en possession de l’immeuble de Notre-Dame-en-l’Isle. Il lui faut néanmoins maintenir la fusion des grands et petits séminaristes jusqu’au mois de novembre 1818, quand il aura pu acquérir les bâtiments contigus. Le Petit Séminaire connaîtra dès lors une existence distincte, que Mgr de Séguins des Hons rendra plus complète en 1831, par son installation dans l’ancien domaine des Antonins, puis des Ursulines, près de l’église de Saint-Martin-es-Vignes. Par suite de la loi de 1905 (séparation des Eglises et de l’Etat), les petits séminaristes sont recueillis généreusement par le Collège de l’Immaculée Conception, à Saint-Dizier. Mgr Le Couëdic entreprend  (au prix de combien de démarches, de peines !) la construction d’un Petit Séminaire modèle, aéré et spacieux, doté du, confort voulu, qu’il met sous le patronage de la Troyenne Sainte-Marguerite Bourgeoys. La première pierre est posée en 1952, et en 1954, le Cardinal Feltin préside à son inauguration.

 

         Ainsi se termine l’histoire de la première fondation du Petit Séminaire.

 

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