Religion


Participation du clergé aux affaires municipales


 

A Troyes, les établissements ecclésiastiques ont joué un grand rôle dans l’administration municipale.

 

A la fin du Moyen-Age, le clergé est très nombreux, et les abbés des prieurés font entendre leur avis sur les affaires de la cité.

 

En 1359, Pierre de Revel, abbé de Montiéramey, préside le conseil de ville en qualité de lieutenant de l’évêque.

 

Les bourgeois de Troyes aiment à solliciter les avis ou les bons offices des chanoines, des doyens de leurs chapitres. Les chanoines pendant des années, paraissent aux assemblées municipales, on a confiance en leur sagesse et leur désintéressement. De plus, ils sont plus cultivés que les gros marchands de la ville, nombre d’entre eux ayant fait des études juridiques, et étant licenciés en lois, en décret ou en théologie.

A cette époque troublée, l’évêque s’entend avec les administrations civiles pour défendre la cité. On voit peu à peu se former un gouvernement municipal qui comprend le bailli, l’évêque, le conseil de ville. Un moment, l’évêque devient même gouverneur civil et défenseur militaire, puisque Henri de Poitiers, véritable homme de guerre, est évêque et capitaine de Troyes de 1358 à 1368. A ce titre, il commande les troupes payées par la ville, c’est lui qui protège le conseil de ville naissant.

 

Au milieu du XV° siècle, le rôle de l’évêque Jean Léguisé équivaut à celui d’un véritable gouverneur de la ville, grâce à son ascendant personnel. Il intervient souvent aux réunions du conseil, donne son avis dans les cas graves… il est d’origine troyenne et fort populaire dans sa ville natale.

 

A plusieurs reprises, la situation politique de la ville dépend de l’attitude de l’évêque : Etienne de Givry est un des premiers à jurer le traité de Troyes et fait dire des messes pour le parti bourguignon.

 

Jean Léguisé persuade les habitants de se rendre au roi Charles VII et à Jeanne d’Arc qui assiègent la ville en 1429.

 

Le dévouement de l’évêque Louis Raguier au gouvernement de Louis XI est imité par les habitants de Troyes.

 

        Au nom de tous ses concitoyens, l’évêque correspond avec des chefs de guerre et avec le gouvernement du roi, il est le porte-parole des gens de Troyes devant les étrangers. Jean Léguisé intervient auprès du roi pour obtenir des suppressions de tailles ou des privilèges économiques pour ses concitoyens…

Le clergé jouit aussi de droits honorifiques : en cas d’assemblées, d’ambassades, de réunions diverses, il est nommé le premier dans les procès-verbaux (l’évêque, le doyen de la cathédrale, des chanoines, des abbés des principaux couvents…).

 

A partir de 1430, les ecclésiastiques sont élus en même temps que les laïques.

A partir de 1458, le clergé représente le quart du conseil.

Le clergé fournit aussi des locaux pour les réunions du conseil, et entreprend souvent pour lui, des voyages longs et fatigants, car les membres du clergé sont choisis à cause de leurs hautes relations, de leur valeur.

 

Cependant on peut nommer quelques brouilles entre la ville et le clergé, mais elles ne sont pas fréquentes et portent sur des questions minimes : ce sont des procès au sujet d’exemptions d’impôts, de guet et garde, de logement des gens de guerre, de questions de voirie… mais qui se terminent le plus souvent à l’amiable.

 

A Troyes, la ville entière est dans les mains du roi, ce qui explique que les membres du clergé peuvent s’entendre avec leurs concitoyens laïques, pour défendre leurs intérêts communs.

  

       

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