RELIGION


Abbayes, couvents, congrégations


Petites Sœurs de l'Assomption


« L’Assomption c’est bien entendu, l’enlèvement de Marie en plein ciel : celui qui s’en émerveille y lit son propre destin. Mais ce n’est pas une fête sans lendemain ». C’est ce que Dieu fit un jour comprendre à « 2 bourgeoises de la belle époque », à Troyes.

 

         Ces demoiselles s’appelaient Berthe et Jeanne Chapuy.

 

Elles avaient 70 ans. Longtemps elles avaient dirigé « les Elégantes »,  (« Miss élégante » aujourd’hui, à l’angle des rues Emile Zola et Général Saussier), magasin de nouveautés alors « interdit aux petites payes ».

 

         Elles s‘étaient retirées place Jean Jaurès, dans une maison que leur charité allait rendre historique.

 

         Elles occupaient leurs loisirs à la visite des pauvres.

 

         Un jour qu’elles arrivaient dans un fond de cour, elles furent accueillies par les jurons d’un manœuvre en colère et qui menaçait d’en finir au gaz avec sa femme alitée (un phlegmon mal placé !) et ses enfants qui pleuraient.

 

Entre temps, elles assistaient aux manifestations communistes qui se déroulaient sous leurs fenêtres et que la garde à cheval dispersait sans ménagement : c’était vers 1920.

 

Elles voulaient faire quelque chose pour ces « brebis sans pasteur », donner leur maison pour qu’elle soit leur foyer. Mais elles ne savaient comment s’y prendre. Leur curé, un chanoine d’un autre âge, intelligent et direct, leur dit tout net : « donnez donc votre maison aux Petites Sœurs de l’Assomption, et mettez dans la lettre un billet pour le voyage ! Elles n’ont pas le sou ! Elles viendront voir ».

 

Les « vieilles filles » obéirent à leur curé, le brave abbé Brusson.

 

         Et c’est ainsi qu’après 3 ans de négociations, en grande pauvreté et difficultés, les petites sœurs s’installèrent place Jean Jaurès, le 23 septembre 1925.

 

         Les veilles demoiselles se retirèrent dans une maison de famille à Arcis. Elles y moururent « rassasiées de jours », à l’âge de 90 ans ! On les y enterra sans discours, mais l’Assomption vivait à Troyes.

 

         Les petites Sœurs de l'Assomption avaient été fondées en 1865, alors que l’Europe réalisait dans la misère ouvrière une mutation industrielle colossale. C’est à  elle que se heurta Etienne Pernet, un religieux assomptionniste, frappé par ces détresses qu’il ne connaissait même pas de nom : abandon des malades, solitude des faibles, désagrégations des familles dont tous les membres étaient accablés de travail, enfants y compris, saleté des taudis, misère que nulle espérance religieuse n’éclairait plus.

 

         Les chrétiens de l’époque affrontaient généralement ces situations par la charité et l’aumône. L’inspiration du P. Pernet, ce fut de comprendre qu’il ne s’agissait pas tant de donner quelque chose aux pauvres que de se donner soi-même !

 

Il fallait aider ces familles humiliées à se remettre debout, ces malades à rester chez eux, là où ils étaient aimés, ces foyers cassés à se reconstituer, ces « baptisés tristes à retrouver leur fierté de fils de Dieu ».

 

         C’est pour « assumer » toutes ces misères au jour le jour que le Père fonda l’Assomption. 

 

Des filles se groupèrent autour d’une ouvrière infirme, admirable et émouvante : Antoinette Fage. Leur consécration à Dieu sera absolue. Leur total dévouement aux familles en détresse en sera la marque : servir, soigner, emmailloter, faire le ménage et la cuisine, assister les mourants, multiplier les gestes d’amitié, telle sera pour elles « l’annonce de Jésus-Christ ».

 

         Depuis la seconde guerre mondiale, la Société s’est structurée : le travail des Petites-Sœurs de l'Assomption s’inscrivit alors dans un métier : travailleuse familiale, infirmière, travailleuse sociale.

 

La collaboration de la sécurité sociale avec tous ceux qui travaillent au bien des familles est leur vocation de service.

 

         En octobre 1967, la communauté quittait la place Jean-Jaurès pour la rue Victorien Sardou : 30.000 habitants dans les quartiers ouvriers de Sainte-Savine, les Noës, La Chapelle-Saint-Luc et Saint-Martin, où elle restera jusqu'en 1986, tandis qu'une autre communauté s'installait dans un H.L.M. de la Chapelle Saint-Luc, de 1971 à 1993, avant de quitter Troyes définitivement.

 

Une cousine de mon épouse, Marie-Madeleine Loiselet, petite sœur de l’Assomption place Jean Jaurès, novice depuis 1923, est décédée le 3 juillet 1925, à l’âge de 26 ans, après avoir été contaminée par des malades qu’elle soignait. Elle avait été transférée à l'infirmerie de la Maison Mère à Paris, et comme elle n’avait pas encore fait ses vœux, elle a été enterrée dans le caveau familial à Troyes le 7 juillet. A sa naissance le 7 novembre 1925, on a donné à mon épouse comme deuxième prénom Madeleine, en souvenir de sa cousine.

 

Actuellement, les Petites Sœurs de l'Assomption poursuivent leur mission auprès des familles ouvrières et pauvres. Elles sont présentes sur les 5 continents, dans 20 pays avec de nouvelles fondations à Madagascar, en République Démocratique du Congo, au Vietnam, au Burkina Faso...

 

 


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