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Le Couvent de la Visitation


L’évêque de Troyes, René de Breslay, voulant employer les religieuses de la Visitation de Sainte-Marie pour réformer les Filles-Pénitentes de l’Hôpital Saint Abraham, profite du voyage de Louis XIII, à Troyes en 1630, pour obtenir la permission de les y établir.

En effet, n’ayant pas été consulté, et estimant Troyes suffisamment pourvue de communautés, le maire leur avait interdit l’entrée de la ville.

 

Ce n’est donc que le 14 mai 1631, que 4 sœurs et 2 novices arrivent en carrosse et entrent dans la maison des Filles-Pénitentes. Elles s’installent tout d’abord à la Commanderie du Temple (où est actuellement le cours Saint François de Sales), puis faubourg Croncels.

 

Saint François de Sales reçoit le vœux des 3 premières mères de la Visitation : sainte Jeanne de Chantal, mère F… et mère J. de Brécharel.

Elles s’installent à la Piolée, où la première pierre est posée le 7 décembre 1633, au nom du roi, par Monsieur de la Fémas intendant de Champagne, avec l’inscription suivante: " Cette Pierre fondamentale de l’église et monastère de la Visitation de Sainte-Marie, a été posée au nom du roi très-chrétien Louis XIII, roi de France et de Navarre, fondateur dudit monastère, par messire Isaac de la Fémas, conseiller de Sa Majesté en les conseils d‘état et privé, maître des requêtes ordinaire de son hôtel, et intendant de la justice, police et finances ès provinces de Champagne, la bénédiction et cérémonie requises faites et observées par messire René de Breslay, évêque de Troyes...".

 

La Cour de France, pour construire le monastère, fait un don de 6.000 livres.

16 religieuses s’installent le 17 octobre 1635.

Elles ont la joie de recevoir le 12 avril 1636, la visite de sainte Jeanne de Chantal.

 

Des centaines de religieuses vont se succéder dans ce monastère, l’éducation chrétienne sera dispensée à des milliers d’enfants, l’essor de très nombreuses oeuvres sociales prendront naissance grâce à ce monastère.

 

En 1649, Louise-Marie de Gonzague, reine de Pologne, épouse du roi Casimir, désire avoir dans ses états une maison de religieuses " qui voulussent retirer chez elles des filles pénitentes, jeta les yeux sur les Visitandines, chargea Monsieur Desnoyers, secrétaire de Sa Majesté et mademoiselle de Lamoignon, de traiter de cette affaire avec les religieuses de la Visitation... ".

La proposition est agréée par le pontife et par les religieuses. " Pour compléter le nombre de 12 désiré par la reine on s’adressa aux Visitandines de Troyes qui entrèrent dans les pieuses vues de cette princesse, et donnèrent 7 religieuses. "

Après de multiples péripéties, elles arrivent à Varsovie le 30 juin 1654. La reine les reçoit avec une joie inexprimable, et leur témoigne la satisfaction la plus parfaite et l’affection la plus tendre.

Elles apprennent alors que cette princesse ne destine plus leur maison pour des filles pénitentes, qu’elle aime mieux prévenir les désordres par une sage éducation, et qu’elles sont préposées à l’instruction des pauvres petites filles, pour laquelle " elles tiendraient des écoles par 6 tourières consacrées à cette fonction ".

Elles sont mises en possession de leur monastère avec la plus grande solennité et " avec une pompe vraiment royale ".

La mère Claude-Agnès Camusat du couvent de Troyes, est deux fois supérieure de la maison de Varsovie, et y meurt en odeur de sainteté.

 

En 1844, Marie Chappuis rejoint Troyes, où la communauté l'a rappelée avec ferveur et insistance comme supérieure. Elle s'en remet à la Providence, cette dernière ne l'ayant jamais abandonnée par la suite. C'est ainsi que miraculeusement elle peut agrandir le monastère et restaurer la chapelle. Troyes porte beaucoup de fruits, et le Bon Dieu y montre clairement sa volonté, accomplissant en elle ce qu'elle écrivait quelques années plus tôt : " J'ai vu que j'aurai le fruit et les effets de la vie contemplative et active ".

Elle trouve alors un monastère vivant, un pensionnat en plein essor, et elle va y remettre tout son cœur. De suite ses filles trouvent en elle une vraie mère, faisant " tout par amour et rien par force ", même si ce n'est pas sans effort qu'elles retrouvent tout d'abord l'esprit d'obéissance et d'abandon cher à la Visitation imposé par leur nouvelle mère. Mais les fruits sont si rapides qu'elles se mettent bien vite à sa suite, et ce n'est pas sans raisons qu'elle sera surnommée la " Bonne Mère " par les habitants de Troyes.

Un jour, elle voit un jeune séminariste accompagnant un prêtre venu donner le Sacrement des malades à une religieuse. Le Seigneur s'ouvre alors à elle, et la mère confie au prêtre : " Vous nous avez amené aujourd'hui notre confesseur. Il faut nous le réserver car Dieu nous l'a choisi ". Et en effet, ce jeune séminariste, M. l'abbé Brisson, sera aumônier et confesseur de la Visitation 44 ans durant.

S'est réalisé le voeu que formulait la Mère Marie-Jacqueline Favre : " Nous espérons, avec la grâce de Dieu, que ces commencements seront suivis d'un heureux progrès, et que cette oeuvre réussira à la gloire de Dieu. Qu'il en soit béni à jamais... Ce 9 juillet 1631 ". 

Aujourd’hui, après 381 ans de présence à Troyes, la Visitation Sainte Marie est toujours un ordre contemplatif cloîtré, les sœurs se consacrent entièrement à Dieu, abandonnant la vie dans le monde, pour une vie communautaire, chacune dépendant des autres.

 

Elles ont été regroupées, mais ne sont plus que 11, et assez âgées.

 

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