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Abbaye Royale de Saint Loup


Elle est fondée en 560, du vivant de ce grand évêque.

En 841, Charles le Chauve la visite et la dote de terres aux abords de Troyes.

Les comtes Thibaud 1er et Hugues, son fils, multiplient en sa faveur les exemptions de charges féodales.

L’abbaye Royale de Saint-Loup est souvent confondue avec celle de Saint-Martin-ès-Aires, qui portait le même nom, avant sa destruction par les Normands.

Elle ne fut d’abord, qu’une chapelle connue sous le nom de Notre-Dame de la Cité.

Elle doit son origine à la translation des reliques de Saint-Loup et à la transmigration des religieux, après les ravages des Normands qui la pillent et brûlent en 887 et 892, les habitants fuyant Troyes.

L’abbaye se transporte au centre ville, dans le voisinage de la cathédrale et, jusqu’à la Révolution, tient une place importante parmi les grandes familles religieuses du diocèse.

Les religieux de cette abbaye vivent d’abord en chanoines sous la conduite d’un prévôt, jusqu’en 1114.

Thibaut II, comte de Champagne, enchanté de la vie exemplaire des religieux de Saint-Martin-ès-Aires, réunit en 1135, Hatton, évêque de Troyes, Hugues II, évêque d’Auxerre, saint Bernard, abbé de Clairvaux et Guillaume, abbé de Saint-Martin, et établit dans la maison de saint Loup, la règle de saint Augustin.

Le pape Innocent III félicite le comte de Champagne, l’évêque de Troyes, et l’abbé sur son administration, et " lui manda par une bulle, que si cette abbaye venait à s’éloigner de la régularité, elle serait réformée par celle de Saint-Martin, et celle-ci, par celle de Saint-Loup; que si elles y manquaient toutes les deux, les abbés de Clairvaux et de Pontigny les réformeraient l’une et l’autre ".

En 1147, plusieurs bâtiments sont construits, et surtout la maison des hôtes appelée La Salle.

En 1161, le comte de Champagne Henri 1er, " rempli d’estime et d’affection, confirma à cette abbaye toutes les donations qui lui avaient été faites par le comte Hugues son grand oncle, et lui accorda de nouveau pleine franchise et liberté, exemption de justice et de toutes gabelles pour les servants qui s’adonneraient au commerce ".

En 1184, Henri II confirme lui aussi les donations de ses prédécesseurs, et accorde de nouveaux droits à l’abbaye.

En 1209, la piété des chanoines réguliers de Saint-Loup est si connue, que l’on fonde, " à leur considération, l’abbaye ou prieuré de Saphadin, sous le nom de Saint-Sauveur au diocèse de Mothon dans l’Achaïe, où l’on mit pour premier prieur Thierry, prêtre et chanoine de Saint-Loup ". Cette nouvelle abbaye reçoit des bienfaits de Geoffroy de Villehardouin (qui a écrit l’histoire de l’expédition de Constantinople), sénéchal de Romanie.

L’église de Saint-Loup est dédiée en 1425.

En 1487, l’abbé obtient du pape Innocent VIII, le pouvoir d’officier " pontificalement et de conférer la tonsure et les quatre ordres mineurs à ses religieux ".

En 1496, il fait faire une châsse neuve pour les reliques de Saint-Camélien, évêque de Troyes (479-536).

En 1503, est terminé le magnifique reliquaire, chef-d'œuvre d’orfèvrerie, devant renfermer les reliques de saint Loup : " Ce reliquaire contient en émail les gestes du saint évêque; il est d’une grandeur extraordinaire, d’une matière très riche et d’un travail immense; les ornements ne cèdent en rien au reste. Le cardinal de Bouillon avoua qu’il n’avait rien vu de si beau en Italie, et le Père Mabillon, passant à Troyes, dit qu’il n’avait vu que le chef de saint Lambert à Liège qui pu s’en approcher. "

En 1534, l’abbaye de Saint-Loup est mise en commende, et Odard Hennequin, évêque de Troyes, en est le premier commendataire.

En 1636, l’abbé J.B. Aristide de Modene, septième commendataire, introduit dans cette abbaye la réforme de la Congrégation de France, provenant de sainte Geneviève de Paris.

En 1652, les murs de pierre sont solides, mais les autres sont prêts de s’écrouler : " les dits religieux sont mal logés, et leurs chambres ont mines et formes de prison plutôt que retraites à des religieux ". Les travaux ne sont adjugés qu’en 1663.

En 1654, elle reçoit encore une nouvelle réforme, lorsque le cardinal de la Rochefoucaud est chargé par le roi et par le pape de travailler à " la réformation des abbayes " en France.

L’abbaye de Saint-Loup " se glorifiera toujours d’avoir eu pour abbé Joachim Fautrier. C’était un homme de beaucoup d’esprit, qui, d’abord avocat au parlement de Paris, fut employé par Louis XIV, dans des négociations importantes, où il s’acquit une brillante réputation. Il fut intendant du Haynaut, et quitta en 1688 pour se livrer à l’étude des lettres qu’il cultiva avec succès ".

En 1721, l’abbaye essuie un incendie, détruisant l’infirmerie et quelques maisons voisines. Ce n’est qu’en 1737 que les travaux de réhabilitation sont commencés et terminés en 1740.

En 1763, la foudre tombe sur la tour.

De 1793 à 1795, une quinzaine de prêtres réfractaires et 17 insermentés sont internés à l’abbaye Saint-Loup.

En 1796, la municipalité de Troyes fait dresser un état des bâtiments nationaux : Saint-Loup est à démolir !

 

Le seul bâtiment existant aujourd’hui abrite les collections d’archéologie locale antique dans sa belle cave, le musée d’histoire naturelle au rez-de-chaussée et, avant son transfert à la médiathèque, le fonds ancien de la Bibliothèque municipale dans la magnifique salle du 1er étage.

 

Très longtemps, en mémoire de ce que saint Loup délivra la ville de Troyes de la fureur d’Attila, tous les ans le 29 juillet, fête de ce saint " la procession de l’abbaye s’arrête à la porte qui, de son temps, fermait la ville auprès de l’Hôtel-Dieu. La châsse est placée sur une table préparée à cet effet, et l’on chante... ".

 

 



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