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Abbaye Royale de St-Martin-ès-Aires


 

Troyes était riche en abbayes, mais bientôt celle St Loup devient Musée, Notre-Dame-aux-Nonnains Préfecture, les Cordeliers prison, les Jacobins gymnase… seule celle de St-Martin-ès-Aires subsiste.

 

C’est le plus ancien monument religieux de la ville. Un cimetière gallo-romain puis mérovingien est situé dans l’enclos du couvent.

 

En 429, à son retour d’Angleterre, saint Loup y fonde une école qui acquiert une grande réputation.

 

La chapelle primitive, premier monument élevé à Troyes en l’honneur de la mère de Dieu, est construit par l’évêque saint Urse, et saint Loup y est inhumé dans la chapelle dédiée à saint Vorles. Les nombreux miracles qui s’y opèrent alors, font changer le nom en Oratoire ou Basilique de saint Loup.

Après une lutte fort longue, les trois petits-fils du roi des Francs Clovis se "  promirent amitié " à Troyes, sur le tombeau de saint Loup. Les rois Gontran, Chilpéric et Sigebert, prêts à en venir aux mains sous les murs de Troyes, se réunissent dans cet Oratoire et y jurent la paix sur les reliques de saint Loup, en 570.    

 

En 1104, Gérard, prévôt de saint-Loup, encouragé par l’évêque de Troyes Philippe de Pons et le pape Gélase II, fonde la nouvelle abbaye de Saint-Martin-ès-Aires, c’est-à-dire aeris, dans les champs, dans les bâtiments du plus ancien monastère de Troyes, datant du IX° siècle, et occupés par des chanoines de l’ordre de Saint-Augustin, dont il s’engage à suivre la règle.

Son successeur Guillaume (bulle d’Innocent II de 1136), fait fleurir la piété dans sa communauté, et bientôt on sollicite ses prières. Alors, les largesses des fidèles, et les libéralités des comtes de Champagne subviennent à ses besoins.

C’est lui qui fait ouvrir la châsse de saint-Loup, montre au peuple son corps, et lui en fait une nouvelle à ses frais, avec l’accord de l’évêque Henri de Carinthie.

 

Le pape Innocent III reconnaît l’abbaye en 1207, et la soumet à l’autorité de l’évêque Hervé et de ses successeurs.

En 1231, elle est gouvernée par des religieux du Val-des-Ecoliers, envoyés à Troyes par saint Louis, qui les avait créés en mémoire de la fameuse bataille de Bouvines, gagnée par son aïeul Philippe Auguste.

En 1233, le pape Honorius III demande au père abbé d’excommunier ceux des vassaux de Blanche et de Thibaut IV, qui cesseraient de leur être fidèles.

 

François Primatice, célèbre architecte et peintre italien, est nommé abbé commendataire de Saint-Martin-ès-Aires par François 1er en 1544, bien qu’il ne soit honoré du sacerdoce. Homme illustre par son grand talent, mais étranger à la vie monastique et très familier avec les sujets érotiques et mythologiques. Nous lui devons la châsse de Sainte-Maure. 

 

En 1643, cette abbaye est réformée par le cardinal de la Rochefoucault, envoyé du Saint Siège, pour la réforme des religieux en France. Elle reste de l’ordre des chanoines réguliers de saint Augustin, de la congrégation de France dite de sainte Geneviève.

Les bâtiments tombent en ruine au XVII° siècle, et sont reconstruits en 1656, mais terminés seulement en 1759.

 

La loi de 1790 ayant supprimé les instituts religieux, l’abbaye est vendue en 1791. Dans une partie s’installent les orphelines des hospices de Saint-Abraham et de la Providence, fondées par le curé de Saint-Nizier en 1703 et dirigées par les Dames du Sacré Cœur, pour les filles réduites à mendier et exposées à tous les dangers d’une vie errante.

 

La bibliothèque compte 1.124 volumes.

 

L’église est démolie et une chapelle de style roman est construite en 1861.

 

En 1907 le Grand Séminaire s’installe dans une partie de l'ancienne abbaye, devenue pensionnat de jeunes filles dirigé par les Dames des S.S. Coeurs, que la loi de 1901  a dispersées. Dans l’autre partie s'installe une carderie et filature de coton.

 

Lorsque l’on arrive, il y a un joli portail du XVII° siècle qui précède une cour délimitée à droite par la chapelle de l’ancien Couvent des Sacrés-Cœurs (Institut Saint-Loup), en face et à gauche, par les bâtiments de Saint-Martin-ès-Aires.

 

Passée la porte à fronton brisé, surmontée du blason martelé de Gilbert de Choiseul, abbé de Saint-Martin-ès-Aires de 1629 à 1678, on se trouve aussitôt dans le cloître, de forme carrée.

 

Aujourd’hui, St Martin ès Aires accueille l’Institut Universitaire des Métiers.

 

 

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