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Abbaye Notre-Dame des Prés  


Abbaye de Clairvaux
Abbaye de Clairvaux

Dernière parente de Clairvaux dont elle adopté la règle et la direction, et l’un des rares monastères de femmes de notre diocèse : l’abbaye de Notre-Dame des Prés ou du Pré-Notre-Dame.

Installée, lors de sa fondation en juillet 1230, à Chicherey (au bas de l’actuelle rue des Dames), au territoire de Sainte-Savine, dans une grange appartenant à Etienne de Champguyon, elle s’est transportée peu de temps après sur celui de Saint-André où d’intéressants vestiges en subsistent.

Elle nous est sympathique à un double point de vue. D’abord parce que, fidèle à une idée très chère au saint abbé de Clairvaux qui détestait le régime de l’exemption, elle fut soumise à la juridiction de l’évêque et s’engagea à ne solliciter du Pape « aucun privilège ou honneur pouvant préjudicier à l’Eglise de Troyes, soit au spirituel, soit au temporel ». Fidélité qui n’était pas sans risques. Le jour, en effet, où, pour des raisons d’intérêt sans doute, l’abbaye de Montier-la-Celle, forte de son attachement direct au Saint-Siège, pria le Pape d’expulser la nouvelle venue, celle-ci avait tout à craindre.

Le Pape Grégoire IX, au contraire, donna tort à l’abbaye dont il était le maître et confirma les droits d’existence des moniales (1234) exemptes de sa juridiction.

On regrette l’incident, pour le bon renom de la grande abbaye de Saint-Frobert, mais cet exemple de l’impartialité pontificale ne peut que réjouir : il était si difficile, même au Pape, de se montrer indépendant, à cette époque, des rivalités d’influence !

En second lieu, nous ne saurions oublier que la mère de notre concitoyen le pape Urbain IV y fut religieuse et inhumée par les soins de son fils.

Urbain IV, en 1263, fonda un anniversaire pour lui-même à Notre-Dame-des-Près et, l’année suivante, lui faisait un don de 5.000 florins pour aider à la reconstruction de l’église.

Le comte Thibaud V, cher au pape troyen, ne pouvait être moins généreux : il lui fit, en avril 1270, diverses largesses et fonda également un anniversaire dont sa mort, quelques mois plus tard (décembre 1270), devait le faire bénéficier.

         Pendant le XIII° siècle, malgré de multiples tracasseries séculières et ecclésiastiques, l’abbaye de Notre-Dame-des-Prés prospéra sans ses biens et dans son recrutement. Puis, dans le chaos où s’agitèrent hommes et nations pendant les XIV° et XV°, l’abbaye vit la multiplication de ses procès et les donations s’amenuisèrent. Les luttes intestines dont souffrit la France au XVI° siècle ne firent encore qu’accroître la situation désastreuse du moustier.

Cette décadence matérielle fut aggravée par l’oubli de l’idéal religieux des premiers siècles cisterciens.

Au XVII° siècle, le domaine était dans un grand état de délabrement et, Marie de la Chaussée, abbesse et femme de tête, entreprit courageusement de relever l’abbaye de ses ruines.

Les abbesses qui lui succédèrent poursuivirent son dessein, tant bien, que mal. Mais il était trop tard, car l’abbaye allait disparaitre. Il restait 11 religieuses à la Révolution.

L’abbaye fut vendue à Pierre Bréon en 1791 pour 32.200 livres.

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THIBAUD V
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