Abbayes, Couvents, Congrégations...



Abbaye Royale de Notre-Dame-aux-Nonnains


Dès le III° siècle, sous l’influence des prédications de saint Savinien, il faut placer la création d’un collège de femmes, ayant à sa tête " une princesse de sang royal, possédant de grands biens ", chargées d’entretenir le feu sacré d’un temple païen, les Vestales.

Ce temple était situé sous les murs de la cité des Tricasses.

Il devient une célèbre abbaye de femmes, par son réformateur saint Leuçon (évêque de Troyes 651-656), qui a l’idée de réunir des veuves et des jeunes filles converties par lui au christianisme.

Elle est placée, en 657, sous l’invocation de la Vierge de l’Assomption et sous le nom de Notre-Dame, dite aux Nonnains.

Elle donne un de ses châteaux pour servir d’habitation à l’évêque. Ce dernier fait vivre les religieuses en communauté, et en fait d’abord des chanoinesses non cloîtrées.

Les immunités singulières, les privilèges considérables, dont jouissent les abbesses et les religieuses pendant une longue suite de siècles, expliquent son antique origine.

Les paroissiens n‘ont pas l’usage des cloches et ne possèdent qu‘une partie du cimetière en payant certains droits à l‘abbesse...

L’abbesse et les religieuses de Notre Dame aux Nonnains sont honorées du titre de patronnes de la ville.

Tous ces privilèges ne peuvent s’expliquer que par l’antiquité de la fondation, remontant à une époque antérieure à l’établissement du siège épiscopal de Troyes et à l’organisation diocésaine (Saint Amateur est en 340, le premier évêque de Troyes).

Le comte de Champagne Henri le Libéral, fondateur de Saint Etienne, prend l’abbaye de Notre-Dame sous sa protection, et la comble de biens et de fondation épiscopale.

Elle devient une maison ou abbaye royale.

Il semblerait, par les bulles du pape, qu’elle aurait pu autrefois, dépendre directement du Saint-Siège.

L’incendie de 1188, qui consume la moitié de la ville de Troyes, brûle une grande partie de ce monastère qui y perd beaucoup de titres et de papiers. La plupart des religieuses sont " étouffées dans les flammes ".

Notre pape Urbain IV, voulant laisser à sa ville natale une marque d’affection et de magnificence, demande aux religieuses de Notre-Dame-aux-Nonnains de lui céder l’emplacement de l’échoppe de savetier de son père pour y bâtir une collégiale. Les travaux sont interrompus en 1266 et 1268, en raison de l’opposition des religieuses de Notre-Dame-aux-Nonnains, qui saccagent le chœur et le transept. Excommuniées par Clément V, elles se soumettent en 1283.

En 1361, le roi Jean ratifie les donations du comte Henri II.

Les maisons religieuses ne sont pas à l’abri des désordres. En 1448, une religieuse y devient mère. Ce fait provoque une série d’actes de procédure, d’informations et d’excommunications, motivés moins sur le fait, qu’en raison de la lutte qui s’établit entre l’évêque et l’abbesse.

L’abbesse Catherine de Courcelles fait embrasser à ses religieuses la règle de saint Benoît, et les cloître en 1518.

L’abbesse Claudée de Choiseul, fille de Choiseul Praslain, maréchal de France, établit une nouvelle réforme, en 1542, une clôture plus étroite, et fait mettre des grilles aux parloirs et à l’église.

En 1640, pendant la procession du dimanche du Rosaire, Marguerite Bourgeoys passe devant le couvent, regarde une sculpture de la Sainte Vierge au-dessus du portail, et se sent " si touchée et si changée qu’elle ne se connaissait plus ". Cet événement marque un tournant dans sa vie personnelle et mène à la création de la Congrégation de Notre-Dame.

Le duc d’Orléans, régent, règle, en 1721, une partie des dettes que les religieuses " avaient été forcées de contracter ".

En 1724, l’abbesse madame de la Chaussée d’Eu d’Arrêt, explique au roi Louis XV, le triste état des revenus de son monastère. Le monarque les honore de sa protection et unit le prieuré de Saint Géôme de l’ordre de Saint-Augustin.

Madame de Montmorin, abbesse, ayant exposé à Louis XVI le mauvais état de son monastère, ce monarque accepte, en 1776, de lui accorder une somme considérable pour contribuer à la reconstruction.

Madame Victoire de France, tante du roi, accepte de poser la première pierre des nouveaux bâtiments, et demande à madame la marquise de Montmorin, d’y accompagner madame la comtesse d’Artois, belle sœur du roi. Cette cérémonie se fait le 30 avril 1778, " avec le plus grand appareil, Monseigneur l’évêque y officiant en habits pontificaux, et tous les corps de la ville ayant leurs députés, ainsi que Messieurs de l’État Major des gardes du roi en garnison à Troyes. Dans la pierre qui faisait l’objet de la cérémonie fut incrustée une boîte de plomb renfermant une plaque sur laquelle sont gravées les armes de madame Victoire, celles de madame la marquise de Montmorin et celle de madame l’abbesse, avec une inscription qui exprime le bienfait du roi et la pose de cette première pierre. Dans cette boîte furent aussi renfermées deux médailles frappées pour la ville de Troyes en mémoire du titre de capitale de la Champagne que le roi lui confirma à son sacre en 1775 ".

En reconnaissance du bienfait de Louis XVI, madame l’abbesse et la communauté fondent annuellement et à perpétuité une messe solennelle, pour le roi, madame Victoire et la famille royale.

 

La loi de 1790 supprimant les instituts religieux, en 1791, l’abbaye est vendue.

En 1796, la municipalité demande la démolition de l’église de Notre-Dame-aux-Nonnains, et occupe une partie de l’abbaye pour l’administration du département, l’autre, pour en faire un dépôt des métaux de la République.

La préfecture de l’Aube occupe depuis 1794 le site de l’ancienne abbaye.

 

 

Préfecture de l'Aube

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