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Abbaye de Montier-la-Celle


Cette abbaye est une des plus illustres de France. Elle a toujours été reconnue pour " l’une des plus importantes abbayes de Champagne, de France, d’Europe ".

Elle est fondée vers 650, par saint Frobert.

 

C’est le roi Clovis II et sa femme la reine sainte Bathilde qui donnent à cet établissement " dix bonniers de terre " (13 hectares) du lieu dit l’Île Germaine (territoire de Saint-André).

 

Saint Frobert bâtit une église dédiée à Saint-Pierre. Au début, ce n’est, autour de cet oratoire, qu’un modeste groupement de cellules, d’où son nom de Celle. Le monastère prend alors le nom de Saint Pierre de Celle (en raison du titulaire de l’église, le Prince des Apôtres).

 

A la mort de Clovis II, saint Frobert obtient une charte de confirmation de sa veuve, et de son fils et successeur Clotaire III roi de Neustrie.

La prospérité matérielle de cette abbaye est très importante, en raison des donations de rois, de seigneurs, de particuliers (en 733, un particulier lui donne tout ce qu’il possède, dont des vignes dans une dizaine de villages), qui font d’elle une des plus influentes et des plus riches maisons religieuses de France.

En 750, quand l’un des moines, saint Bobin devient évêque de Troyes, le monastère prend son nom: Celta Bobini.

 

En 859, Charles le Chauve, lors de son séjour à Troyes, confirme les possessions de cette abbaye, et y ajoute des donations personnelles.

 

En 872, l’évêque de Troyes Ottulphe, à la demande des religieux de Montier-la- Celle, relève le corps de saint Frobert et " lui rend solennellement les honneurs dus à sa mémoire ".

 

En 877, Charles le Chauve donne à nouveau des propriétés et forêts à l’abbaye.

 

Parvenus au trône de France en 987 avec Hugues, les Capétiens poursuivent la même politique de protection des monastères, sur lesquels ils pouvaient s‘appuyer contre les grands vassaux.

La prospérité matérielle de cet établissement n’est pas moindre que sa ferveur monastique, dont témoignent les noms de saint Bobin et plus tard, de saint Robert.

 

En 1048, le roi Henri 1er permet au comte Thibaut 1er de donner à Montier-la-Celle l’église Saint-Ayoul de Provins. Les moines y arrivent sous la conduite de leur prieur Robert, jeune troyen, fondateur de l’abbaye de Molême en 1075, et de celle de Citeaux en 1098, d‘où l‘origine des statues, si nombreuses en Champagne, qui représentent saint Robert tenant dans ses mains les deux monastères : " Par Robert, Montier-la-Celle est - sans doute malgré lui - à l’origine d’une des plus grandes aventures spirituelles de l’humanité. ".

 

En 1114, le comte de Troyes, Hugues, expédie un acte très important pour Montier-la-Celle, qu’il dote, en particulier, de revenus sur les tonlieux des foires de Troyes.

 

C’est à l’abbaye de Montier-la-Celle que Bernard se retire, et d’où il part en 1115 pour fonder Clairvaux.

 

De nombreuses aumônes accroissent régulièrement le temporel de cet établissement, tant en églises, que villages, dîmes, hommes de corps, tonlieux, maisons à Troyes, granges, fours, moulins, vignes, justices, cens, rentes et autres droits.

Mais aussi du fait des papes Pascal II, Innocent II, Anastase IV, Alexandre III, Clément III, Grégoire IX, de 1107 à 1230, ou des évêques de Troyes, Henri de Carinthie et surtout Manassès de Pougy.

 

Après s’être appelé quelques temps Cella Nova, le monastère prend son nom définitif de Montier-la-Celle, en 1332.

En 1387, est nommé abbé de l’abbaye, Henri de Vienne qui, abbé de Faverney et fait prisonnier de pirates turcs, écrit en captivité un traité sur le mariage en pays infidèle.

 

Le roi Charles VII accorde en 1432 aux religieux " sur les dîmes des vins croissants environ ledit lieu de Troyes, a eux appartenant, la tierce partie, qui peut valoir et monter par chacun la somme de douze livres dix solz tournois ou environ, qui est peu de chose... jusque au temps et terme de six ans... pour leur aider a vivre en faisant le divin service en ladite église et pour faire les réparations nécessaires en leurs autres maisons et édifices... ".

 

En 1441, Montier la Celle saisit l’occasion de la présence de Charles VII à Troyes, pour lui présenter une nouvelle supplique.

A la fin du Moyen Âge, les moines de Montier-la-Celle ne se recrutent plus parmi les cadets de la noblesse, mais dans la bourgeoisie marchande et de robe (comme les Mauroy, Marisy, Mesgrigny, Molé), qui vont se substituer à elle.

On doit aussi à l’abbaye de Montier la Celle, la création de nombreux prieurés (19 au XII° siècle), de collations de cures (" elle nommera à 31 églises paroissiales ").

 

Au XII° siècle, Montier-la-Celle " a produit et élevé des hommes illustres dans son cloître, en un haut degré de doctrine et de sainteté... nous trouvons qu’elle a donné des patriarches aux ordres réguliers, des archevêques aux métropoles, des évêques aux diocèses, des abbés aux monastères... ". L’abbaye compte en effet des personnages illustres dans la théologie, les lettres, la philosophie, l’histoire et nombreux remplissent de grandes charges ecclésiastiques. Sept abbés montent sur le siège épiscopal de Troyes: Aldebert, Arduin, Bobin, Bodon, Otbert, Gualon, et Guichard.

 

Il y a aussi Pierre de Celle, abbé remarquable (abbé de Saint-Rémi de Reims, il fonde l’abbaye du Bricol et devient évêque de Chartres, auteur de sermons et de traités ascétiques).

 

Au XII° siècle, Montier-la-Celle est une grande école monastique : on y enseigne la théologie, la philosophie, l’histoire et même le droit civil. Comme tant d’abbayes bénédictines, elle est le siège d’un " scriptorium ", dont subsistent de nombreux manuscrits du XII° siècle, calligraphiés sur un beau parchemin, avec des " titres et des réclames à l’encre rouge, de belles lettres ornées, souvent égayées d’un joli vert ".

 

Enfin, " si nous voulons parler de sainteté religieuse, on compte jusqu’à 9 corps de saints dans son église, avec plusieurs autres ossements sacrés; si nous considérons la structure de son église, la symétrie d’un ouvrage si soigneusement recherché, qu’elle est la plus accomplie de France. Le monastère a été en si haute estime auprès des souverains pontifes, que plus de dix-sept ont eu tendresse, affection pour lui, et donnèrent de grands privilèges... ".

 

 

 

 


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