La Révolution



Réquisitions


 

Lors de la Révolution de 1789, nos ancêtres ont vécu une époque vraiment héroïque, quand on songe aux multiples réquisitions auxquelles ils durent faire face.

 

         Voici quelques exemples extraits des registres d’administration du district d’Ervy-le-Chatel.

 

 

Noix

« La récolte des noix approche, il importe qu’une grande partie soit livrée à la trituration. Le besoin d’huile, soit pour l’éclairage, soit pour la peinture, soit pour les fabriques de savon, et même pour la préparation des aliments d’un grand nombre de nos concitoyens, les prescrivent impérieusement, mais en vain le voudrions-nous, si une consommation excessive de noix en nature continuait de nous en ôter les moyens, et si les cerneaux n’étaient bannis des tables républicaines. Il ne tient qu’à vous, citoyens, de les conserver… Je vous ai fait sentir nos besoins de cet objet de première nécessité, j’attends de votre patriotisme  que vous ferez tout pour y pourvoir ».

 

 

Beurre - Oeufs

« Citoyens, vous avez fait votre soumission de faire fournir toutes les décades, à la commune de Paris, par les citoyens de votre municipalité, une certaine quantité de livres de beurre et de douzaines d’œufs. Cependant, vous n’avez point encore tenu les promesses que vous nous aviez faites. Auriez-vous oublié que tous les Français sont frères, et que les comestibles doivent être partagés entre tous les citoyens ? Auriez-vous oublié que les Parisiens ont tout fait pour la Révolution, et que c’est à eux, en grande partie, que vous devez le bonheur et la liberté dont vous jouissez ?Je ne vous dissimule pas que je suis étonné d’un retard qui annonce si peu de bonne volonté en même autant d’égoïsme chez les cultivateurs. Pressez donc tous les citoyens de satisfaire à la soumission que vous avez souscrite en leur nom, et réparez, par une prompte livraison, des lenteurs que le commissaire aux approvisionnements vous reproche avec justice… Salut et fraternité ».

Pruneaux

« Il se consomme une quantité importante de pruneaux dans les hôpitaux militaires de la République. La marine en fait aussi une grande consommation. Pour y fournir, il faut que tous les citoyens en fassent le sacrifice et la Commission du commerce et approvisionnement le demande au nom de la République. En conséquence, je vous invite à apporter au district les pruneaux qui ne seront pas d’une nécessité absolue. J’espère que les vues du bien public suffiront pour engager les patriotes à partager ces fruits avec leurs frères malades des hôpitaux. Si mon invitation ne suffisait pas, la commission serait forcée de les mettre en réquisition. Salut et Fraternité ».

 

Sabots

« Arrêté du Comité de Salut Public du 8 fructidor, concernant la fabrication de sabots : tous les sabotiers du district sont mis en réquisition pour la fabrication de 9.000 paires de sabots : sur 100 paires, ils en fabriqueront 20 à 18 points, 30 à 9, 30 à 10, 10 à 11, 10 à 12. Il sera nommé un commissaire pour activer ladite fabrication… tous les voituriers pourront être requis pour accélérer le transport à Joigny. Les commissaires feront toute diligence pour que les livraisons des 9.000 paires puissent être faites dans le délai de 2 décades… ».

 

Deux citoyens, de Lirey et d’Assenay, continuèrent de satisfaire leur clientèle, déclarant « qu’ils aimaient mieux travailler pour des particuliers ». Ils furent convoqués à la gendarmerie. 2 sabotiers de Vauchassis, dénoncés par le commissaire, pour refuser de faire des sabots, prétextant manquer de bois, sont condamnés à fournir, dans le délai de 3 décades, 80 paires de sabots chacun…un sabotier de Souligny, dénoncé par le commissaire pour n’avoir fait que 2 paires de sabots depuis 1 mois, un gendarme lui est envoyé…un sabotier au Mesnil vend tous ses sabots à des cossonniers qui les conduisent à Tonnerre. Il donne comme excuse, que les 16 paires de sabots étaient prêtes, mais que l’on n’est pas venu les chercher au jour dit. Il ajouta qu’il ne refusait pas de travailler pour la République, mais qu’il était laboureur et qu’il ne faisait des sabots qu’à ses moments perdus. Arrêté, il devra livrer 40 paires pour le 10 ventôse au plus tard, sinon, la loi leurs sera appliquée… le commissaire constate qu’à Villeneuve-au-Chemin, les sabotiers prétextent qu’ils n’ont pas de bois. Il ordonne la mise en réquisition de marronniers appartenant au citoyen Cokborne, ci-devant seigneur de Villeneuve, de les faire abattre et de partager le bois entre les sabotiers… ».

 

Secours aux blessés

« Par délibération du 28 floréal an II, le Directoire du district d’Ervy fait appel aux communes et aux personnes charitables pour obtenir des bandes, de la charpie, du vieux linge, à envoyer aux camps… Il sera fait usage de réquisition envers les femmes connues pour n’avoir pas besoin de travail de leurs mains pour vivre et envers les enfants non encore livrés aux travaux de la campagne ou à un art mécanique… est distribué du linge destiné à la charpie, dans les maisons où se trouvent des femmes et des enfants, eu égard au nombre en donnant moins à celles qui ont des enfants à soigner… il est fait invitation civique aux chirurgiens de venir pour y faire faire sous leurs yeux les bandes et compresses des différentes dimensions que l’art peut indiquer… ». L’hôpital de Troyes reçut les bandes et compresses confectionnées.   

 

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