La Révolution française


30 Août 1793


Il y a 220 ans, un troyen s’il avait vécu aujourd’hui, aurait pu adresser son courrier " actualisé " à nos gouvernants actuels ! !

 

Je lis dans " Annales Patriotiques et Littéraires ", journal libre, par une société d’écrivains patriotes, dirigée par L.S. Mercier, député à la Convention nationale, en date du vendredi 30 août 1793, de l’an 2 de la République, des extraits d’un très intéressant et très long article signé par le troyen Braguez, dont voici quelques extraits :

 

"Troyes, le 18 août, l’an 2 de la république française une et indivisible. Un des droits de l’homme, assuré par la nouvelle constitution des Français, est l’égalité. Ce principe doit se trouver dans toutes répartitions, soit de faveurs, soit de contributions personnelles ou pécuniaires. L’économie du trésor public doit être un des devoirs des administrateurs et le désir des administrés. C’est sous ce double rapport que je vais soumettre à vos lumières des observations sur l’inégalité des charges entre les villes et les campagnes, et un projet d’économie pour le trésor public.

Le déplacement fréquent des troupes, d’une extrémité de la république à l’autre, est très dispendieux pour le trésor public, par le nombre considérable de voitures nécessaires au transport des équipages, et le soldat, fatigué par une longue route, ne peut employer ses services au moment de son arrivée, la plupart reste dans les hôpitaux, excédés de fatigues et de maladies, et il double l’usé de ses habits, guêtres et souliers.

 

Je vais vous exposer les moyens de répartir les charges entre les villes et les campagnes, et supprimer les frais de déplacement des troupes de la république, à la charge du trésor public.

 

Les troupes d’infanterie seraient transportées d’un lieu à un autre en voitures. De grands chariots à 4 roues contiendraient à la fois, 20 hommes avec leurs équipages, et seraient traînés chacun par 4 chevaux : à ce compte, 45 voitures suffiraient pour un régiment ou un bataillon.

Ces voitures, au nombre de 50 dans chaque ville ou bourg de passage, où se font les couchers, seraient serrées dans de grands magasins. Les chevaux pour les conduire seraient fournis par les municipalités de campagne et par arrondissement affecté à tel lieu de passage, et successivement, chaque municipalité, jusqu’à ce que tout l’arrondissement eût une fois fourni son nombre de chevaux déterminé.

 Ensuite, cette fourniture par arrondissement, pourrait être mise à l’adjudication par voyage et le prix résultant à la fin de chaque année serait réparti au marc la livre de l’impôt, tant foncier que mobilier, sur les habitants seulement, sans y comprendre les propriétaires forains.

 Cette même dépense serait aussi répartie de la même manière sur les habitants des villes qui ne font point partie du passage des troupes ou qui n’ont point de caserne. La dépense première des voitures serait également payée et répartie sur les mêmes habitants. Les voitures ne serviraient que d’un coucher à l’autre et seraient ramenées aux dépôts par les mêmes chevaux.

Les troupes ne seraient pas fatiguées par la marche, n’auraient pas besoin de séjour, il n’y aurait pas de traîneurs et peu de malades. Les déplacements seraient plus prompts, plus économiques, et cette économie se ferait sentir jusque dans les vêtements, guêtres et souliers. Le soldat, en arrivant au lieu de destination, serait en état de faire son service comme s’il ne s’était pas déplacé. La charge du passage des troupes serait également supportée entre les campagnes qui conduiraient et les habitants qui logeraient, et l’économie qui en résulterait pour le trésor public est presque incalculable.

 

Le département de l’Aube est coupé par 7 routes de passage et fournit 11 villes et bourgs propres à coucher des troupes. Troyes étant au centre, aurait le double de voitures. Ainsi, 12 fois 45 voitures font 540 voitures, lesquelles à 500 livres l’une ont un total de 270.000 livres, pour première dépense. Chaque traverse d’un bataillon entraînerait d’un coucher à l’autre 180 chevaux, ce qui, pour 3 couchers ferait 540 chevaux.

Le département est composé de 484 municipalités, sur lesquelles, retranchant 11 de passage et coucher, il en restera 473 qui peuvent fournir 40 chevaux et, ensemble 18.920 chevaux qui, divisés par 540 pour chaque traverse, fourniront 35 passages, ce qui ferait à peu près le terme moyen pour chaque année. Chaque cheval n’aurait donc qu’une course à faire à 20 livres. L’année serait pour chaque commune de 40 chevaux, 800 livres.

 

Tel est citoyen, mon projet, que je soumets à vos lumières. Je n’ai en vous le présentant, que le désir de me rendre utile à ma patrie, et de mériter l’estime de mes concitoyens. Je suis avec fraternité votre concitoyen ".  

 

 

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