La Franc-Maçonnerie



         La Franc-Maçonnerie n'est pas une religion. Elle est le plus souvent définie comme un ordre initiatique, universel, traditionnel, basé sur la fraternité, la solidarité. Comme idée reçue, la maçonnerie serait l'apanage de la gauche radicale-socialiste. Pourtant, toutes les familles politiques ont tissé des liens avec la franc-maçonnerie, de l'extrême droite à l'extrême gauche, en passant par des religieux.

        On lui a reproché des pratiques occultes.

        On l’a rendue responsable de la chute de l’Ancien Régime.

        On lui attribue, aujourd’hui encore, une influence sur le pouvoir, la magistrature…

 

Venons-en à Troyes.

La première loge établie est constituée par Le Grand-Orient de France, c’est la Loge de l’Union de la Sincérité, appelée quelquefois aussi Loge de l’Union et de la Sincérité. Elle a été fondée le 21 mars 1751, reconstituée par la Grande Loge de France le 17 septembre 1773, et par le Grand-Orient, le 17 septembre 1776.

A cette date, elle avait pour vénérable le T.C.F. d’Hutelle, marchand-horloger, rue Notre-Dame, et pour secrétaire, M. Chaperon, conseiller du Roi, commissaire de police et procureur au bailliage et siège présidial de Troyes. Le nombre de ses membres était de 20. Elle disparaît en 1820.

En 1786, se crée la loge de La Régularité, formée par la 2ème compagnie des Gardes du Corps du Roi, en garnison à Troyes. Elle reçoit également des civils et des ecclésiastiques. Ainsi, en 1787, l’abbé Natey est F. Hospitalier, l’abbé Lefebvre est F. Orateur, le supérieur du couvent des Cordelier y est admis le 4 mars, ainsi que le F. Henry. La loge s’installe le 28 mai dans un local loué aux Pères Cordelier. Elle disparaît en 1790.

         Plusieurs loges militaires se créent en 1787, formées de Gardes du Roi, ayant à leur tête des barons, des nobles… (documents aux Archives départementales jusqu’en 1789).

A cette époque, les loges multiplient les bienfaisances au profit de veuves ou personnes ayant subi par exemple, l’incendie de leur maison.

Ces premières loges n’étaient pas ennemies de la religion. Ainsi, chaque fois qu’un dignitaire venait à mourir, un service funèbre était célébré à l’église pour le repos de son âme. De même, aux 2 grandes fêtes de la Franc-maçonnerie, à la St-Jean d'été et à la St-Jean d'hiver, on faisait célébrer une messe solennelle à laquelle assistaient tous les frêres. Le soir, à la suite de la séance où des discours étaient prononcés, un grand banquet avait lieu, et à la fin, on chantait des vers composés par un Frère.

Les moines de Clairvaux établissent une loge dans leur abbaye, intitulée La Vertu. Elle dure de 1785 à 1788.

Vers 1805, se crée à Troyes la loge des Chevaliers de la Croix de Saint Jean de la Palestine, et à Nogent-sur-Seine, la Parfaite Régularité.

         En 1809, le Frère Payn, notaire, achète un local, Ruelle Torchepot, qui sera transféré rue de la Tour Boileau.

Le 8 juin 1810, à Bar-sur-Aube, est fondée une Loge de Saint Jean, sous le signe distinctif de l’Union des Cœurs. Elle s’arrête en 1814, et resurgit en 1840.

En 1850, se crée à Troyes l’Union Fraternelle. En 1879, cette loge offre 4 prix aux élèves des écoles laïques.
A ce sujet, je peux vous donner intégralement le texte de 5 lettres :

1) lettre du 22 juillet annonçant sa constitution, sous les auspices du Grand Orient de France.

2) lettre du 9 août, assurant " que jamais dans leurs réunions, il n’est traité de questions politiques ou religieuses… le but unique est la bienfaisance et l’étude de la Morale ".

3) lettre confidentielle du Préfet du 22 août, recommandant au Maire, après consultation du Ministre de l’Intérieur, de n’apporter aucun obstacle à l’établissement de la loge sous l’obédience de GOF, ou du rite écossais.

4) lettre confidentielle du 2 novembre, du Préfet au Maire, indiquant qu’il ne peut reconnaître la loge troyenne, que si elle est bien placée sous l’obédience du rite français et écossais et du Suprême Conseil.

5) réponse de la loge : " seulement selon le rite français ".

   

Aujourd’hui, à Troyes, il y a 6 obédiences et 9 loges :

- Le Grand Orient de France, divisé en 3 loges : l’Aurore sociale, Sine cera (sans cire en latin) et Imagine (plus récente, 20 adhérents). Elles sont nées de scissions entre frères. Le GODF est de loin l’obédience la plus nombreuse à Troyes, avec 130 initiés.

- Le Droit humain, lui aussi scindé en 3 loges : Tendre et Fraternel Accueil, Le Champ de l’Etoile et Le Diamant noir. Il rassemble une soixantaine de frères et sœurs.

- La Grande Loge féminine de France, représentée par la loge Altaïr (comme l’étoile). Environ 35 adeptes.

- La Grande Loge de France, représentée par la loge Hugues de Payns (du nom du fondateur aubois de l’ordre des Templiers), avec environ 45 adhérents (30 % irréguliers). Plus philosophique, déiste, axe principalement ses travaux sur l'aspect symbolique (plus de temple à construire, si ce n'est le sien propre...)

- La Grande Loge Traditionnelle et symbolique Opéra, avec la loge Saint Bernard, (en référence à Bernard de Clairvaux, guide spirituel des cisterciens), une vingtaine de membres.

- La Grande Loge Nationale Française, dite aussi Bineau, avec la loge Chrétien de Troyes (allusion au père du roman français), une quinzaine de maçons.

- La Grande Loge Unie d’Angleterre, une trentaine de membres, qui partagent le temple de Troyes, mais ne reconnaissent pas la GLDF, dont les Maçons sont à leurs yeux, des F. Maçons irréguliers (croyance déiste obligatoire, et ne reconnaissant pas l'autorité du roi d'Angleterre).

Le travail des loges a pour support la légende d'HIRAM, bâtisseur du temple de Salomon. Les ordres sont divisés en 3 grades : Apprentis, Compagnons et Maîtres. Ce sont des loges dites bleues. Ensuite viennent, pour ceux qui souhaitent progresser dans leurs connaissances, les ateliers supérieurs, qui ne sont ouverts qu'au grade de Maître et ce, par paliers jusqu'au 33ème degré. On y accède par cooptation, la légende d'Hiram se poursuit.

Différents rituels caractérisent  chacune des loges, de même que les décors portés par les Frères, notamment la couleur des tabliers et des écharpes. Les symboles qui illuminent le temple selon les rituels, sont aussi différents, ainsi que le tableau de loge.   

Les initiés se recrutent dans la bonne société : avocats, architectes, enseignants, chefs d’entreprise… mais avec une sur-représentation des professions de santé (médecins, dentistes…).

Il y a droit d’inter visite des maçons sur toutes les loges, à l’exception de celle d’Angleterre et des femmes à la GLDF. Il faut cependant être à jour des mots de ses mots de passe semestriels sinon, le couvreur n’accepte pas le visiteur. 

 

Toutes ces loges se réunissent dans l’unique temple de l’agglomération, une maison banale et anonyme, située 14, rue Louis Maison. La bâtisse appartient au Grand Orient de France, ou plutôt à la Sogofim, sa filiale immobilière. Les autres obédiences lui versent un loyer. Chacune d’elles organise deux tenues (réunions) par mois, sauf la GLNF, une seule.

   

En principe, nul n'a le droit de révéler le nom d'un frère, sous peine d'exclusion.

 

 

C'est pourquoi, vous n'apprenez souvent l'appartenance d'un aubois à la Franc-Maçonnerie, que lorsqu'il est décédé, avec l'avis de décès du journal, lorsqu'il  " passe à l'Orient éternel ".

Certains se demandent quels liens existent entre la Franc-Maçonnerie et le Compagnonnage. 

Le Compagnonnage se compose d'associations d'artisans pratiquant un métier bien précis : charpentiers, serruriers, cuisiniers, etc. qui possèdent des règles particulières de réception et d'organisation.

Une des fonctions essentielles du Compagnonnage est la formation des jeunes qui se poursuit par des stages au cours du " Tour de France ".

Les rapports entre la Franc-Maçonnerie et le Compagnonnage ont fait couler beaucoup d'encre.

Le Compagnonnage existe depuis au moins le XVIIe siècle, bien avant que ne s'organise la Franc-Maçonnerie telle que nous la connaissons.

Bien qu'il n'y eût jamais de liens structurés entre les deux organisations, aux XIXe et XXe siècles de nombreux compagnons étaient également Francs-Maçons.

Les emprunts mutuels sont incontestables, principalement d'ailleurs de la part de la Franc-Maçonnerie.

Les sociétés de compagnons ont, bien mieux que la Franc-Maçonnerie, su préserver le secret de leurs traditions.

 

Pour votre information, 18 sur les 26 maréchaux de Napoléon étaient frères maçons, sous Giscard : 3 ministres, sous Mitterrand : 15 ministres, sous Chirac : 6 et sous Hollande, 18 ministres sont frères maçons : François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Manuel Vals, Christiane Taubira, Pierre Moscivici, Najat Vallaud-Belkacem, Arnaud Montebourg, Michel Sapin, Vincent Peillon, Jérôme Cahuzac, Jean-Yves Le Drian, Sréphane Le Foll, Marylise Lebranchu, Anne-Marie Escoffier, Fleur Pellerin, Benoît Hamon, George Pau-Langevin, Michèle Delaunay, Frédéric Cuvillier. plus 10 Conseillers de Hollande ou Directeurs de cabinet.   

 

 

 


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