Coutumes, tradition



Fiançailles


Le "grattage des cendres"

         Voyons comment vont se dérouler les principales phases qui conduiront deux jeunes gens à la vie commune.

 

         Dans nos campagnes où la vie de tous les jours provoque de fréquents rapports entre les membres de la communauté villageoise, il serait préjudiciable de refuser brutalement l’union, même si celle-ci ne vous sied pas.

 

La prudence paysanne veut qu’on ne s’exprime pas ouvertement.

 

Un langage particulier de rites, gestes, symboles, permettent un refus nuancé.

 

         Ainsi, au cours d’une veillée d’hiver, le jeune homme se rendra au domicile de la jeune fille, afin, comme le dit la locution troyenne : « de gratter le fond de la cheminée ».

 

         Le cœur battant, un peu fébrile, il revêt ses plus beaux atours et se présente devant ceux qui disposent en cette minute de son avenir.

 

         Après avoir devisé de choses diverses, il fait connaître le but de sa visite (dont d’ailleurs, tout le monde s’était douté), par un acte réglé dans ses moindres détails.

 

S’agenouillant à 2 genoux devant l’âtre, il gratte les cendres, à l’aide d’une petite baguette et les projette en tous sens.

 

Anxieusement, il attend, car si les parents gardent silence, un terrible silence, c’en est fait de tous ses espoirs, et il sort, emportant sa peine.

 

         Mais, s’il a le bonheur de plaire, le père lui demande du ton le plus engageant : « Que cherches-tu ? ».

 

         Ah, il voudrait déjà pouvoir exprimer sa joie car cette première question est l’annonce rituelle qu’il attendait.

 

Mais il doit encore garder le silence et de nouveau gratter le foyer de son bâton avec une nervosité significative.

 

         Le père questionne derechef : « Que demandes-tu ? ».

 

         Comblé, ivre de bonheur, dans un émoi compréhensible, il se jette aux genoux de son futur beau-père en disant : « Je demande à entrer dans votre famille, à devenir l’un de vos enfants, afin de pouvoir m’asseoir auprès de vous à ce foyer que vous avez créé, et où j’ai voulu m’agenouiller pour mieux adresser ma prière ».

 

         Se levant alors posément, il saute au cou de celle qu’il peut désormais considérer comme sa promise.

 

         Ah ! La belle soirée, comme elle restera gravée dans son esprit.

 

Le temps des fiançailles

Depuis quelques jours, il est devenu le plus heureux des hommes. Une semaine après avoir été accepté lors du « grattage des cendres », il envoie son père « donner le coup de chapeau », c’est-à-dire la demande officielle. Les choses sont bien vite arrangées, et devant une vieille bouteille, on fixe la date du repas en commun entre les 2 familles. La première fête carillonnée en fournit le prétexte. On visite les lieux, fait admirer bâtiments, écuries, prés et champs, et discute des questions d’intérêt.

 

         On se met aussi d’accord sur la date des fiançailles qui se dérouleront chez les parents de la jeune fille, mais seront précédées d’un déjeuner chez les parents du jeune homme, appelé « l’entrée ».

 

         Les fiançailles : c’est presque un repas de mariage qui est préparé chez la jeune fille aujourd’hui. Le notaire y a été invité afin que soit signé le contrat de mariage. Quand l’acte est bien dressé, écrit et lu à haute voix, les parties contractantes le signent. Le notaire donne alors un baiser à la fiancée.

 

         Lors de ce repas appelé « la demande », le prétendant offre à sa belle les bijoux, en particulier le joyau le plus sacré à ses yeux, la bague de fiançailles.

 

         Le jour de leur mariage, ils s’offriront mutuellement leurs alliances. En outre, le jeune homme donnera la robe que sa femme portera le lendemain de la cérémonie et pour lui prouver le respect qu’il lui porte, sa couronne de fleurs d’oranger. La jeune mariée, elle, offrira la chemise que le jeune homme portera le jour de son mariage.

 

         Au repas de l’entrée sont invités aussi le camarade de Première Communion, les parrains et marraines et l’intermédiaire, s’il en existe un.

 

         A la fin de cette cérémonie intime, le jeune homme donne à sa promise une timbale en argent portant leurs initiales.

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