C'est notre histoire



Napoléon et la marchande d’eau-de-vie à Troyes


 

 

 

Napoléon vient de voir défiler les débris noircis et sanglants de sa Grande armée qui bat en retraite.

Descendant la Grande Rue de Troyes, suivi d’un nombreux état-major, il arrive bientôt devant notre Hôtel de Ville, et s’arrête quelques minutes pour lire une dépêche qu’il reçoit d’un fidèle général.

         La foule, qui depuis longtemps applaudit aux triomphes du héros, veut le voir, le saluer, lui exprimer toute sa sympathie, par de chaleureuses acclamations.

         De toutes parts retentit le cri qui fait encore battre les cœurs : « Vive l’Empereur ! ».

         Napoléon, soucieux et les yeux fixés sur la statue de la Liberté qui orne la façade de l’Hôtel de Ville, adresse quelques paroles au porteur de la dépêche et regarde la foule.

         Les cris redoublent, l’enthousiasme « transporte les vieillards et surtout les enfants ».

         L’Empereur, touché de cette manifestation, fait entendre sa voix éloquente :

         « Oui, mes amis, s’écrie-t-il, vive l’Empereur ! Souhaitez qu’il vive, vous en avez besoin pour repousser l’ennemi ! ».

         Une pauvre femme, qui par hasard a établi son estaminet au bas du perron, ne partage pas cependant l’enthousiasme populaire. Elle craint que la foule ne vienne renverser sa chétive cantine, déplorant même la perte de quatre bouteilles, de sa cuvette et de quelques verres.

         L’Empereur, monté sur un magnifique cheval blanc, approche bientôt de l’échoppe.

         Son fier coursier, d’un coup de pied, heurte la table et fait voler en éclats bouteilles, verres et cuvette.

La pauvre marchande n’ose se plaindre, mais l’Empereur a entendu le bruit des verres et des bouteilles.

Il se retourne pour voir le dégât.

Toujours grand, toujours généreux au milieu des revers, Napoléon remet quelques grosses pièces à un officier d’ordonnance, et le charge de payer les bouteilles cassées.

La pauvre marchande vient de ramasser un flacon échappé au désastre, lorsque l’officier d’ordonnance lui présente quelques napoléons.

A la vue de ces pièces d’or, la joie brille sur son visage, et bien consolée de sa perte, elle lâche son flacon, lève ses deux mains et crie de toute la force de ses poumons :

« Vive l’Empereur ! », que la foule répète en suivant le cortège.

 

 

 

 

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