C'est notre histoire



Napoléon à Pouilly près Troyes


 

         Alors que les alliés occupent la ville de Troyes et frappent la cité de réquisitions extraordinaires, Napoléon repousse les bataillons autrichiens et wurtembergeois, et s’avance jusqu’au faubourg Saint-Martin.

 

Les Troyens tremblent, menacés par l’artillerie française.

 

Le prince Wrède, qui commande la place, fait appeler le maire et ses adjoints, et leur ordonne de porter une dépêche à l’Empereur.

 

Les parlementaires, précédés d’une trompette se dirigent vers Sainte-Savine pour exposer le but de leurs démarches au général Gérard, qui doit les présenter à l’Empereur.

Le canon gronde, des obus lancés de la ville répandent partout la terreur et l’incendie.

Les magistrats remettent la dépêche au général, le suppliant d’épargner notre ville. Mais, l’Empereur n’est pas là.

Gérard fait porter la missive à Napoléon, et fait reconduire les magistrats jusqu’à la porte de Troyes.

 

Le 23 février 1814, l’Empereur et son état-major s’installe dans une maison déserte depuis quelques jours, connue sous le nom de Château de Pouilly.

 

A peine installé, une villageoise demande la faveur de lui parler : " Monsieur l’Empereur, lui dit cette femme, pardon de la liberté que je prends, mais fière d’avoir un fils à votre service, j’ai voulu voir et saluer celui dont il nous écrit tant de choses ".

Ce compliment plaît à Napoléon. " Merci, ma bonne dame… Comment se nomme votre fils ?"

" Joseph Bouchard, artilleur à la 3ème batterie de la garde ".

" Où est-il ? ".

" Je ne sais pas, Monsieur l’Empereur, mais sa dernière lettre m’est écrite de Nogent, il y a 8 jours. La voici ".

Napoléon parcourt la lettre et remarque un grand dévouement chez ce soldat, que le hasard vient lui demander : " Je penserai à Joseph Bouchard, je vous le promets ".

" Mais, Monsieur l’Empereur, je ne pourrai pas vous voir tous les jours, voudriez-vous accepter un cadeau en mémoire de moi ? C’est un bon fromage du pays, un bien bon et vrai fromage de Barberey ".

" Ma brave femme, j’accepte et vous remercie ".

" Je suis contente, Monsieur l’Empereur, mais me permettriez-vous de vous demander pour mon fils, un souvenir de ma visite ? ".

" Oui, parlez ". 

" Eh bien, Joseph voudrait être caporal ! Pourrait-il obtenir ce grade ? ".

A cette modeste demande, Napoléon se met à rire et répond : " Cela demande réflexion, mais j’ai promis de m’occuper de votre Joseph, j’y penserai, et, s’il est aussi bon soldat que bon fils, il vous en dira des nouvelles. Adieu ! ".

 

Sur ces entrefaites, un officier apporte la missive du prince de Wrède, qui promet d’évacuer la ville et de la rendre au point du jour, menaçant de l’incendier si l’armistice lui est refusé.

Il était temps, Troyes, emporté d’assaut, devait livrer l’arrière garde des alliés aux braves soldats de l’Empereur, ou l’engloutir sous ses ruines !

 

Les colonnes ennemies sortent silencieusement par la porte Saint-Jacques, et vers 6 heures du matin, Napoléon pénètre dans Troyes et fait poursuivre l’ennemi.

 

Joseph Bouchard devint caporal, puis maréchal des logis et sous-lieutenant. Cet avancement lui valut le nom de capitaine-fromage.

 

Le château de Pouilly conserva, jusqu’en 1840, le souvenir de l’Empereur, car sur la cheminée de la chambre où coucha l’impérial passager, fut écrit : " L’Empereur Napoléon a passé ici la nuit du 23 au 24 février 1814 ".

  

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