C'est notre histoire



Découverte du pétrole dans l’Aube  


Parmi les nombreux événements de l’année 1959 qui marqueront dans l’histoire du département de l’Aube, il en est un des plus importants : en avril, la « découverte » du pétrole, un derrick de 52 mètres procède au forage d'un puits de pétrole. La profondeur de 2.500 m a été atteinte. Découverte consistant pour les « pétroliers » un espoir encore incertain, certes, mais qui serait peut-être réalité dans les années suivantes.      

         Après de longs mois de recherches fort actives,         menées en Seine-et-Marne et dans l’Aube, par la Régie Autonome des Pétroles, on vit surgir, ça et là dans la campagne auboise (notamment à Mailly, Granville et Saint-Martin-de-Bossenay) des derricks, annonciateurs de promesses symbolisant la présence de ce qui est devenu la grande force du XX° siècle : le pétrole.

         Les recherches avaient été motivées surtout par la composition de couches terrestres dans ces régions, couches qui présentaient les caractéristiques traditionnelles des champs pétrolifères, c’est-à-dire le tertiaire coiffant le cétacé, puis, les couches de l’albien et du nexien. Enfin apparaît le jurassique, avec le sauratien, le dogger et réthien, couche qui fut atteinte à Grandville.

         En septembre 1958, à Mailly, un sondage effectué à 1.200 mètres de profondeur donna 500 litres d’huile par jour. Hélas ! Ce produit devait rapidement se révéler inutilisable parce que mélangé à une trop grande proportion d’eau salée. Par suites, les recherches furent abandonnées.

Pourtant, devant les succès enregistrés en Seine-et-Marne, de nouveaux puits furent forés, et la Régie décida de reprendre les prospections dans l’Aube. Durant de longues semaines, les chercheurs durent se résigner : pas la moindre goutte de pétrole. Découragées, les équipes s’apprêtaient déjà à démonter les derricks et à rentrer à la maison, lorsque le miracle s’accomplit à Grandville (entre Arcis-sur-Aube et Mailly), la veille même du jour de l’an. Un cri retentit : « Le pétrole ! ».

Une immense colonne noirâtre s’élevait entre les branches de la tour métallique. Du lundi 29 au mardi 30 décembre, 11.000 litres bruts, soit près de 458 litres étaient obtenus et la pression  ne cessait de croître.

Quelques jours plus tard, 15.000 litres (600 litres à l’heure) se déversaient dans les bacs. En outre, l’huile minérale recueillie (remontant de quelques 2.070 mètres de profondeur), se révélait exploitable. A cette époque, le débit du puits de Grandville était donc d’une importance certaine, et présentait, en outre, des caractéristiques très avantageuses, en ce sens que le pétrole jaillissait par pression naturelle, et par suite, nul besoin de le pomper.

Cependant, en janvier 1959, le débit marqua une certaine irrégularité et un tubage dut être réalisé, afin de normaliser le jet.

Bien sûr, cette découverte, si elle marquait un nouveau pas en avant de la Champagne vers le titre de grande région économique, ne constituait pas encore un événement tel qu’il faille crier à l’abondance.

Grandville n’était pas Edjelé et Mailly n’était pas Hassi-Messaoud.  Néanmoins, il est évident que ces découvertes confirmèrent les observations menées depuis fort longtemps par les géologues ou prospecteurs et étaient à même d’apporter au sous-sol champenois une importance que nul ne lui soupçonnait encore.

Les régions de Mailly et de Grandville ne furent pourtant pas les seuls pôles attractifs du pétrole dans l’Aube, puisque, en février 1959, une nouvelle société : la « C.O.P.E.S.E.P.» (Compagnie des Pétroles du Sud  Est Parisien) ouvrait un chantier de forage sur le territoire de la petite commune de Saint-Martin-de-Bossenay, située entre Marigny-le-Châtel et Saint-Aubin, à quelque 35 kilomètres de Troyes. Ce pont de forage fut effectué au lieu-dit « Poncelat », sur un terrain de 1 hectare, 13 ares, constituant à l’origine une partie de la prairie de 8 hectares appartenant à M. Raymond Bonhenry, maire de Saint-Martin-de-Bossenay.

Les recherches d’hydrocarbure entreprises s’avéraient satisfaisantes, et le 19 mars, les « pétroliers » découvraient une zone imprégnée entre 1.371 et 1.386 mètres et en « tiraient » 3.400 litres de pétrole en 90 minutes, sur une superficie d’environ 69 m² de roches imprégnées.

Devant ces résultats prometteurs, le forage se poursuivit en profondeur, après avoir atteint la première couche du dogger, qui est une formation du jurassique moyen du milieu de l’ère secondaire. Bientôt, le trépan « attaquait » la deuxième couche, celle du réthie, à environ 2.300 mètres.

15 jours passèrent et une prospection en superficie fut tentée par la réalisation d’un second derrick, situé sur la route de Troyes à 1.100 mètres au sud-est du puits initial. L’objet de ce second forage était de délimiter le périmètre exact de la zone imprégnée.

Un laboratoire construit sur place permit une analyse approfondie de tous les produits remontés du sous-sol. L’huile déjà recueillie était une huile de bonne qualité, assez fluide d’une densité de 0,855. Elle contenait très peu de soufre et tout portait à croire qu’il y avait assez de gaz.

Le premier pas dans la recherche pétrolière est constitué par les études géologiques et géophysiques, destinées à examiner le sous-sol envisagé et à en définir les caractéristiques. Ces études constituent le « forage d’exploration » et non le « forage de production ». Elles apportent des observations très intéressantes, mais non des certitudes. C’est donc là qu’entre en fonction le véritable forage, qui permettra la parfaite connaissance : profondeur, étendue, superficie des roches imprégnées.  

C’est ainsi qu’au début novembre 1959, la C.O.P.E.S.E.P. entreprenait ces études géologiques et géophysiques sur le territoire de la commune de Creney, dans un terrain situé sur la route de Brienne-le-Château, et appartenant à M. Dominet, ancien maire de la commune.

Les prospecteurs, les Aubois, espérèrent alors voir plusieurs derricks se dresser dans le ciel de cette commune de l’Aube.

Un nouvel espoir venait donc de s’allumer dans l’Aube, Grandville ayant ouvert la voie, Saint-Martin-de-Bossenay devant confirmer, et Creney.

Il était prématuré de croire que la « ruée vers l’or noir » était en passe de se produire dans notre département.

Mais une espérance était née et l’opinion publique croyait d’ores et déjà, à une nouvelle destinée de la Champagne, qui, méprisée pour sa pauvreté, pourrait devenir le Sahara de la Métropole !   

En 2015, la société Lundin International, compagnie pétrolière suédoise, exploite les puits de pétrole de l'Aube : 8 puits à Grandville.

Afin de préserver d’éventuels vestiges archéologiques, un diagnostic archéologique doit être réalisé sur tout site concerné par un projet de carrière avant la mise en exploitation. Ce diagnostic est réalisé par l’INRAP (institut national de recherches Archéologiques préventives) ou par un service archéologique agréé.

Zoom sur l'exception du régime minier : l'article 552 du code civil précise que la propriété du sol emporte la propriété du dessus et du dessous. Dans le cas général, le propriétaire d'un terrain est donc également propriétaire du sous-sol situé a la verticale de son terrain ainsi que des matériaux qui s'y trouvent. Cette propriété emporte également la responsabilité du terrain concerné. Le code minier introduit une exception à cette règle dans le cas de certains matériaux visés dans son article 2 pour lesquels l'Etat peut seul concéder le droit d'exploitation. Le propriétaire d'un terrain n'est donc pas propriétaire du fruit de ce terrain dès qu'il s'agit de substances minières. L'Etat accorde le droit d'exploiter sous la forme d'un titre minier, délivré au terme d'une procédure définie dans le code minier. Les plus couramment utilisés sont la concession, qui permet d'exploiter des matériaux et le permis exclusif de recherche qui ne concerne que des opérations de prospection visant à identifier des gisements économiques exploitables.

 

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