La vie à Troyes


Académie de musique

Espinette
Espinette

 

 

Parmi les académies qui n’ont jamais fait parler d’elles, il faut citer une académie de musique qui existait à Troyes vers le milieu du XVII° siècle.

 

Lors de l’entrée de Henri IV à Troyes en 1595, il y a sur une estrade devant l’hôtel de ville, 6 basses violes, des violons.

Lorsque Louis XIII vint à Troyes en 1629,  « il se plut à entendre chanter les enfants de la maîtrise de Saint-Etienne ». La maîtrise de Saint-Pierre rivalise avec celle de Saint-Etienne, et dans les grandes circonstances, les chanteurs et les musiciens des 2 maîtrises sont réunis.

En 1638, un maître apprend à jouer de l’espinette.

Les membres de l’académie de musique cultivent la musique vocale et la musique instrumentale.

D’après d’anciens documents, nous pouvons savoir qu’une académie de musique, « une compagnie musicale », se tenait en 1647, depuis plusieurs années à l’Hôtel-Dieu Saint-Bernard, entre la place du Marché-à-Blé et la rue de la Monnaie, qu’elle avait pour président le maître spirituel de cet hôpital, « religieuse personne Jorand Baudoin », et qu’elle se composait de magistrats, d’ecclésiastiques, de gens de loi et d’un personnage fort connu dans l’histoire des almanachs, Pierre de Larivey.

En 1653, on apprend à se servir des violes pour renforcer les chœurs. Il y avait des cours de violes, de violons et de grands luths.

Une nouvelle académie de musique se forme en 1728. Tous les concerts ont lieu dans la grande salle de l’hôtel de ville. Ils ne se composent pas seulement d’amateurs, ceux-ci font appel au concours de musiciens « gagistes », et admettent les musiciens de profession.

Le nombre des élèves musiciens devait être considérable, et il y avait de fréquents concerts.

30 septembre 1920, création d’une Ecole privée au 2° étage du Grand Séminaire, rue de l’Isle : 91 élèves s’inscrivent pour la 1ère année. Commence l’impulsion d’un maître exceptionnel : Amable Massis.

20 octobre 1920 : fondation de la Société du Conservatoire. Président : M. Fernand Doré. Les 1ers concerts ont lieu dans les jardins du Grand Séminaire.

7 février 1922 : décès de M. Doré qui lègue à la ville de Troyes les bâtiments achetés par lui, boulevard Gambetta, en vue d’y établir l’Ecole de Musique. Nomination de M. Girardin à la présidence.

Juin 1923 : visite de M. Paul Léon, directeur des Beaux-Arts, membre de l’Institut.

25 février 1924 : la Société du Conservatoire est reconnue d’utilité publique.

9 août 1924 : l’Ecole de Musique devient Municipale, malgré l’hostilité rencontrée sur le plan local : la ténacité et l’obstination du Directeur sont récompensées.

18 février 1924 : nationalisation de l’Ecole.

23 avril 1925 : inauguration de l’Ecole de Musique, avec une fête au Cirque Municipal. Discours du président Girardin, du maire M. Clévy, président du Conseil d’Administration de l’Ecole, du Préfet M. Atger, de l’Inspecteur de l’Enseignement Musical.

De très grands affiches (0,80 m. x 0.60 m.), signées du maire E. Clévy, couvrent la ville de Troyes, annonçant l’ouverture des cours de l’Ecole de Musique le jeudi 8 octobre 1925, pour l’année 1925-1926, et annonçant de nouveaux cours gratuits Spécial Solfège, pour adultes.

L’enseignement musical est donné gratuitement dans les écoles primaires.

          De 1925 à 1939, 19 Premiers Prix sont décernés, et démontrent l’efficacité de cette école.

Lors du Conseil municipal de 12 janvier 1932, un vœu est adopté, demandant « que soit attribué à l’Ecole de Musique le titre de Succursale du Conservatoire de Paris », à condition que cela n’occasionne pas de frais pour la Ville.

En 1935, réfection complète du Conservatoire.

Les locaux sont loués régulièrement par des associations, pour du théâtre, des concerts, des conférences, des projections de films, principalement par des associations caritatives.…

Lors de la séance du Conseil municipal en date du 20 juin 1936, un vœu est adopté : « Que l’Ecole Nationale de Musique de Troyes, subventionnée par le grand organiste international Marcel Dupré Ville, ne puisse prêter son concours, soit en la personne de son Directeur ou celles des professeurs à des manifestations musicales dont le produit serait affecté, en totalité ou en partie, à l’enseignement libre, adversaire déclaré de l’Ecole laïque ».

De 1932 à 1939, le grand organiste international expérimenta à l’Ecole Nationale de Musique de Troyes, sa remarquable méthode d’Harmonie, Contrepoint, Fugue, Composition.

Maurice Emmanuel, professeur d’Histoire de la musique au Conservatoire National Supérieur de Paris compléta cet exceptionnel éventail de très haut niveau.

Les jurys de concours de fin d’année comprenaient des noms prestigieux, premiers prix de Rome.

Tous les grands maîtres sont venus faire vibrer le cœur des Troyens.

De 1939 à 1945, occupation des locaux de l’Ecole de Musique tout d’abord par l’autorité militaire française, puis par les Allemands.

Il y a aussi le 16 septembre 1958, le crime dont a été victime Huguette Vinot, allant au cours du soir, dans l’enceinte du Conservatoire (voir dans le chapitre crimes).

Aujourd’hui, le pôle culturel Argence comprend le conservatoire Marcel Landowski (célèbre compositeur, artisan du renouveau 1915-1999), à rayonnement départemental. L’architecture est très contemporaine, avec entrée rue de la Paix. Eveil musical à partir de 6 ans, classe de chorale ouvert aux adultes, classe de jazz, atelier de percussions africaines, classe d’art sonore…

 Raphaële Vançon en est la directrice.

 

Pôle culturel Argence
Pôle culturel Argence

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