La vie à Troyes


De l’Ecole Royale de dessin à l'Ecole des Beaux-Arts de Troyes



Il n’y a que quelques rares villes en France à partager avec Troyes, le privilège d’avoir une histoire aussi longue et prestigieuse de son école de dessin.

Beaucoup en effet, de celles qui furent fondées au XVIII° siècle, ont disparu depuis.

 

En 1773, Pierre-Jean Grosley a le 1er, l’idée de la création à Troyes, d’une école de dessin, avec 5 artistes troyens. Selon le règlement provisoire établi par les officiers municipaux, l’école comprend 3 classes : la figure, l’ornement et l’architecture.

Les professeurs assurent leurs cours à titre bénévole.

Le roi les remercie par Lettres Patentes, leur permettant d’être soustraits à l’obligation du " logement des gens de guerre et du privilège d’exempter un de leurs enfants du sort de la levée des soldats provinciaux ".

 

L’enseignement est donné 5 jours par semaine, y compris dimanche et fêtes. De surcroît, une classe de dessin est ouverte le dimanche pour les ouvriers et les artisans.

Cette volonté d’éducation populaire en fait une école gratuite, où l’on est admis à partir de 10 ans.

La Ville fournit le local au rez-de-chaussée de l’hôtel de ville, et prend en charge les dépenses.

50 élèves sont inscrits au départ, 80 l’année suivante.

 

Le mécénat a toujours existé. Le plus grand bienfaiteur de l’école fut en 1775, Jacques de Brunneval, receveur des gabelles à Troyes, qui, par testament, lègue sa maison au profit de l’Ecole gratuite de dessin. Ce geste généreux suscite l’émulation, et, à partir de cette date, plusieurs personnes font des donations.

 

C’est alors une éminente et rapide consécration qui est faite (en considérant d’autres villes qui durent attendre longtemps), en 1779, Louis XVI donne les Lettes patentes : "… les habitants de la Ville de Troyes, Capitale de Champagne, se sont toujours distingués par leur attachement pour les Sciences et les Beaux-Arts : les monuments dont cette ville est remplie, et le grand nombre d’Hommes célèbres auxquels elle a donné le jour, sont des preuves non équivoques de leurs goûts et de leurs talents… je confirme, approuve et autorise l’établissement d’une Ecole royale, gratuite et publique de dessin, mathématiques, d’architecture et des arts dans la Ville… sous la direction du maire. Cela comporte l’affiliation de l’école à l’Académie royale de Paris ".

 

Il y a 100 élèves, les études durent 3 ans, sanctionnées par un concours dont le lauréat reçoit un brevet de maîtrise octroyé par le roi.

 

Chaque année a lieu avec le plus grand apparat la distribution des prix. En 1787, presque tout le parlement de Paris assiste à cette fête scolaire, et Madame la 1ère présidente daigne distribuer les prix de sa main et embrasser les vainqueurs.

En 1806, elle prend le nom "d'Ecole impériale des Arts ", et en 1855, elle est transférée rue Général Saussier.

 

A partir de 1878, est créé un cours de dessin pour les filles âgées de plus de 14 ans.

En 1880, il y a 228 élèves.

En 1897, l’Ecole de dessin est complétée par un cours d’architecture, un de stéréotomie, un de modelage et un de composition d’art décoratif.

 

En 1903, l’école s’installe aux Jacobins jusqu’en 1914, l’école devenant hôpital militaire.

 

A cette époque, conformément au programme ministériel, l’étude du nu qui n’est autorisé que d’après les plâtres, ne sera pas assurée, par crainte de la réaction des élèves et des parents !

Aujourd’hui ce n’est plus le cas !

 

En 1908, 442 élèves.

En 1945, elle prend le nom d’" Ecole municipale des beaux-arts ".

En 1973, installation rue Jeanne d’Arc, avec 483 élèves.

 

Revenue rue Général Saussier, notre Ecole municipale des beaux-arts a toujours été brillamment dirigée par J-R. Baudemant… Briden… Roland Sonrier, jusqu’à son décès en 1980, Michèle Méloir, Jean-Pierre Costantini et aujourd’hui Béatrice Witdouck, avec 580 élèves.

 

Je terminerai en citant Sainte-Marie ancien conservateur des musées de Troyes qui écrivait il y a plus d’¼ de siècle : " Espérons que notre Ecole Royale de dessin, continue de prospérer pendant les siècles à venir, pour le plus grand renom, non usurpé de Troyes ville d’art " !!

 

 

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