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La Synagogue et les Juifs


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La Juiverie s’installe à Troyes au X° siècle, et une " académie " fonctionne, d’où est issu le célèbre Rachi (1040-1105), auteur de travaux littéraires considérables. Ce Rabbin, est le plus grand commentateur de la Tora et du Talmud et son influence s’étend rapidement aux quatre coins de l’Europe et les élèves affluent de partout. Non seulement il est reconnu comme grand Sage juif, mais également comme personnalité marquante de l’histoire de France.

  

Aux XI° et XII° siècles, Troyes compte un grand nombre de juifs puissants, leur aptitude aux affaires commerciales aidant au développement et à la prospérité de notre ville. Ils sont banquiers des comtes et acquièrent de grandes richesses.

  

Au règne de Philippe Auguste, ils sont persécutés, expulsés et leur synagogue remplacée par l’église Saint-Frobert, en 1183, qui se trouvait placée au milieu du quartier appelé La Juiverie, ou la Broce-aux-Juifs.

  

En 1216, l’église Saint-Pantaléon remplace une synagogue érigée à l’intention des marchands juifs, locaux ou étrangers fréquentant les Foires de Troyes. Elle est d’ailleurs longée par la Rue de la Synagogue.

  

Le 24 avril 1288, 13 juifs, accusés de crime rituel, refusant d’abjurer, montent sur le bûcher.

  

En 1311 Philippe-le-Bel chasse les juifs du royaume, en 1315, Louis X les rappelle, leur permettant de rester 12 ans à condition de porter un signe distinctif sur leurs vêtements (comme le fit Hitler 625 ans plus tard). Le quartier porte alors le nom de Saint-Frobert. Les juifs retournent dans le quartier de la Juiverie où se trouve leur synagogue. Ils sont inhumés près du rû Cordé, lieu-dit appelé "le champ aux Juifs ".

 

Philippe V les expulse à nouveau en 1321, après les avoir rançonnés.

  

Jean le Bon et le Dauphin Charles les autorisent à revenir.

Mais en 1394, Charles VI prononce le bannissement des Juifs à perpétuité, et prescrit la peine de mort pour ceux qui transgresseraient cet ordre.

 

En 1846, la Cour d’Appel tranche " Egalité totale des droits civils et politiques des Juifs de France. Ce sont des citoyens Français ", et en 1848, 2 ministres juifs entrent au Gouvernement.

 

Après la guerre de 1870, les juifs reviennent à Troyes, et se réunissent pour leur culte, dans une salle de l’arrière de l’Hôtel du Sauvage (à l’angle de la rue Saint Vincent de Paul). Le maire met à la disposition de la quinzaine de familles juives, un local, dans une maison de la Cour de la Rose Conseil municipal leur attribue en 1876, un local vétuste, pour leur servir de synagogue, à l’angle des rues Charles gros et des Archives. En 1900, est envisagée la construction d’une synagogue place du Vouldy, mais le projet n’aboutit pas. La maison tombant en ruine, de fin 1944 à 1950, l’église protestante met une salle à la disposition des juifs pour leur culte. En 1951, 2 pièces sont louées rue Charbonnet, pour servir d’oratoire, en face la ruelle des chats, pendant 10 ans.

 

 

Dès 1940, il y a à Troyes une succession de mesures anti-juives : perquisitions, arrestations, emprisonnements, séquestres de 46 affaires commerciales et industrielles des juifs… conformes aux décisions du Commissariat Général au Questions Juives du gouvernement de Vichy.

 

Le 28 janvier 1944, 70 juifs sont raflés (dont 16 enfants séparés de leurs parents) et conduits au siège de la Gestapo (conservatoire de la rue Diderot), puis rassemblés au Camp des hauts-Clos, et transférés à Drancy le 31 janvier. Le 10 février, ils sont embarqués dans des wagons à bestiaux plombés, direction finale de ces malheureux aubois : Auschwitz.

Au total, 138 juifs de l’Aube sont victimes de la barbarie nazie.

 

En 1951, à proximité de l’ancienne " allée juive " du cimetière, est apposée un plaque de marbre sur laquelle sont gravés les noms des disparus, avec à son pied, scellée, une urne maçonnée renfermant terre et cendres prélevées au camp d’Auschwitz.

 

En 1960, la communauté israélite (170 familles) achète le presbytère de l’Eglise de la Madeleine, rue Brunneval, et en 1970, s’agrandit des maisons voisines, et y installe la synagogue, l’aumônerie israélite, le centre communautaire. Une vie culturelle conforme au rituel s’organise alors avec le Rabbin Samoun.

 

La nouvelle synagogue est construite en style champenois, avec des pans de bois datant du XIV° siècle, donnant à l’édifice une allure solennelle absolue. Lors de l’inauguration en 1897 sont entrés les textes et rouleaux de la Loi de la Torah, qui la consacre définitivement comme lieu de prière. Une bibliothèque Rachi est installée au 1er étage, et nous y trouvons dans des vitrines, des livres très anciens. Sur la façade du XVIII° siècle, 4 corbeaux supportent le 1er étage en encorbellement. Ils sont décorés de coquilles et de motifs de la période Louis XV. Une inscription en hébreu a été ajoutée au-dessus du portail : " Ouvrez-moi les portes de la Justice. J’y entrerai pour louer Dieu ". Deux grilles de fenêtres représentent l’étoile de David, deux autres le chandelier à 7 branches.

 

En 1968, il y a 170 familles juives dans le département.

 

Une plaque est dévoilée en 1993, après le décret instituant une journée nationale commémorative de la rafle du Vél-d’Hiv où 13.000 juifs de la région parisienne furent arrêtés en 1942.

 

L'Institut Universitaire Européen Rachi ouvre ses portes en 1990. C’est un établissement d'enseignement supérieur, Centre universitaire d'études et de recherches hébraïques.

 

 

 

Joël Mergui, président du Consistoire central  israélite de France, le Grand Rabbin de France, Haïm Korsia, François Baroin Sénateur-Maire de Troyes, Philippe Richert président de la région Grand Est, Isabelle Dilhac préfète de l’Aube, Charles Aîdan président de la communauté israélite et du Centre culturel Rachi et bien entendu René Pitoun, la cheville ouvrière de cette restauration, ont inauguré le 4 septembre 2016, les bâtiments magnifiquement restaurés de la Synagogue de la rue Bruneval.

 

 

 

 

  

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