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Les Magasins Réunis


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Lorsque vous êtes rue de la République et que vous passez devant le magnifique immeuble de la FNAC, savez-vous que ce fut la première grande surface économique de Troyes, que les anciens Troyens appellent toujours : les Magasins Réunis ?

 

Antoine Corbin, fondateur des Magasins Réunis de Nancy, développe ses affaires, en décidant de créer à Troyes, en 1894, une nouvelle implantation, avant celle de Paris, et se met à la recherche d’un emplacement disponible, qu’il trouve à l’angle de la Rue de la République et de la place du Marché.

Le bel immeuble, dû à Louis Mony architecte (qui fut maire de Troyes), est construit en 1894, et ouvre juste pour les Foires de Mars 1897.

Le décor intérieur est à la mesure de ses façades, statuaire, décors peints et verrières, lui donnant la parure des immeubles bourgeois fin de siècle.

Deux grandes statues sont perchées de chaque côté de la coupole, symbolisant les vertus à la gloire du grand commerce (elles sont disparues depuis très longtemps, et décoreraient le jardin d’une propriété de l’agglomération).

 

Deux drames président à la naissance de cette extraordinaire entreprise : le fils du directeur, en surveillant le chantier, tombe d’un échafaudage, passe à travers une verrière et s’écrase sur le dallage.

En 1899, le veilleur de nuit est tué à coups de couteau par un employé venu vider les caisses. Le meurtrier rapidement identifié, est condamné aux travaux forcés à perpétuité au bagne à Cayenne.

 

Trois principes interpellent alors la clientèle : " Tout sous la main – Entrée libre – Prix fixes ".

Le public découvre cette nouvelle attraction que représente " l’entrée libre " (nombre de passants regardaient à la porte sans oser la franchir), la liberté de circuler entre les rayons chargés de produits si divers et que l’on peut toucher sans que les vendeurs n’interviennent trop rapidement, et les " prix fixes ", car quelques vieilles personnes marchandaient encore. 

  

On allait alors aux Réunis, autant pour voir que pour acheter.

On était sûr de trouver l’article recherché : que de marchandises disponibles et aux meilleurs prix. Les rayons sont surchargés d’ombrelles, de chapeaux, de canotiers, de robes de dames déployées…, des mannequins forment une haie d’honneur sur chaque marche du majestueux escalier, les comptoirs sont en chêne ciré…, une multitude de produits sont offerts à la vente : nouveautés, ameublement, ménage, quincaillerie, alimentation, au meilleur prix vante la " réclame ". Les étalages débordent jusque dans la rue de la République, casseroles, articles de ménage et d’entretien, pelles, balais…

Des bons sont remis aux acheteurs au pro-rata de leurs achats. Ils peuvent être échangés ensuite, selon leur valeur pour des vases (j’en ai encore 2, chinois, du temps de ma jeunesse), des tableaux…

C’est aussi avec ces bons que j’ai eu mes premiers poissons rouges, puis mes premiers bengalis avec une cage (que nous devions acheter)…

 

A Noël, est installé au rez-de-chaussée un manège.

Et quelle nouveauté et bonheur pour nous enfants, de prendre l’ascenseur avec un liftier en livrée s’arrêtant aux étages en annonçant les différents rayons que l’on pouvait y trouver !!!

Ce magasin possédait aussi le premier photomaton de la ville, cette cabine où en toute discrétion, ou pouvait réaliser des photos d’identité. A ce sujet, j’en avais été très heureux car cela m’avait permis alors que j’avais 17 ans, d’emmener au nez et à la barbe des Allemands, un aviateur américain, dont l’avion avait été abattu près de Troyes, et que nous avions pu cacher chez mes parents, se faire faire des photos, pour réaliser une fausse carte d’identité, lui permettant de repartir… où ? je ne l’ai jamais su.

 

La crise et le développement des grandes surfaces en périphéries portent le coup de grâce.

En 1982, le magasin s’ouvre sous l’enseigne du Printemps.

Mais, ce n’est plus la même clientèle. Ce magasin a une image haut de gamme, c’est avant tout un établissement de prestige, où toutes les grandes marques, tant de mode que de parfumerie, sont représentées et il n’y a pas la réussite commerciale attendue.

La fermeture définitive intervient le 30 juin 1989.

  

Trois ans après, c’est l’implantation à l’étage de la F.N.A.C. et une galerie marchande au rez-de-chaussée.

  

 

 

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