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Bibliothèque municipale


" Il serait possible d’écrire l’histoire à peu près complète de la paléographie, de la miniature et de la reliure en France depuis le XII° siècle jusqu’au XIX° siècle, à l’aide des seuls documents empruntés à la Bibliothèque de Troyes ", a écrit Émile Dacier, Inspecteur général honoraire des Bibliothèques et des Archives.

 

Elle est installée dans l’ancien dortoir de l’abbaye de Saint-Loup, fondée au VII° siècle, et reconstruite aux XVII° et XVIII° siècles.

Henri, troisième fils du roi Louis VI le Gros, novice dans cette abbaye, donne ses livres richement ornés de miniatures, dont 6 reliures romanes recouvertes de veau avec des motifs symboliques.

Les nombreux legs qui suivent obligent de construire près du chevet de l’église, en 1495, une grande salle voûtée. Le père abbé achète alors des manuscrits copiés et enluminés à Troyes, ainsi que des incunables.

Riche de 260.000 volumes, 3.000 manuscrits et 700 incunables, c’est l’une des plus anciennes bibliothèques publiques de France, et l’une des plus riches.

En 1651, Jacques Hennequin, docteur en théologie et professeur en Sorbonne, se retire à Troyes, et donne ses livres (4.700) aux religieux Franciscains, les Frères Mineurs appelés Cordeliers, à charge pour eux, de les mettre à la disposition de " tous ceux qui désireront entrer... tous les lundis, mercredis, vendredis... depuis midi sonnant jusque à soleil couchant... lequel lieu sera appelé la Bibliothèque de Troyes ". En 1779, le corps municipal ordonne l'ouverture d'une bibliothèque située au couvent des Cordeliers, qui avait toujours été fermée au public.

C’est aussi la bibliothèque de neuf générations de Jean IV Bouhier, mortier au Parlement de Dijon et membre de l’Académie française, qui est vendue par son gendre en 1782, à l’abbaye de Clairvaux, soit 32.662 livres et manuscrits.

Au moment de la Révolution, les livres des biens ecclésiastiques et ceux des émigrés, sont confisqués.

De même, la bibliothèque du prince Xavier de Saxe (1730-1806), émigré, frère de la dauphine Marie-Josèphe, bru de Louis XV, réfugié près de Troyes, au château de Pont-sur-Seine, est confisquée, ainsi qu’une jolie série d’imprimés et de manuscrits du XVIII° siècle, appartenant à la comtesse d’Hautefort de Bavière.

Un arrêté de juin 1793, fait déposer les collections des établissements religieux et des émigrés à Notre-Dame-aux-Nonnains.

En septembre, le Directoire choisit l’ancien dortoir de l’abbaye de Saint-Loup, pour y déposer ces volumes. La bibliothèque des Cordeliers vient l’y rejoindre.

En 1795, elle s’appelle " Bibliothèque centrale du département ", et en 1803, " Bibliothèque de Troyes ".

Le premier règlement est un arrêté municipal du 14 novembre 1826 :

Considérant que la bibliothèque de cette ville est un des plus précieux monuments qui existent…sera ouverte les lundi, mercredi et vendredi depuis l’heure de 10 du matin, jusqu’à celle de 2 de relevée, excepté pendant les vacances qui commencent le 25 août et finissent le 30 octobre ". 

La bibliothèque s’enrichit en 1876, de la collection Varlot, Bibliothèque bleue, petits livres de colportage. En 1882, 4.000 volumes de la succession de Jean-Auguste Millard, élu à l’Assemblée Constituante, sur les affaires politiques de cette période. En 1888, de Charles-Edmond Mitantier 17.000 volumes, éditions de luxe, aux reliures soignées, éditions de la Bibliothèque bleue, petits livres de colportage. 50.000 volumes et une importante série de gravures, sont légués par Charles Des Guerrois en 1916. En 1922, Victor Collin de Plancy, ancien ministre plénipotentiaire lègue 1.000 volumes sur l’Extême-Orient. Georges Hérelle, traducteur et ami d’artistes espagnols et italiens, offre 758 volumes et 68 séries de manuscrits. Lucien Morel-Payen, après 50 années de carrière à la bibliothèque, lègue 4.865 livres sur l’histoire locale en 1950. Le fils de l’un de ses successeurs Louis Morin, donne 1.552 volumes de son père, qui font toujours autorité aujourd’hui.

Les livres de l’abbaye de Clairvaux (depuis sa création par saint-Bernard, 1.300 manuscrits), compte environ 90.000 volumes, auxquels viennent s’ajouter les 50.000 du bibliophile bourguignon Jean Bouhier achetés en 1781 par les moines de Clairvaux. Viennent s’y joindre 5.000 manuscrits, des monastères des Augustins de Saint-Loup, des Bénédictins de Montiéramey et de Montier-la-Celle, des Bénédictines de Notre-Dame aux Nonnains et du Paraclet, et de ceux des chanoines de la cathédrale, 800 incunables, 80.000 volumes antérieurs à la Révolution, 100.000 volumes du XIX° siècle, 20.000 gravures et estampes... Il y a les dons et legs : 25.000 volumes de 1868 à 1888, 50.000 de Charles Des Guerrois en 1916, 13.000 de 1934 à 1965...

Il faut y ajouter 8.000 monnaies et médailles, 800 bois gravés...

La grande salle mesure 53 mètres de long sur 10 de large, et a une hauteur de 7 m. 10, c’est-à-dire celle de deux étages.

Les grandes échelles roulantes ont 7 mètres, 90.000 volumes (en partie de Clairvaux), placés le long des murs, sur 18 rangs, représentent deux kilomètres de hauts rayonnages en bois. Les huit fenêtres sont ornées de trente deux vitraux de Linard Gonthier, qui décoraient, avant la Révolution, l‘hôtel des Chevaliers de l‘Arquebuse.

La télévision a pris plusieurs fois la Grande Salle pour cadre de ses émissions.

En 2002, les livres sont transférés à la Bibliothèque Municipale à Vocation Régionale (la Médiathèque), à l’Espace Argence, inaugurée par le président de la République Jacques Chirac.

 

 

Réouverture de la médiathèque

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