Au XII° siècle, existe Place Jean Jaurès, une halle au Blé.
Après la construction place de la Préfecture d’une halle aux grains, y est construite en 1837, une halle aux tissus, appelée ensuite halle de la bonneterie, où les fabricants y vendent leurs marchandises dans 65 comptoirs. Puis, les transactions s’effectuant autrement, elle est fermée en 1904.
Le maire radical Louis Mony projette la création d’une Bourse du Travail.
Une réunion du Conseil Municipal du 13 janvier 1906, adopte la transformation de cette Halle, en Bourse du Travail.
Un des opposants les plus farouches, est un conseiller ouvrier, luttant depuis 25 ans pour la conquête du droit syndical.
Il déclare : " Les Bourses du Travail sont des foyers d’agitation, causant des troubles incessants… J’ai vu une grève de bonnetiers conduite par un mastroquet, un perruquier et un marchand de nougat… à 20 ans de distance, je constate la faillite du syndicalisme qui n’a pas pu regrouper plus de 10 % des travailleurs. Dans le journal de Jaurès de " l’Humanité " du 15 avril 1905, je lis dans le compte-rendu de la séance du Conseil municipal : "Séance pénible et douloureuse, où la gestion de la Bourse du travail est dénoncée. Des faits honteux de brigandage sont rapportés qui ne sont que trop vrais. Certains syndicats se retirent de la Bourse du travail, pour ne plus exposer leurs membres féminins aux outrages de quelques malandrins… dégradations faites à l’immeuble, vols au préjudice de la ville et des syndiqués, violences, outrages aux mœurs se multiplient depuis 1 an ".
Si je voulais vous faire connaître de tels faits, je serais obligé de vous demander M. le Maire de prononcer le huis-clos. Et ce n’est pas qu’à Paris ! Les Bourses du Travail de Lyon, Alger, Tours, Bourges, Oran…sont fermées. Pourquoi ? Parce que les violents s’imposent, siègent en permanence dans les Bourses du travail, où ils vivent aux dépens des subventions et des ouvriers crédules et bénévoles qui les écoutent… Le congrès des syndicats de l’Aube veut l’autonomie de la Bourse du travail, mais à aucun prix se soumettre à une réglementation, ni rendre compte de leur gestion aux Municipalités, et ils demandent cependant des subventions. C’est en réalité des fonds secrets qu’ils réclament. Moi qui les croyais des adversaires de ces sortes de fonds, seulement utiles aux gouvernements bourgeois. Encore une de mes illusions qu’ils me font perdre !
En résumé, les Bourses du Travail n’ont servi jusqu’alors qu’à une poignée de mauvais bergers ambitieux, qui réunissent le pauvre troupeau d’ouvriers dociles et crédules à qui ils promettent de les conduire vers les gras pâturages, mais en réalité pour s’en servir comme d’un tremplin, l’exploiter et le dépouiller du peu de laine qui lui reste sur la peau.
La discussion close, malgré cette intervention, le rapport de doter la Ville de Troyes d’un monument qui planera au-dessus de tous les autres, et pour les services qu’il rendra à la démocratie laborieuse, est alors adopté.
Depuis ce jour, la Bourse du Travail a vécu de belles journées, comme le 9 avril 1911, avec la révolte des vignerons, Gaston Checq haranguant plus de 20.000 manifestants.
En 1914, la Bourse accueille la Société d’Etudes et d’application sanitaires de l’Aube, la Société d’Education Familiale, la Mutualité Maternelle de l’Aube, la Société de secours mutuels des bonnetiers de la Ville de Troyes, la Société de Soulagement entre les ouvriers tanneurs, corroyeurs, chamoiseurs, mégissiers et pelletiers de Troyes, la Société de secours mutuels des anciens sous-officiers de l’Aube.
En 1932, une salle des fêtes est installée au 1er étage, avec une scène, où de nombreuses pièces sont jouées, avec des galas de boxe, des expositions de fleurs, de peintures…
La Bourse sert aussi aux meetings politiques, des hauts parleurs retransmettant place Jean Jaurès, les ténors, tel le député André Mutter.
En 2006, la municipalité décide la reconversion de la Bourse du Travail, dans son projet de requalification et de re dynamisation du centre-ville.
Le nouveau projet municipal a, selon le maire François Baroin, l'ambition : " d'apporter un véritable contenu économique à cette opération, en développant une offre commerciale forte et cohérente pour conforter l'attractivité commerciale du centre ville ".
La presse du 18 octobre 2014 titre : " Bourse du Travail : tout est à refaire " ! Lors du Conseil municipal du 17, la Municipalité informe que l'aménageur Frey s'est retiré de ce projet. Le maire François Baroin réaffirme sa volonté de trouver une issue dans les meilleurs délais : "Nous avons des projets, nous avons l'intention et nous réussirons sur la Bourse du travail ".
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