
Au XII° siècle, en dehors de la ville de Troyes se groupaient les 4 bourgs de Croncels, Sainte-Savine, Saint-Jacques et Saint-Martin-ès-Vignes.
Dans ce dernier, en 1100, le comte Hugues veut que quiconque le souhaite, puisse y bâtir, y habiter, y jouir de la liberté.
En 1497, en raison de la servitude qu’entraînent les fortifications, le bailliage défend d’y construire aucun édifice pouvant servir d’habitation.
En 1598, Monsieur Petitjean, chanoine de Saint-Pierre de Troyes, est prié de " se transporter dimanche prochain en l’église de Saint-Martin-ès-Vignes pour faire les exorcismes accoutumés à l’église catholique sur une fille demeurant en la paroisse dudit lieu, laquelle été baptisée au prêche des hérétiques " (Protestants).
En 1800, les habitants de Saint-Martin profitent des avantages de notre ville, sans en supporter les charges : leurs enfants fréquentent les écoles de Troyes, les indigents sont admis à l’Hôtel Dieu, les pompiers éteignent les incendies… le tout gratuitement !
L’octroi à l’entrée de Troyes entraîne le paiement de droits sur toutes les marchandises consommables qui y entrent.
Pauvres marchands troyens, heureux concitoyens de St Martin qui échappent à ces taxes.
Les Ursulines y ont 2 classes.
Les gens sont heureux. Mais les édiles Troyens veulent les annexer.
"La guerre de Troyes " ne fait que commencer !
Cinquante ans que cela dura !
Du maire au préfet, ils tentent tout pour son rattachement.
Mais le Conseil d’Etat n’est pas d’accord sur le motif " qu’il n’est pas sage d’augmenter les villes aux dépens des communes rurales ".
Les Troyens étouffent, ils démolissent leurs remparts, permettant de voir le charmant village où la vie continue d’être plus facile. Si bien, que les troyens aisés viennent s’y loger, y construire.
Bientôt, la population de cette commune plus que double !
Les entrepôts, non sujets à l’octroi s’y installent.
La fraude augmente.
Les denrées destinées aux troyens s’entassent ainsi dans un " lieu franc ".
La coupe est pleine, le Conseil Municipal de Troyes demande l’annexion de Saint-Martin.
C’est chose faite le 10 juillet 1856.
Cela implique la gratuité de l’enseignement primaire dans cette commune, et la ville refuse de prendre en charge l’école des sœurs de la Charité.
L’église date du XVI° siècle, avec de remarquables verrières et de nombreuses statues de qualité.
Le Lycée de filles s’installe en face l’église.
Mais savez-vous qu’il existe à côté de l’église, l’école maternelle la plus écologique, la plus agréable de Troyes ?
Quel environnement pour les enfants, avec un calme à envier, le square de verdure voisin, pas de béton comme malheureusement il y en trop ailleurs.
Je vous invite à découvrir les salles de classes à l’intérieur.
Que de matériel pédagogique ! Il s’y fait beaucoup de travail manuel, des artistes viennent apprendre aux enfants le graphisme, la peinture, et les plus âgés ont même une initiation à l’informatique !
Tout cela permet une excellente éducation et une qualité de vie unique pour tous les bambins, ainsi que nous avons pu nous en rendre compte.
Certainement qu’en 2012, les enfants de cette école maternelle, ont une vie aussi heureuse que celle que les habitants de cette commune connaissaient avant 1856 !
Je n’aurais peut-être pas dû faire de publicité pour cet établissement, qui n’est pas tellement connu, car les parents risquent de s’y précipiter pour y inscrire leur progéniture, à la rentrée prochaine !!!!

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