Histoires d'eau


La pêche et les Troyens


 

   

  

Depuis la création de notre cité, jusqu’au début du XX° siècle, la pêche tient une place très importante à Troyes.

La pêche est sans doute le premier sport pratiqué au monde.

Les premiers hommes qui ont habité notre cité, pour vivre, se sont livrés à la pêche.

Très rapidement, il faut payer des droits aux rois, aux Comtes de Champagne, pour pêcher dans les fleuves, les rivières, les ruisseaux, les fossés…

Dès le 9° s., ils abandonnent souvent leurs droits : le roi Charles-le-Chauve au profit de l’abbaye de Saint-Denis, le comte Hugues de l’abbaye de Molesme…

En 1097, avec le droit de pêche dans la rivière Mogne, ils donnent même un pêcheur par-dessus le marché.

Au XII° siècle, l’eau du canal de la Moline est pure, ce qui permet de placer, en aval et en amont du moulin de Jaillard, des " huches " ou viviers dans lesquels on entretient le poisson destiné à l’alimentation des habitants (jusqu’en 1850). Ils appartiennent au chapitre de Saint-Etienne.

Le comte Henri-le-Libéral, en 1154, accorde aux chanoines de Saint-Loup, l’eau depuis les moulins du torrent des malades jusqu’à la grange Saint-Loup.

En 1157, il donne au chapitre de la Collégiale Saint-Etienne, la pêche et le cours d’eau depuis la villa de Sencey jusqu’au moulin Saint-Quentin.

Il donne en 1170 à l’abbaye de Saint-Martin-ès-Aires, l’eau et la pêche de la rivière, depuis l’entrée de Jaillart, jusqu’à l’eau d’Oriolt. En 1171, il donne la dîme et la pêche des moulins Oursiers, Meldançon et de Chaillouet, à l’abbaye Saint-Loup.

En 1174, le comte Henri-le-Jeune donne les eaux et la pêche de la Seine jusqu’aux moulins de Saint-Quentin, et en 1189, rédige une charte en faveur de l’Hôtel-Dieu-le-Comte, concernant les eaux de la pêche, confirmée en 1419, par Philippe-le-Long.

En 1209, Hugues de Villemoyenne fait don à l’Hôtel-Dieu-le-Comte, d’Aubert le pêcheur, de sa famille et de tout ce qu’il possède en meubles et en immeubles, avec le droit de pêche, dans la Seine.

Le comte Thibault IV concède aux habitants de Troyes, en 1231, la pêche des fossés.

Thibault V, en 1261, concède le droit de pêche dans les fossés aux religieux Bons-Hommes, Trinitaires ou Mathurins, qui rachètent les captifs tombés aux mains des Maures et des Sarrasins.

En 1356, le roi Jean II-le-Bon abandonne aux Troyens la pêche des fossés pour qu’Henri de Poitiers évêque, faisant fonction de maire, en emploie le produit aux réparations des fossés et à l’édification des fortifications.

Charles VII concède aux Troyens, en 1430, le droit de pêche dans les fossés de la ville, en raison de l’activité qu’ils déploient pour mettre leurs murailles en bon état de défense.

En 1523, le maire fait jeter par dessus les remparts, les lits et les vêtements des pestiférés dans les fossés. Les pêcheurs se révoltent, car ils ont tout perdu, n’ayant pu pêcher, ni vendre leur poisson.

En 1728, le Maire de Troyes, se rend à Reims pour le sacre de Louis XV, emportant en présents, des pâtés de truites " dans chacun desquels il y avait 3 truites ".

En 1775, son successeur lors du sacre de Louis XVI, emmène aussi des pâtés de truites et des écrevisses.

Les décrets de 1875 donnent les dimensions des poissons et écrevisses… les mailles des filets… et " il est interdit d’accoler des nasses, paniers et filets à demeure… de pêcher à la main, de troubler l’eau et de fouiller au moyen de perches sous les racines ou autres retraits fréquentés par le poisson… de se servir d’armes à feu, de poudre de mine, de dynamite ou de toute autre substance explosible…La pêche n’est permise que depuis le lever du jour jusqu’au coucher du soleil…".

En 1904, c'est le rétablissement du droit exclusif de pêche dans les fleuves et rivières, ordonné en faveur de l'Etat.

Le Conseil municipal réclame à l'Empereur " le droit de pêche dans les fossés qui sont une propriété de la Ville de Troyes, et sont entretenus à ses frais..." Il lui est répondu " que la Convention Nationale, en 1793, a supprimé sans indemnité, le droit de pêche dont ils jouissaient..."

Une loi de 1829 " interdit de placer dans les rivières, canaux et ruisseaux, aucun barrage de pêcherie... Quiconque aura jeté des drogues ou appâts de nature à enivrer le poisson ou à le détruire, sera puni d'une amende et d'un emprisonnement... Quiconque pêchera, colportera ou débitera des poissons qui n'auront pas les dimensions... sera puni..."

Les concours de pêche furent pendant très longtemps, une grande attraction pour les Troyens et les Aubois. Très nombreux étaient les concours, et une foule immense se déplaçait pour y assister, comme vous pouvez le voir sur les photos qui défilent.

C’était un véritable succès populaire. Ils réunissaient jusqu’à 1.700 concurrents, avec 200 commissaires et des milliers de spectateurs.

Un sport connaît depuis une vingtaine d’années un succès à l’échelle internationale : en 1989, est créée à Bar-sur-Seine, une école de pêche à la mouche (la deuxième de France), inaugurée par le Préfet Philippe Massoni, avec le soutien financier de l’Etat, de la Région, du Conseil Général, de la commune de Bar-sur-Seine, de la Coopérative Vinicole des Coteaux de l’Arce…

Là, les pêcheurs disposent d’un réseau hydrographique exceptionnel avec cinq cours d’eau classés en première catégorie piscicole.

L’Aube compte 6.000 hectares de plans d’eau : 2.500 pour le Réservoir Seine, 2.500 pour le Réservoir Aube, 1.000 pour les petits plans d’eau.

En 1990, 23.000 pêcheurs ont acquitté la taxe officielle piscicole, auxquels il faut ajouter de nombreux Parisiens.

Aujourd'hui, il y a toujours des pêcheurs dans le canal, l'Aube, la Seine, l'Arce, la Laignes, l'Aujon ou la Vanne, et la création du lac de la Forêt d'Orient a été une chance pour eux. Le lac est très poissonneux, riche en brochets, et se pratique en bateau ou du bord. 

En 2011, bien qu’il n’y ait plus de paniers remplis de perches, truites, brochets… il existe 31 Associations agréées de pêche et de protection du milieu aquatique du département de l’Aube.

Mais, si le nombre de pêcheurs a diminué de 50 % en 20 ans (en cause la météo, la concurrence d’autres activités, les jeunes qui zappent d’un loisir à l’autre, la dégradation de milieux… il y en a de plus en plus en centre ville, dans le bassin de la Préfecture ou sur les bords de la Seine, mais pour le plaisir, car les prises… sont remises à l’eau après photo !  

 

Dimanche 5 juin 2011, la Fédération de pêche a organisé, pour la première fois, une fête de la pêche au coeur de la ville de Troyes pour faire comprendre aux citadins le potentiel halieutique troyen. Des rendez-vous ont aussi été prévus à Méry-sur-Seine, Gyé-sur-Seine, les Riceys, Traînel, Ervy-le-Châtel, Vallant-Saint-Georges et Romilly-sur-Seine. Autour du bassin de la Préfecture, une centaine d’enfants ont pu découvrir toutes les techniques de pêche. La fédération avait même lâché 50 kg de truites dans le bassin !!!

 

Une pêcherie Gallo-Romaine, bien conservée, datant du premier siècle, a été révêlée en septembre 2013, par des archéologues dans une gravière à Pont-sur-Seine, à 2,50 m de profondeur. A été découverte une nasse en osier tressé, de 1 m 50, en excellent état, après 2.000 ans d’ensevelissement.

 

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