Troyes et l'Aube précurseur

Inventions troyennes



Géorgia Knap  


Le 29 octobre 1946, disparait Géorgia Knap, génie français, inconnu du grand public. Né à Troyes le 25 avril 1886, au quartier Croncels, il aura une destinée assez peu ordinaire.

 

Il prétendait en effet être immortel, et avait écrit, dès 1918, un ouvrage au titre évocateur : « Une vie meilleure, la vie merveilleuse de Géorgia Knap, le plus effarant génie contemporain, l’homme aux 80 métiers ». Cet ouvrage, et d’autres (tel que celui intitulé : « Pour vaincre la décrépitude du corps et du visage et reculer les limites de la mort »), lui permirent, à plusieurs reprises de « passer » dans la presse nationale. Il prétendait avoir le pouvoir de se rajeunir. Ainsi, depuis 1916, il avait décidé de ne plus mourir ! Mais, comme il fallait une preuve matérielle, il avait tout bonnement choisi de se laisser vieillir la main droite, et d’utiliser ses dons sur sa main gauche. A l’appui de sa thèse, il montrait, à qui voulait le croire et l’entendre, qu’il lisait à 80 ans, sans lunettes. 

 

Naturopathe avant la lettre, il est l’auteur d'une thérapie nouvelle soulageant instantanément les douleurs rhumatismales, concevant la méthode de massage des points de Knap, une méthode d’automassage et d’auto guérison tous usages.Cette approche naturelle permet notamment d’obtenir de nombreux résultats : soulager toutes les douleurs rhumatismales et musculaires, se remettre sur pied et refaire son énergie instantanément, améliorer la mémoire et la concentration, éliminer les difficultés digestives, soulager l’asthme, l’angoisse…

 

 

 

          A 13 ans, son père Léonce Knap, facteur de son état, le place chez un mécanicien de Troyes. Bien vite, le petit Géorgia y apprend son métier et veut voler de ses propres ailes. Il loue un atelier, rue de Preize, et, de ses mains, y construit, sur ses propres plans, une voiture. Malheureusement pour lui, le moteur de la voiture explose au cours des premiers essais.

 

Il en fallait davantage pour décourager le jeune Knap. C’est alors qu’il s’intéresse à l’électricité. C’est nouveau, alors, pourquoi ne pas essayer ? Là encore, on reconnait l’esprit d’innovation de Géorgia Knap, installé dans une maison de la rue Pierre Gauthier à Troyes, il décide de l’équiper en « tout électrique ». Aujourd’hui, cela paraît banal, mais nous sommes en 1907 ! Et il réussit ! Sa maison est devenue « la maison électrique », et toute la France s’y intéresse. Il faut dire que rien n’y manque : fer à repasser, fer à friser (les jupons, chemises…), une machine à frotter les tapis qui aspire en même temps les poussières, une cireuse électrique, un décrottoir électrique, une machine à cirer les chaussures, une horloge électrique… Voilà déjà de quoi surprendre des visiteurs de la maison. Mais, ce n’est pas tout, il y a aussi un petit ascenseur pour le service des chambres, et des moteurs pour faire tourner les appareils de cuisine (hachoirs, moulins à mayonnaise ou à crème…), et nous ne parlons pas de la lumière de la maison, elle aussi électrique. Tout cela est bien sûr révolutionnaire pour l’époque. De nombreux Troyens voulaient visiter la maison, et Géorgia Knap dût afficher ses horaires : de 16 à 18 H et de 20 à 21 H. Cette maison électrique aura beaucoup de succès. Fin 1907, son inventeur devra l’installer à Paris, boulevard des Italiens. C’était la gloire. Un journal national de l’époque écrivait que «  c’était une habitation inimitable, résumant le triomphe de la mécanique moderne ».

 

          Mais, l’invention la plus géniale de Géorgia Knap, sera l’idée des « cottages sociaux ». Il pensait qu’à partir de sortes de moulages, on pouvait construire plus vite et à meilleur prix, des habitations. La technique du béton armé était découverte ! Le premier groupe fut construit  entre 1919 et 1921, derrière l’ancien vélodrome de Troyes, puis en 1920-1922, il fit une expérience à Sainte-Savine. Ces essais feront tache d’huile, puisque quelques temps après, des applications du « système Knap », ou du « Cottage social », se feront avec succès à Paris (11° et 13° arrondissements), en Meurthe-et-Moselle, à Lorient, Chablis, Saint-Cloud, Lyon, Saint-Etienne, Dax, Brest, Dunkerque, Belfort, Villeurbanne, Orléans… Ce fut un succès, tant au point de vue financier que social !

 

          Géorgia Knap prétendait connaître, outre son premier métier de mécanicien, au moins 80 métiers : architecte, ébéniste, aviateur (il avait créé un avion en 1916), coutelier, cordonnier, électricien, charpentier, cardeur… Il avait inventé des recettes de cuisine, créé de nouvelles espèces végétales (l’amarante géante par exemple) et fait les premières applications de la culture à la lumière artificielle (électrique). Son esprit curieux s’appliqua à résoudre le problème de la projection des films cinématographiques. Il invente donc, à cet effet, un nouvel écran, tout en aluminium, laminé plané et rayé, qui eut un très grand succès.

 

          Géorgia Knap déposa en Belgique un brevet pour sa marque de motocyclettes et de voitures électriques. 

 

Une rue de Troyes porte son nom depuis la décision du Conseil Municipal du 28 novembre 1996.

 

 

 

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