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Eglise Sainte-Agnès de Fontaine-les-Grés


Pourquoi cette église nouvelle a-t-elle été construite dans une localité qui possède déjà, l’ancien sanctuaire dédié à Saint-Nicolas ?

 

La réponse est simple : Fontaine Les-Grés se compose en fait de 2 parties : Fontaine, la commune, Les Grés, autrefois simple relais de poste sur la route de Paris, puis hameau, puis agglomération qui, en quelques années s’est accrue plus vite que son aînée.

 

Or, la vieille église de Fontaine ne pouvait supporter ni extension, ni transformation.

 

Il fallait donc penser à assurer l’exercice du culte pour une population sans cesse grandissante, et c’est ainsi qu’est née l’église Sainte-Agnès, grâce à l’initiative généreuse d’un groupe familial, secondé avec beaucoup  de dévouement par le Comité Paroissial.

 

Cette église a été commandée par André Doré, patron de Doré-Doré, suite au décès de sa fille Agnès, la finançant avec l’argent prévu pour sa dote.

 

C’est Michel Marot qui construit l'église Sainte-Agnès de Fontaine-lès-Grès, avec des entreprises auboises !

 

Le 5 avril 1955 : 1er coup de pioche sur le terrain.

 

11 juin 1955 : pose de la 1ère pierre.

 

3 juin 1956 : inauguration de Sainte-Agnès

 

Michel Marot a su traduire en un langage complètement nouveau le charme des églises champenoises comme la vaste toiture des églises-halles.

 

Le porche est une fidèle reproduction d’un auvent de grange champenoise, la toiture basse, en tuiles plates du pays, accentue cette note bien régionale.

 

A l’arrière-plan jaillit une flèche triangulaire très élégante, de 35 mètres au-dessus du parvis, sa couverture est en ardoises. Elle est terminée par une croix d’un joli dessin qui sort des ateliers Maison aux Riceys.

 

Tout reproduit le symbole de la Trinité : la forme du terrain, l’édifice qui est un triangle équilatéral de 30 mètres de côté, le confessionnal, les fonts baptismaux, les pilastres, le support du maître-autel, tous les détails reproduisent ce symbole, même le tabernacle est un tétraèdre régulier.

 

Tous les ouvrages dissimulés par l’habillage : ossature de la nef, armature de la flèche… ont été exécutés par les Ets Jouffrieau de Neuville-sur-Vanne.

 

Tous les travaux de maçonnerie ont été confiés à l’entreprise Linville de Troyes.

 

Les deux autels des chapelles de la Vierge et de Sainte-Agnès sont constitués par de simples dalles de pierre posées directement sur les murs extérieurs.

 

Des bancs spacieux, en chêne clair, meublent la nef et la tribune. L’église peut recevoir 400 personnes.

 

Les vitraux partent d’une idée très originale, tant pour la matière que pour le dessin. Réalisés en verre ondulé armé (formule neuve et hardie), la cuisson en a été exécutée dans des fours spéciaux. Les fonds, en plusieurs tonalités de gris et de jaune, produisent un effet de lumineux rideaux. L’artiste J-C. Vignes n’a représenté chaque saint que par ses attributs. C’est ainsi que la Vierge a le lys des champs qui fleurit les Evangiles, saint Eloi l’enclume et les tenailles, saint André, la croix en X, saint Léon, la tiare et les clefs, sains Nicolas, la crosse et les 3 bambins, saint Fiacre, l’arbuste et la bêche, sainte Agnès, enfin, la toison de l’agneau… stylisée en fond de mailles, puisque nous sommes au pays de la bonneterie !

 

Une verrière reproduit les armes de la Confrérie des Bonnetiers.

 

Sur les vitraux près du chœur, de part et d’autre de l’autel, les symboles sont les stations du Chemin de Croix, dont l’iconographie a été définie par André Doré en collaboration avec le clergé.

 

La simplicité de l’ensemble est concrétisée par l’absence de chaire.

 

L’unique lustre, grande couronne de laiton, supporte des lampes dont les unes sont dirigées vers le haut, les autres vers le bas.

 

A la tribune, une « organette » électronique de Constant Martin assure l’accompagnement des chants.

 

Trois cloches sont commandées électriquement et produisent, soit la volée, soit le tintement, avec angélus à commande automatique.

 

Le parvis est dallé de pierre.

 

L'église Sainte-Agnès a été très tôt reconnue par son plan triangulaire unique en France en 1956 et par l'originalité et la qualité de son décor, et a reçu « L'équerre d'argent » en 1963.

Sa construction reflète  une période de création architecturale très riche en France, entre 1950 et 1960.

 

Edifice et vitraux ont été inscrits à la liste supplémentaire des monuments historiques (au titre immeuble), le 31 mai 2010.

 

Michel Marot obtint le « Grand Prix de Rome » en 1954, pour le programme « Un centre de recherches africaines à Kano, dans le Nigéria britannique ». Il séjourna à la Villa Médicis de janvier 1955 à avril 1958.

 


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