Scandales


Les Punks


J'étais alors maire-adjoint, vice président délégué de la mission locale.

Un samedi midi de printemps, je prenais part, avec le Rotary-Club de Troyes, dans la salle des fêtes de l’Hôtel de ville, à un repas avec d’autres clubs français et étrangers.

 

En tant que Past Président du Club, je présidais une table de 10 personnes (5 hommes et 5 femmes).

 

A un moment, le chef de la police municipale vient me trouver, et me dit qu’il va devoir intervenir contre cinq punks qui dérangent les personnes passant devant Prisunic, et qu’ils ont sans aucun doute trop bu.

 

Je lui avais en effet demandé que, lorsqu’il y avait des problèmes avec des jeunes, il vienne me prévenir avant d’agir.

 

Je m’échappe discrètement, demandant à la police de ne rien tenter avant mon retour (j’ai juste la place à traverser).

 

Arrivé rue Émile Zola, je tance les jeunes, qui me montrent une grande bouteille plastique de Coca-Cola. Je sais pertinemment que c’est du vin rouge, avec un peu de coca.

Je me rends compte que les punks n’ont rien eu à manger à midi, et que la boisson a fait effet surtout parce qu’ils sont à jeun.

 

Comme à chaque réception, je sais que le traiteur a prévu largement pour les 150 ou 200 personnes réunies à la mairie.

J’emmène donc ces jeunes, après avoir eu leur parole qu’ils seraient polis et se tiendraient correctement.

Je les fait passer par l’escalier de service, jusqu’aux cuisines qui se trouvent à l’étage au-dessus de la salle des fêtes.

Sans aucun problème, le cuisinier leur donne à déjeuner, et ils s’installent prendre leur repas sur les marches de l’escalier.

 

Rentré à ma table officielle, il m’est demandé ce que j’ai fait, car mes voisins avaient entendu une partie de la conversation avec le chef de la police municipale.

 

Je leur raconte succinctement comment cela s’est passé, et que ces punks sont à quelques mètres d’eux.

 

Les cinq bonnes bourgeoises qui m’entourent, me supplient de leur montrer au moins un de ces punks.

Après tout, pourquoi pas, si je puis sensibiliser un peu ces personnes aux problèmes que nous rencontrons.

Moins de deux minutes plus tard, j’installe à notre table celui que j’ai trouvé le plus représentatif : crâne rasé avec une banane de couleur orange, jaune ou verte (je ne me souviens plus), avec un vêtement de cuir ou plastique clouté, un tee-shirt déchiré, de gros godillots genre rangers aux pieds, des chaînes, des épingles de nourrice en pendentif…

 

Ces dames sont ravies, et leur posent beaucoup de question, sur leur mode de vie...

J’en profite pour dire que ces jeunes ont toujours avec eux un petit animal domestique.

 

Évidemment, il est demandé quel animal c’est. Je demande au jeune de leur montrer.

  Le punk met la main sous son blouson, et en sort un joli rat blanc qu’il pose sur la table, à côté de lui.

 

D’un seul coup des cris stridents sont proférés par mes gentilles voisines, dont certaines se sauvent ou montent sur leurs chaises, attirant l’attention de toute la salle !

 

The Paper Chase by Michael Giacchino on Grooveshark

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