Scandales


Emeute au stade


Le samedi 14 octobre 1978, le T.A.F. rencontre au stade de l’Aube l’équipe de Gueugnon.

A quelques minutes de la fin, l’arbitre M. Meeus accorde un penalty non mérité contre l’équipe locale.

 

L’Est-Eclair et Libération-Champagne du 16 octobre 1978 n’hésitent pas à consacrer plusieurs pages à cette rencontre et à titrer en gros titres :

L’arbitre vole un point au T.A.F., et déclenche de graves incidents : ... par des décisions fantaisistes, contradictoires et incompréhensibles, a tout simplement provoqué une émeute au stade de l’Aube... M. Meeus a dépassé les limites du tolérable ! Distribuant 3 cartons jaunes pour les fautes vénielles, oubliant, par contre, les agressions caractérisées, fermant les yeux sur deux penalties flagrants en faveur du TAF... il a su créer l’ambiance et chauffer le public à blanc... lorsqu’il accorda à 3 minutes de la fin un penalty (imaginaire celui-là) à Gueugnon, ce fut l’explosion de colère et ses conséquences graves... il est à l’origine de l’émeute (et le mot n’est pas trop fort) qui secoua le stade dès le coup de sifflet final... pierres, pavés, bouteilles et autres projectiles, ont déferlé avec violence sur les policiers, lesquels, courageusement ont su faire front et protéger l’arbitre... nombre de ces policiers ont été blessés par les projectiles et ont dû recevoir des soins sur place... les portes du stade -en fer- ont été brisées, tordues; les carreaux (protégés par du grillage) cassés. Cela a duré pendant 30 minutes environ... dommage que pour une fois, l’arbitre n’ait pas suivi les conseils du public, lequel l’avait incité à aller aux ch....es... ".

 

La police, en nombre insuffisant, est alors incapable de faire évacuer le stade.

 

Libération Champagne du 17 octobre, dans la rubrique sportive annonce en gros titre: " M. Jacques Schweitzer, maire-adjoint a rencontré M. Meeus... :  Jacques Schweitzer... chargé des sports, était lui aussi au cœur des débats, dans la mêlée même. Il ne fit certes pas le " coup de poing ", mais il fut cependant très près de l’action et il s’indigne lui aussi du comportement de M. Meeus.

M. Schweitzer a d’ailleurs tenu à rencontrer M. Meeus à la fin de la partie. " En effet, ma position officielle m’interdisait de sortir de ma réserve, mais j’aime le football et je suis peiné de ce qui est arrivé samedi soir au T.A.F. Je m’en suis donc allé tenter de dire à M. Meeus - avec calme - que tout était de sa faute. Je voulais en effet le lui faire comprendre, et croyez-moi, il a compris et reconnu les faits ". M. Schweitzer tenta d’influer sur le rapport que M. Meeus n’allait pas manquer d’établir. " Je tenais aussi, par ma présence dans les vestiaires de l’arbitre, à éviter la catastrophe éventuelle, c’est-à-dire la possible suspension du stade de l’Aube. M. Meeus a commis beaucoup d’erreurs. Il a fait amende honorable en déclarant : " Tout être humain peut se tromper ". Certes, mais tout arbitre peut se faire remplacer par un de ses juges de touche. Je me pose encore cette question : " Pourquoi, alors qu’il ne se sentait pas bien dès l’attaque du match, n’a-t-il pas procédé à son propre remplacement ? ". M. Meeus, à mon sens, est le seul et unique responsable des incidents ". On ne peut être plus catégorique, et cette prise de position de M. Schweitzer risque de servir le TAF, surtout que le maire-adjoint de Troyes poursuit : " Je comprends fort bien la réaction des supporters, mais je la regrette aussi ". Le maire-adjoint de Troyes, signalons-le au passage, fut le seul spectateur de TAF-Gueugnon, à être admis dans les vestiaires de M. Meeus. Sa position officielle le lui permettait, sans aucun doute, mais toujours est-il que cette présence aura peut-être servi la bonne cause, celle du TAF, lequel club, reconnaissons-le, joue de malchance. Le 18 octobre, le G.P.F. se réunit, et le terrain du stade de l’Aube risque d’être suspendu ".

 

Pour permettre à l’arbitre de sortir des vestiaires et lui éviter de se faire écharper par les supporters, je lui ai fait endosser la tenue d’un policier, et suis sorti discrètement avec lui, vers 23 h 45, par une porte dérobée, et dans une voiture banalisée !

 

Mon engagement et ma prise de position ferme ont été prises en considération, le terrain n’a pas été suspendu ! 

 

  

 


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