Guerres et occupations


Novembre 1939 : Daladier – novembre 2015 : Valls. Déclaration de M. Daladier sur la guerre


DALADIER
DALADIER

Par le décret-loi du 12 novembre 1938 la France ouvre en Lozère le camp de Rieucros, premier camp d'internement français pour les « étrangers indésirables ». Il est élargi par la loi du 18 novembre 1939 qui permet l’internement « de tout individu, Français ou étranger, considéré comme dangereux pour la défense nationale ou la sécurité publique ». Ainsi, dès 1939 les camps d'internement français accueillent les réfugiés de la guerre espagnole. Le 30 novembre 1939, les chambres sont convoquées, et M. Daladier, du parti Radical, Président du Conseil, prononce une déclaration qui semble être reprise par nos dirigeants le 19 novembre 2015.

Je pense que cela devrait intéresser mes lecteurs.

 

VALLS
VALLS

Le 30 novembre 1939, les chambres sont convoquées et M. Daladier demande le renouvellement des pleins pouvoirs.

A cette occasion, il prononce un important discours dont voici quelques extraits : « … Cette guerre est pour nous la guerre de notre sécurité, la guerre de notre liberté… C’est pourquoi, notre règle, à nous qui nous défendons, est l’économie du sang et l’économie des souffrances… Ceux qui défendent leur sol et leur liberté sont attentifs à ménager le plus possible les sacrifices de vies humaines. Telle est la règle de notre gouvernement et des chefs de nos armées… Mais tout en demeurant avare du sang français, nous accumulons sans trêve ni répit des moyens puissants qui nous donnent la certitude de pouvoir briser les assauts… Nous avons doublé en profondeur les défenses de notre ligne Maginot… Le sort de la guerre ne se trouve pas seulement déterminé chaque jour par les opérations militaires. Sur la décision finale interviennent aussi l’évolution de la politique internationale, les rapports des puissances et l’acte des forces morales… ».

Et M. Daladier évoque les événements diplomatiques survenus depuis le 2 septembre : l’invasion de la Pologne, le coup de poignard dans le dos porté par les Soviets, l’action commune, organisée dans tous les domaines, par l’Angleterre et la France, le traité avec la Turquie… :

 

« Je tiens à rendre hommage à l’émouvant message par lequel le Saint-Siège a tenu à condamner les systèmes et les méthodes qui sont la source des maux dont souffre actuellement l’Europe. Dans son Encyclique du 27 octobre, le Souverain Pontife a rappelé que les relations internationales ne pouvaient reposer que sur le respect du droit de chaque peuple à la vie et à l’indépendance et sur la fidélité aux traités. Ses fortes paroles ont eu le plus grand retentissement dans les consciences françaises, et nous en sommes assurés, parmi tous les hommes qui, dans le monde, croient toujours à la force de la vérité… La France reposera les armes lorsqu'elle pourra traiter avec un gouvernement dont la signature engagera les actes… Il importe que cette sécurité soit fortement organisée… Il importe qu’elle soit étendue à toutes les nations libres de l’Europe, à toutes les nations qui ont droit à leur indépendance par leur histoire et par leur culture… Nous voulons la paix de la sécurité

Ai-je besoin de rappeler ce que disaient les chefs communistes quelques mois, quelques jours avant que l’Allemagne déchaîne cette guerre ? : << Si Hitler, malgré tout déclenche la guerre, alors qu’il sache bien qu’il trouvera devant lui le peuple de France uni, les communistes au premier rang, pour défendre la sécurité du pays, la liberté et l’indépendance des peuples. C’est pourquoi notre parti communiste approuve les mesures qui ont été prises par le gouvernement pour garantir nos frontières et apporter, le cas échéant, l’aide nécessaire à la nation qui pourrait être agressée et à laquelle nous sommes liés par un traité d’alliance…>> ». Ces paroles sont du 25 août. Mais dès septembre, alors que tous les Français se levaient pour défendre la patrie, alors que les communistes du rang rejoignaient leurs régiments et allaient faire front au danger, les chefs communistes ont brusquement changé de position, et, sous l’ordre d’un gouvernement étranger, se sont mis à la disposition de l’Allemagne. Quand nous avions la paix, ils poussaient à la guerre. Quand nos enfants tombent sous les obus et les balles, ils rejoignent le camp de l’ennemi. Cette abominable trahison n’a pas porté les fruits que l’Allemagne en attendait. Elle s’est heurtée au clair bon sens du peuple de France. Nous la traquerons sans trêve ni merci. Nous la briserons par toutes les rigueurs de la loi, conscients d’accomplir ainsi un devoir sacré envers ceux qui combattent et qui souffrent… ».

Et M. Daladier prend des mesures à l'encontre du parti communiste français (PCF) et de ses élus : d’une part le PCF est mis hors la loi avec interdiction de parution de " L'Humanité ", d’autre part les élus communistes sont déchus de leurs mandats.

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