Guerres et occupations...



Les Cosaques en 1814  



Témoignage vécu, retrouvé !

         « Destinés à répandre la terreur parmi le peuple, les Cosaques ne remplissaient que trop bien leur mission. Rien que leur accoutrement effrayait ! Plusieurs étaient affublés d’une peau d’animal et tous étaient coiffés d’un mauvais bonnet de poil, les cheveux coupés en rond  et pouilleux, une grande barbe et des moustaches poudreuses, un teint havre et crasseux, une grande houppelande fourrée sur les bords en forme de redingote, boutonnée et rapiécée, avec une ceinture souvent formée d’une corde et d’un lien de paille ou de cuir, un pantalon tout troué d’un gros drap gris comme la houppelande, garni en dehors d’une petite bande de drap rouge et en dedans d’un cuir puant comme les gens, 2 longs pistolets en mauvais état à leur ceinture ou dans les arçons, un knout de cuir, un mauvais sabre pendant à leur côté dans un mauvais fourreau de cuir, une grande perche de 12 à 15 pieds de long, ferrée par un bout d’une petite pique triangulaire de 3 à 4 pouces de long, d’un cordon de cuir par l’autre bout pour soutenir cette lance avec le pied. Quelques uns portaient sur leur dos voûté, un carquois, des flèches et un arc. Leurs chaussures étaient de petites bottines tout usées et déchirées ou décousues dans lesquelles ils avaient leurs pieds sales enveloppés de chiffons très malpropres. Quand ils marchaient à pied, le bruit de leur sabre qu’ils laissaient traîner à terre et celui des molettes de leurs éperons répandaient l’épouvante. Leur âge répondait à leur maintien : il n’y en avait pas un, je crois, qui eut moins de 35 à 40 ans, on en a même vu qui avaient dépassé leur douze lustres, dont les narines infectes étaient sales de tabac et dont la bouche, vrai cloaque, en exhalant le tabac et l’eau-de-vie, présentait 5 à 6 dents en touche d’orgue, branlantes, déracinées, une figure plate avec un nez écrasé à la Kalmouk, les yeux hagards dont les rebords étaient rouges, un air rébarbatif. Du reste, hommes forts et endurcis aux fatigues comme aux intempéries, tels étaient les Cosaques irréguliers. Pas un de ces ours mal léchés n’était à pied, et leurs chevaux, nullement soignés, résistaient très bien à la fatigue, à la faim et à la soif ! ».

         Attitude des Champenois à l’arrivée des Cosaques :

         « On redoubla alors d’activité pour cacher tout ce que l’on possédait. Tout le monde avait creusé depuis quelques semaines des fosses dans ses jardins, dans ses bâtiments, dans ses caves, et on y enfermait dans des tonneaux, des cuviers, tout son butin et principalement, le blé, le linge, les habits. Le vin était resté dans les caves dont les entrées avaient été murées et noircies avec de la suie détrempée. D’autres avaient mis un gros tas de fumier au devant des portes. Seulement, on avait eu la précaution de laisser à portée de soi ce qu’on avait cru suffisant pour la vie, l’habillement de soi et de sa famille  et pour la nourriture des bestiaux et des armées dont on se doutait des passages fréquents !

Que de choses cachées restent encore enfouies et seront probablement perdues ! ».

 

 

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