Guerres et occupations


Les 23-27 février 1814


 Pendant que les vainqueurs pressurent à merci la ville épuisée, s’annonce une revanche qui, malheureusement, ne devait être que passagère.

 

Tandis que mornes, dans la cité morne, les habitants réfugiés dans les caves, les combles de leurs maisons envahies, écoutent les Alliés piller les armoires ou briser les meubles, les aigles françaises fondent sur les bandes égaillées de l’armée de Silésie : Blücher, assailli, ne peut plus reprendre souffle, Olsuwjef est broyé à Champaubert, Sacken écrasé à Montmirail, York culbuté à Château-Thierry…

On entend déjà rouler vers les portes de Troyes, du côté de Montgueux, de Sainte-Savine, de Saint-Martin et de Preize, les canons victorieux.

« On perçoit déjà au loin, le pas des soldats de l’Empereur ».

Le 23 février, chacun a la certitude que la retraite des armées alliées s’effectue et que la ville va être sous peu, débarrassée du joug insupportable de ces indignes hôtes.

Dès 5 heures du matin, ils s’occupent de la destruction des ponts situés près des moulins de Brulé, et dans la nuit suivante, ils y mettent le feu. Ils mettent une quantité considérable de pierres à l’intérieur, aux pieds des portes de la Madeleine et de Preize. Les parapets des ponts de la porte de Paris ou Beffroy sont coupés.

A la vue de Napoléon qui approche de Troyes, la fureur des coalisés se ranime, et dans leur désespoir, ils livrent de nouveau, à l’action des flammes, les Faux-Fossés, Sainte-Savine, les Noës, Saint-Martin, Preize et les restes de Pont-Hubert.

Une brigade du 5° de cavalerie composée de 400 hommes seulement, culbute un corps ennemi d’environ 1.500 soldats, et les poursuit jusqu’à Montgueux. L’ennemi perd dans cette chasse, 300 chevaux et environ 265 prisonniers.

Le 24 février, entre 6 et 7 heures du matin, les portes de la ville s’ouvrent. Une foule de citoyens va avec empressement au devant de l’armée française. La joie de revoir des frères, des libérateurs, rayonne sur toutes les figures. L’armée française, ayant l’empereur à sa tête, rentre victorieuse dans les murs de Troyes, tandis que l’ennemi, en pleine retraite et dans le plus grand désordre, fuit par la porte opposée.

L’enthousiasme, l’ivresse des Troyens sont difficiles à décrire. L’exaltation des cœurs est à son comble, « et jamais joie, jamais sentiments de l’âme ne furent ni plus vrais, ni mieux exprimés. Tous se portent au-devant de lui et de son armée, tous brûlent du désir de le revoir, de lui manifester leur amour et leur reconnaissance... ».

Le peuple commence à reconnaître que la cause de Napoléon est en même temps devenue la sienne. L’exaspération des villes et des campagnes pressurées et pillées permet donc enfin d’espérer faire surgir des bandes de partisans, doublant, par d’audacieux coups de main (comme la résistance en 1940/1944), les succès obtenus par l’armée.

Napoléon reste à Troyes, et y établit son quartier général.

La reprise de notre ville coûte à l’ennemi, à peu près 3.000 prisonniers, sans compter environ 1.000 blessés, tant officiers que soldats, qu’il n’a pas le temps de faire sortir des hôpitaux.

Suite à la conduite des « collaborateurs », Napoléon prend dès ce 24 février, 2 décrets : l’un ordonnant l’envoi devant les tribunaux civils et militaires,

1°) de tous les Français au service des coalisés, ou qui auraient accompagné les armées ennemies dans l’invasion du territoire de l’empire, depuis le 20 décembre 1813,

2°) de tous ceux qui auraient porté les insignes ou décorations de l’ancienne dynastie dans les lieux occupés par l’ennemi, et pendant son séjour.

 

L’autre, portant destitution du préfet et la nomination d’un autre à sa place.

L’un des collaborateurs est exécuté le jour même au chevet de l’église Saint-Nicolas, comme traître à l’Empereur et à l’Etat.

 

Mais Napoléon quitte Troyes le 27 février, et le 4 mars à dix heures, l’ennemi occupe à nouveau le faubourg Saint-Jacques.

 

 

 

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