Les communes auboises



Le pays des cruches



Autrefois, Villadin s’appelait " Le Pays des Cruches ", quelques fois des Cruchons. 

Pourquoi ? parce que tous ses habitants étaient potiers !

 La vocation de la commune de Villadin pour l’industrie de la poterie s’est de tout temps affirmée.

Les néolithiques y ont laissé des silex taillés. Des traces de fours gallo-romains apparaissent au centre du village.

D’ailleurs, les fondations d’une villa de cette époque ont été mis à jour, à la sortie par la route de Marcilly, à gauche. 

Les débris appartenant au Moyen-Age sont courants. Courtalon écrit à la fin de l’Ancien Régime : " A Villadin, il y a une manufacture de poterie de terre argileuse qui est estimée ".

Environ un demi-siècle après, le géologue Leymerie dit que " la poterie y est grossière, mais qu’elle se place assez bien dans les villes et les villages des environs ".

De ce fait, Villadin est surnommé avec plus d’espièglerie, que de malignité, " le pays des cruches ", et cette appellation s’étend sans vergogne aux habitants.

 Nul habitant ne songe à s’en formaliser. C’est pour le village une bonne publicité !

Villadin est sur un plateau tertiaire qui lui fournit l’argile en abondance, tantôt rouge, tantôt blanche. Il suffit, pour trouver ces bancs, d’enlever un mètre ou deux de terre impure à silex. Dans certaines poches, elle se rencontre jusqu’à 20 mètres de profondeur, mais d’habitude, la couche mesure une dizaine de mètres.

L’extraction est facile : pas d’autre transport que le tombereau attelé d’un cheval. Les fours étant en contrebas des argilières, les chevaux n’ont qu’à retenir leur charge au lieu de la tirer. La matière est basculée dans de petites fausses imperméables où l’on bat l’argile mouillée avec des pilons pour la bien mélanger. On retire avec précaution les parcelles de silex qu’elle peut contenir, car elles éclatent à la chaleur, en dépréciant la pièce.

Dans la seconde moitié du XIX° siècle, il y a 35 potiers et 5 tuileries à Villadin. Mais, on compte des fours dans toutes les maisons, et on peut affirmer que tous les habitants sont potiers.

Sont fabriqués tous les ustensiles de contenance dont on a besoin dans un ménage campagnard : le pot-au-feu à 3 pieds, les fait-tout, les marmites en terre, les plats de toutes formes et de toutes dimensions, les terrines, la jarre où l’on conserve l’eau, les écuelles où l’on met la nourriture des chats et des poulets, les marabouts pansus où l’eau bout pour le café, les calots, gamelles en terre avec une queue droite, les grosses bouteilles à huile, les pots à saler le cochon, la gourde à 2 anses que les moissonneurs portent en bandoulière, conservant la fraîcheur de la boisson… N’oublions pas les cruches, puisqu’elles qualifient de façon générique toute l’industrie. Elles sont droites ou rebondies, et ont quelquefois une contenance de 2 litres. A cela s’ajoute toute la gamme des articles de laiterie : grands pots à lait à 2 oreilles et une petite bouche, de 6, 8 et 10 litres. Puis viennent le chasserons, percés de petits trous ronds, où les fromages s’égouttent, les beurrières, les pots de fleurs perforés, les faîteaux et les épis de toiture…

L’argile blanche est employée pour les nids à pigeons qui entourent les murs circulaires des pigeonniers, et qui se chiffrent parfois à plus de 2.000.

Quand l’artisan de Villadin, après de nombreuses fournées, a amassé sous son hangar assez de marchandise, il attelle sa voiture bâchée et s’en va vendre ses produits dans les pays. Mais surtout, ils va dans les foires.

Cependant, la fabrication connaît une marche décroissante et finalement elle s’éteint à la fin du XIX° siècle.

L’aluminium, le plastique arrivent et en 1920 s’éteint le dernier four à poterie.

 Mary Huguenot, né en 1869, doyen du village, dernier témoin de le grande activité de la commune, décède en 1958.

 

 

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