Les Evêques influents


Mgr Marc-Antoine de Noé


Mgr de Noé
Mgr de Noé

 

Marc-Antoine de Noé est le fils du gouverneur de la Guyenne et de la petite fille de Colbert.

Il est nommé à l’évêché de Troyes, par décret du 9 avril 1802.

On dit de lui que " ses vertus sont si douces et si contagieuses, qu’il lui suffit de se montrer pour pacifier le diocèse et s’attirer tous les cœurs … il a laissé des regrets profonds et une réputation d’orateur si bien établie…".

La Société Académique de l’Aube apprécie vivement Mgr de Noé.

Le Préfet de l'Yonne dit de lui " Homme de science et de paix... éloge touchant de sa conduite lors de l'épizootie qui ravagea son ancien diocèse..." En effet, sa lettre pastorale sur l’épizootie qui ruina le Béarn est le plus pressant appel que l’on n'ait jamais fait à la bienfaisance publique. C’est un exemple de ce que peut le cœur, joint au talent, pour ennoblir les détails les plus vulgaires, et élever le sujet le plus commun jusqu’à la plus haute et la plus touchante éloquence. 

Homme de talent, il est placé au premier rang des orateurs, après son triomphe pour son premier sermon pour la bénédiction des guidons du régiment de dragons du roi, le 28 septembre 1781, à la cathédrale d'Auch, où il exalte le  courage militaire au service de la patrie. Lorsqu'il rentre d'Angleterre où il a émigré, il est un des premiers à donner sa démission pour répondre à l'invitation que Pie VII, acquiesçant au désir du Premier Consul, adresse aux anciens évêques. 

Le talent de Mgr de Noé tire son double caractère de ses fortes études, et " de la divine bonté que Dieu a mise au fond de son cœur ".

Sa passion pour les écrivains de l’antiquité paraît excessive à ses supérieurs. Le Directeur du séminaire où il étudie, le trouvant un jour occupé de la lecture de Sénèque lui dit : " Monsieur de Noé, celui-là ne vous conduira pas à un évêché ". " Non, répond M. de Noé, mais il me consolera de n’y être point parvenu ".

" Le commerce des grands esprits de la Grèce et de Rome, laissa à Mgr de Noé, l’empreinte indélébile du bon goût et d’une saine philosophie. La sensibilité de son cœur y mêla quelque chose de tendre, d’affectueux, d’ému qui caractérisait son éloquence ".

Son discours sur l'état futur de l'Eglise, composé pour l'Assemblée générale du clergé de 1785 est un cri prophétique adressé à l'Eglise de France, qui s'endormait dans la mollesse, et au peuple aveuglé qui " traînant avec un faible reste de christianisme, semble n’attendre que le moment de la tentation pour s’en défaire et se livrer aux derniers excès ". 

S’adressant au préfet de l’Aube, il fait l’éloge de ce fonctionnaire avec convenance et délicatesse, définissant le problème, toujours brûlant de nos jours : les rapports qui doivent unir, pour un même but, le pouvoir religieux et le pouvoir civil.

Il meurt le 22 septembre. Par une étrange coïncidence, ce même jour, le ministre Portalis lui écrit que le Premier Consul, pour " prouver combien il est satisfait de sa conduite ", a demandé au pape de lui attribuer l'un des 4 chapeaux cardinalices qu'il vient d'accorder en France. Il a été le premier de nos évêques honoré de cette dignité.

Les historiens disent de lui : " sa pensée grave et attendrie, son style noble dans sa simplicité, son ton de vérité, de philosophie, de charité, protègeront toujours contre l’oubli et sa mémoire et ses écrits ".

   

 

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